Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /Août /2010 15:51

 ANDRE MAMBERTI-DIAS, GUY DE BISSCHOP, ERIC DE BISSCHOP (MARSEILLE)

 

Mots-clefs : électrostimulation fonctionnelle, plancher pelvien, incontinence urinaire d’effort, incontinence d’urgence

 

Les applications de l’électrothérapie en urogynécologie, telle que nous la connaissons, date des années 70 avec les premiers travaux expérimentaux de l’Ecole nordique avec Magnus FALL en 1977, sur l’animal et sur l’homme confortés par ceux de l’Ecole de Ljubljana sur l’homme quelques années plus tard. Les bénéfices apportés par les exercices de type Kegel se sont ainsi vus renforcés par la tonification du plancher pelvien au travers de la contraction musculaire induite par la stimulation électrique. Enfin les progrès techniques des appareillages et des capteurs vaginaux ont rendu la technologie électrothérapique facilement accessible aux thérapeutes et aux patients.

 

I-) LES BASES DE LA SEF DU PLANCHER PELVIEN

Le nerf pudendal est le nerf-clef de la stimulation électrique pour agir sur l’incontinence urinaire d’effort et l’impériosité mictionnelle grâce à : - son importante répartition dans le plancher pelvien ; - son rôle primordial dans le cycle mictionnel, dans l’activité vésicale et dans la fonction des muscles pelvi-périnéaux ; - sa grande accessibilité par la région vaginale et anorectale. Les électrodes placées dans le vagin ou l’anus peuvent ainsi accéder à un nombre significatif de fibres nerveuses afférentes (sensitives) du nerf pudendal et plus particulièrement du nerf de l’élévateur de l’anus. Les premières études très sérieuses menées par Trontelj en 1974, Teague, Merrill en 1977 et confirmées par Lindstom, Fall, Carlsson et Erlandson en 1983, avaient conclu au fait que la stimulation pelvienne utilise les voies nerveuses pudendales réflexes provoquant une contraction massive des muscles pelvi-périnéaux et/ou une réduction des contractions des vessies désinhibées. En outre il apparut lors des études que la fréquence de stimulation semblait être un facteur primordial pour influer sur les mécanismes de la continence via les réflexes pudendaux. Ainsi une stimulation à la fréquence de 50 Hz générait une contraction périnéale au travers d’une boucle réflexe pudendale. Une stimulation à une fréquence plus basse de 10 Hz, toujours par la même voie nerveuse pudendale, réduisait voire éliminait les contractions parasites des vessies non-inhibées.

 

A)- L’ELECTROSTIMULATION DU PLANCHER PELVIEN : ASPECTS THEORIQUES

 

1)- Principes généraux, mode d’action, paramètres et justification neurophysiologique

Du point de vue strictement physiologique, l'impulsion électrique théorique de base présente une forme rectangulaire, de durée brève. Celle-ci est polarisée, c'est à dire qu'elle possède une constante galvanique, susceptible de provoquer des effets lésionnels d'électrolyse dans les tissus. On compense ce caractère unidirectionnel, polarisé, de l'impulsion rectangulaire en la faisant suivre par une onde de polarité inverse, de même surface (Fig. 2). Cette dernière peut être d'amplitude inférieure, mais de durée plus longue, restant au-dessous du seuil. Il s'agit d'une impulsion rectangulaire asymétrique à moyenne nulle, de polarité compensée. Sa répétition donne naissance à un courant monophasique compensé asymétrique. L'onde inverse peut être identique en forme et en amplitude. Il s'agit d'une impulsion rectangulaire symétrique à moyenne nulle. Elle donne naissance à un courant biphasique rectangulaire symétrique compensé. Cette forme d'impulsion gagne en efficacité pour une même intensité électrique. En matière d'électrothérapie périnéale, les travaux expérimentaux sur l'animal d'expérience et les applications sur l'homme (M. Fall) font préconiser des impulsions rectangulaires dont la polarité est inversée régulièrement, séparée par de très courtes durées, les impulsions alternantes. (Fig. 1). Les courants à polarité compensée ont l’avantage de ne pas avoir les effets nocifs des actons polaires (effets électrolytiques tissulaires, risques ionophorétiques…) On peut dire que le choix en électrothérapie périnéale se porte sur les formes symétriques où la surface et la charge électrique des deux polarités sont identiques. Les effets polaires sont écartés mais, en applications bipolaires, il est impératif que les deux électrodes soient obligatoirement placées sur la même zone d’innervation musculaire, sinon quelques effets polaires apparaissent, qui se traduisent par des sensations désagréables, voire douloureuses chez la patiente. Fig. 1 : Les impulsions rectangulaires Mais contrairement à ce que beaucoup s’imaginent, l’électromyostimulation ne crée pas de la force musculaire, à moins de réaliser des contractions puissantes contre résistance, ce qui s’avérerait assez vite intolérable dans le cas présent. Par contre, cette modalité biophysique augmente la microcirculation au niveau des fibres musculaires, ce qui d’une part a un effet trophique sur le plancher pelvien et d’autre part a des propriétés de facilitation qui seront bénéfiques pour la rééducation volontaire sous biofeedback-EMG. 2)- Mode d’action de la SEF endo-vaginale : cas des deux pathologies les plus fréquentes Rappelons qu’il ne faut pas croire que l’une des bagues doive préférentiellement être au contact direct de la zone à exciter. En effet, cette dernière étant à une certaine distance de la sonde, la profondeur de l’impact de la stimulation se situe entre les deux électrodes (Fig. 3). Celle-ci dépend principalement de l’espace inter-électrodes et de l’intensité de la stimulation.

 

a)- SEF et Incontinence d’effort La stimulation électrique dans le cas d’une incontinence d’effort contracte la musculature périnéale de la même manière qu’une contraction correcte et efficace de type Kegel. L’avantage de la contraction induite par la stimulation sur les exercices de contraction volontaire réside dans le fait que les muscles adéquats sont toujours sollicités. Outre la réponse motrice directe, la stimulation électrique peut provoquer soit une dispersion contractile dans tous les muscles périnéaux soit éventuellement dans certains muscles selon le type de sondes utilisées. Ces contractions ont l’avantage de renforcer la musculature pelvienne mais aussi et surtout d’élever le col vésical et d’augmenter la résistance des mécanismes impliqués dans la fuite urinaire. L’organigramme (Fig. 9) résume s’il en était besoin les différents effets de la SEF sur les muscles pelvi-périnéaux. Trontelj en 1974 démontrait que la réponse réflexe présentait plus d’avantages que la stimulation motrice directe. d’abord une contraction réflexe du plancher pelvien requiert une intensité électrique relativement faible, ce qui signifie un plus grand confort pour le patient; - ensuite ce type de stimulation sollicite un nombre plus important de muscles périnéaux; - enfin par activation réflexe, la réponse physiologique provoque un recrutement neurologique explosif et naturel qui contraste avec la fatigabilité rapide de la contraction par stimulation motrice directe. More et Schofield dés 1967, Fall en 1978, Plevnik et Janez en 1986 et 1991, observaient la durabilité des effets de la stimulation électrique pour IUE : globalement un renforcement des muscles périnéaux a été avancé comme raison de l’amélioration, corrélant en cela les effets des exercices de Kegel. Par ailleurs deux autres effets synergiques ont été proposés : - re-émergence du recrutement volontaire des unités motrices du sphincter urinaire; - re-établissement d’un schéma moteur fonctionnel perdu, un peu comme une sorte de biofeedback réflexe. (Plevnik, Vodusek en 1986)

 

b)- SEF et Incontinence d’urgence La stimulation du plancher pelvien agit sur l’incontinence d’urgence en inhibant les contractions vésicales inappropriées créant ainsi une stabilité vésicale et une augmentation de sa capacité. L’inhibition vésicale réflexe est sensible à une fréquence de stimulation qui doit être plus basse que celle que l’on utilise pour l’incontinence d’effort (Godec, Kass, Ayala, 1976). Les fréquences inférieures à 20 Hz ont été prouvées (M. Fall, 1977) pour l’inhibition de la vessie selon un schéma précis : - dans le cas des pressions vésicales élevées au travers d’un réflexe nerf pudendal (afférent) / nerf pelvien érecteur (efférent); (Fig. 6) - dans le cas de pressions vésicales basses au travers d’un réflexe nerf pudendal (afférent) / nerf hypogastrique (efférent) d’origine orthosympathique; (Fig. 4) En outre les études sur l’animal ont confirmé que les fréquences égales ou en dessous de 5Hz induisaient une inhibition vésicale maximale par la voie hypogastrique. De ces observations, il a été décidé, pour une raison de confort pour le patient et pour rester dans les limites de l’efficacité clinique, que la fréquence optimale pour traiter l’incontinence d’urgence était de 10 Hz (Erlandson, Fall, Carlsson en 1976 et Lindstrom, Fall, Carlsson, Erlandson en 1983). La stimulation électrique vise donc à réduire les contractions détrusoriennes anarchiques. - stimulation du système réflexe à destination de l’urètre et des muscles du plancher pelvien pendant les contractions du détrusor ; - augmentation du réflexe inhibiteur détrusorien (3 de Mahony) grâce à une meilleure musculature pelvienne plus efficace ; - restauration du réflexe vesico-urétral intégré pour une normalisation de la vidange vésicale ; - réorganisation des systèmes neurologiques qui pourvoient au contrôle central ou périphérique dans un but de restauration du schéma réflexe normal (Fall, 1984). La stimulation électrique dans le traitement de l’incontinence d’urgence apporte aussi des résultats à long terme. Les différentes études cliniques décrivent un effet-retard avec 60 à 90% de guérison ou d’amélioration, dans le cas de stimulation par voie vaginale et/ou anale, avec un recul à 5 ans (Glen en 1971 ; Plevnik en 1979 ; Fall, Lindstom en 1991). La stimulation a un effet activateur sur les mécanismes uretro-sphinctériens et un effet inhibiteur sur le muscle vésical. Le mécanisme est réflexe activateur sur la musculature striée péri-urétrale.

 

* Afférent : nerf honteux interne > Centre mictionnel sacré

* Efférent: nerf honteux interne - Réflexe médullaire court

 Activation du sphincter strié de l'urètre Le mécanisme est réflexe inhibiteur sur le détrusor par l'intermédiaire de la contraction des muscles du plancher pelvien (réflexe N°3 de Mahony.)

 

* Afférent : nerf honteux interne > Centre mictionnel sacré

* Efférent : soit le nerf érecteur si pression vésicale élevée soit le nerf hypogastrique si pression vésicale basse

 Inhibition contractile du détrusor

 

Résumé : En résumé de ce chapitre l'électrostimulation agit par conséquent sur les facteurs qui concourent à la continence. On se souviendra que la stimulation périnéale – induite par la stimulation électrique ou volontaire par biofeedback et exercices périnéaux - est majoritairement rétentioniste et que ses actions principales sont:

 Abaissement du tonus vésical : par réduction des contraction non inhibées du detrusor par augmentation de la compliance vésicale

 Augmentation de la pression de clôture de l'urètre par activation du sphincter strié de l'urètre et de la musculature striée externe

 Action sur la transmission des pressions significative au niveau de la zone sphinctérienne de l'urètre moyen

 Action sur le plancher pelvien améliore l'activité neuro-musculaire améliore la trophicité vaginale meilleure si le plancher musculaire est faible antalgique sur les déchirures et l'épisiotomie

 

B)- L’ELECTROSTIMULATION DU PLANCHER PELVIEN : ASPECTS PRATIQUES

Pour une meilleure compréhension des phénomènes ou des réactions physiologiques, on aura toujours présent à l'esprit que S2 assure le contrôle sphinctérien et la sensibilité périnéale, que S3 assure l'activité des viscères pelviens telle que la continence, la miction, la défécation ou l'érection. Enfin on se souviendra également que le sphincter para-urétral est composé de fibres de type I lentes et toniques et que le sphincter peri-urétral est composé de fibres de type I et de type II A et II B, rapides et phasiques. Fibres de type I (FT) activités musculaires lentes et d'endurance. fibres musculaires rouges. Conduction nerveuse rapide Fibres de type Iia activité intermédiaire. fibres blanches. Fibres de type IIb (ST) activités physiques puissantes, mais de courte durée, rapidement fatigables. fibres blanches. Conduction nerveuse lente  de la position de la patiente Différentes positions de la patiente sur la table sont possibles. La position la plus classique – hormis celle en table gynécologique qui à notre avis ne se justifie plus - est celle dite « gynécologique modifiée » dans laquelle la patiente est couchée en supination, lombaires et bassin à plat, cuisses écartées, genoux pliés, pieds en rotation externe à l’écartement du bassin. Toutefois cette position pose de nombreux problèmes pour le bon maintien des sondes vaginales classiques (sondes tubulaires à bagues ou à barrettes, sondes courtes) notamment quand la musculature périnéale est de pauvre qualité (hypotonicité, hypocontractilité) ou quand il existe une béance vulvaire assez marquée (VO2 et +) ou enfin quand on est en présence d’une dislocation pelvienne (C2, H2). Il est évident que faire tenir en place une sonde qui ne présente aucune forme anatomique adaptée à la configuration vaginale concourt à la voir s’exposer, au mieux, à une translation endo-cavitaire et au pire à une éjection du vagin. Dans les deux cas le but recherché ne peut être atteint soit parce que les électrodes ne sont plus dans le hiatus uro-génital et ne sollicitent donc pas les muscles concernés, soit parce que le sonde est sortie de l’espace musculaire. Certains font tenir les sondes au patient ce qui paraît antinomique pour le confort de la séance et le travail musculaire demandé. D’autres tiennent la sonde pendant la séance ce qui paraît fortement prégnant. De surcroit la position devient rapidement fatigante pour la patiente sachant que la séance doit durer au moins 20 à 30 minutes pour présenter quelque efficacité. Depuis quelques années de nouvelles sondes morphologiquement nettement mieux adaptées à la configuration musculaire vaginale permettent d’éviter ces écueils, leur stabilité in situ étant garanti par leur forme ergonomique.  de la position des électrodes La stimulation vaginale doit impérativement tenir compte de la position des électrodes. Certaines écoles argumentent que l'effet électrique agit par l'intermédiaire de la muqueuse sur les terminaisons nerveuses des muscles sous-jacents avec un effet de diffusion et que la recherche d'une réponse motrice contractile n'est pas primordiale. Nous pensons – au vu des nombreuses études internationales que l'effet contractile doit non seulement être recherché, ainsi que l’avait déjà démontré et préconisé M. Fall, mais qu'en plus il est nécessaire d'obtenir la meilleure réponse possible. D'ailleurs il a été démontré l'importance de la position endo-vaginale des électrodes par les contrôles sphinctérométriques et notamment que le pic maximum de pression est obtenu lorsque les électrodes sont en contact étroit avec la musculature élévatrice. A contact optimal, réponse optimale selon bien sûr la qualité du muscle sollicité.  de la forme des électrodes On estime qu'il y a un rapport entre la surface des électrodes et l'efficacité de l'action électrique et ceci avec un minimum de perte. Avec les bagues circulaires, 0,5 m/m semble la largeur minima nécessaire. Toutefois si elles présentent une surface totale importante il faut considérer que seules les zones droites et gauches sont en contact avec les parties musculaires à stimuler. Les électrodes à barrettes plus larges devraient en théorie permettre une stimulation plus efficace mais leur inconvénient majeur réside dans le fait qu'étant placées dans le sens de l’axe longitudinal du vagin les actions de la stimulation débordent de beaucoup la zone des zones de stimulation musculaires. Ce qui a pour résultante une stimulation pouvant être parasitaire décrite comme incommode par les patientes. Enfin les électrodes hémisphériques présentent une surface utile plus importante et un contact plus intime avec les zones que l’on veut atteindre. On terminera ce paragraphe en citant les possibilités de la stimulation ponctuelle avec les sondes dites « doigtiers » qui présentent des électrodes ponctuelles de petite dimension, très rapprochées, ce qui permet une stimulation extrêmement précise non plus sur un groupe musculaire mais sur un muscle voire une partie de muscle. Ceci peut s’avérer très efficace dans les tentatives de récupération d’un faisceau musculaire isolé. L’intérêt annexe est le peu d’intensité nécessaire (3 à 8 mA) pour provoquer une contraction maximale du muscle choisi.  des modalités d’application et des différentes possibilités électrothérapiques Celles-ci sont définies par la fréquence des courants, considérant d'une part les courants de basse fréquence ( BF ), et d'autre part les courants de moyenne fréquence ( MF ) en applications bipolaires ou tétrapolaires. Rappelons pour mémoire l'ancienne méthode de Guyon qui consistait en une faradisation par voie urétrale dans une vessie que l'on remplissait de liquide. a. Les courants de basse-fréquence Ils sont en général utilisés dans une plage située entre 3 et 200 Hz. Les fréquences de 35 à 60 Hz paraissent optimales pour la stimulation phasique des muscles pelviens et le sphincter strié de l’urètre, avec des trains d'impulsions variables suivant les utilisateurs mais dont les plus utilisés sont situés autour de 0,3 ms. Mais il faut insister sur le fait que pour éviter toute fatigue des muscles pelviens, les périodes de relaxation doivent être conséquentes. Pour les inhibitions vésicales on effectue un choix de fréquences entre 3 et 20 Hz avec des durées d'impulsions choisies entre 0,1 ms et 0,5 ms, suivant le but recherché. On peut effectuer aussi des programmations modulées, avec des appareillages conçus spécialement, c'est à dire par exemple 6 secondes à 10 Hz suivies de 6 secondes à 50 Hz et des périodes de relaxation de 30 secondes. Bien entendu dans ces plages de possibilités, l'utilisateur doit faire son choix en fonction de ses conceptions et du degré de perfectionnement de l'appareillage dont il dispose. En ce qui concerne uniquement la stimulation neuro-musculaire du plancher pelvien dans un but de tonification musculaire, nous pensons que le choix de fréquences fixes doit laisser la place à des variations programmées, dans des limites déterminées, qui vont balayer toutes les structures neuro-musculaires et éviter la fatigue musculaire. L'informatique permet actuellement de disposer d'appareillages aux possibilités physiologiques énormes. Les zones d'application sont cavitaires ou cutanées. 1. Le traitement par électrodes cavitaires On fait appel à une stimulation vaginale ou anale. La stimulation anale est toutefois parfois mal supportée, malgré ses avantages. Il existe de nombreux types de sondes. - Rappelons qu’il ne faut pas croire que l'une des bagues doive être préférentiellement au contact de la zone à exciter. En effet, cette dernière étant à une certaine distance de la sonde, la profondeur de l'impact de la stimulation se situe entre les deux électrodes. Celle-ci dépend de l'espace inter-électrodes et de l'intensité de la stimulation comme cela a été décrit plus haut. En général, la technique est toujours bipolaire. La sonde comporte donc deux électrodes soit annulaires, soit en barrettes, soit enfin pour les plus récentes en demi sphères ponctuelles. - Mais il a été aussi décrit des applications à l'aide d'une sonde munie d'une longue bague unique (technique unipolaire), en fermant le circuit avec une large électrode cutanée placée sur la région sacrée. Toutefois cette technique est peu usitée et n’a pas été poursuivie. La qualité des sondes est primordiale ; la réussite du traitement en dépend étroitement. Des sondes dont le métal de contact est de basse qualité ou qui présentent une impédance élevée (électrodes + les câbles de connexion) ne laisseront passer qu’une quantité infime de courant. Un appareillage d’électrothérapie moderne, sophistiqué, aux grandes possibilités thérapeutiques, peut avoir des résultats quasiment nuls si les sondes sont mal conçues. L’idéal est d’utiliser des sondes morphologiquement adaptées, non traumatisantes dans leur forme, bien acceptées par les patientes, et surtout présentant des impédances voisines de zéro. 2. Les traitements par électrodes de surface cutanées, On cherche à atteindre les muscles en profondeur, ce qui est souvent difficile et désagréable avec les courants de basse-fréquence. Il faut savoir que l'utilisation par électrodes cutanées des courants de basse-fréquence pour stimuler les muscles de la fosse périnéale nécessite des intensités parfois mal ressenties par le patient. A titre d’exemple, on peut signaler une technique bi-polaire avec placement d’une électrode sus-pubienne et deux électrodes court-circuitées placées sur les tubérosités ischiatiques. Mais les effets sont assez limités. On préférera utiliser dans ce cas les courants de moyenne fréquence. Dans le cas des stimulations dermatomales l’instabilité du détrusor peut en particulier bénéficier de la stimulation électrique de points d’acupuncture au niveau du nerf tibial postérieur dans la gouttière rétromalléolaire médiale à la cheville (2 10 Hz ; 5 – 20 ms). On peut aussi stimuler les dermatomes L5 – S2. Des travaux électromyographiques ont montré que des pathologies vertébro-lombo-sacrées, même à des stades asymptomatiques, étaient susceptibles d’avoir une incidence sur le nerf pudendus et les muscles du périnée b. Les courants de moyenne fréquence. On utilise ici des courants sinusoïdaux alternatifs dont la fréquence est comprise entre 2.000 et 4.000 Hz. modulés en basse fréquence, présentant de nombreux avantages : - En dehors du fait qu'ils sont à peine ressentis au niveau de la peau, ils ne présentent aucun risque d'agression chimique des tissus, ni au niveau de pièces métalliques intra tissulaires éventuelles.

 

- Par suite du caractère particulier de leur mode de recrutement (gildemeister effect), les contractions musculaires qu'ils engendrent sont asynchrones, donc plus physiologiques que celles provoquées par les courants de basse-fréquence qui entraînent une contraction synchrone de toutes les fibres musculaires dépendant d'un même nerf. - Ils sont peu ressentis par le patient - Ils possèdent des propriétés antalgiques propres. On les utilise - soit d'une manière bipolaire, avec modulation en basse fréquence - soit d'une manière tétrapolaire, interférentielle, avec modulation en basse-fréquence La méthode bipolaire est appliquée d'une manière différente chez la femme et chez l'homme :

 Chez la femme, on place une électrode sur chaque tubérosité ischiatique, ces deux électrodes étant reliées entre elles, et une électrode sur le périnée antérieur, immédiatement inférieure à la symphyse du pubis.

 Chez l'homme, on place une électrode de chaque côté du pli fessier et une électrode juste en avant de l'anus. Lors de l’application des courants de moyenne fréquence, la résultante de basse-fréquence permet de choisir des battements de 10 ou de 50 Hz, comme avec les méthodes classiques, avec les avantages de la moyenne fréquence. On peut effectuer ainsi des contractions musculaires avec une modulation de basse-fréquence entre 50 et 70 Hz d'une manière continue ou d'une manière automatiquement variable avec balayage des différentes fréquences. Les temps de contraction sont de 10", avec des temps de repos de 30". La durée des séances peut être choisie entre 20 et 30 minutes. On peut aussi maintenir des balayages entre 4 et 10 Hz pour les instabilités vésicales. La méthode tétrapolaire interférentielle. Caractéristiques Courant électrique bidirectionnel de moyenne fréquence caractérisé par la superposition de deux ondes sinusoïdales causant une interférence. Les deux courants ont une fréquence située entre 2 000 et 4 000 Hz. La fréquence de battement (ou taux de modulation) va de 1 à 200 Hz. Elle résulte de la différence des deux courants individuels (p. ex., 4 000 Hz - 4 001 Hz = 1 Hz). La durée d’impulsion est de 250 µsec ou moins. Mode d'action Ce courant stimule le nerf moteur et le nerf sensitif. Effets thérapeutiques En physiothérapie, les principaux problèmes traités par l’interférentiel quadripolaire sont la douleur et l’œdème (par pompage musculaire). La technique consiste à croiser dans les tissus deux courants de moyenne-fréquence ayant une résultante endotissulaire que l'on choisit de basse-fréquence. L'intensité du courant est maximale au niveau profond et minimale au niveau de la peau. Dans un certain nombre de cas on peut ainsi se passer d'une application vaginale. Toutefois, la position des électrodes demande un soin particulier : - Le croisement doit se situer le plus proche possible du nerf pudendus. - Les courants doivent suivre les voies de moindre résistance. - La diffusion aux muscles n'appartenant pas au plancher pelvien doit être minime. - Les applications doivent être bien tolérées par le patient. Par exemple, on place deux électrodes sur l'abdomen au-dessus du ligament inguinal, séparées de 3 cm environ, en dehors de la symphyse pubienne et deux électrodes sur la partie proximale de la face postéro-interne des cuisses, ou bien juste en dedans de la tubérosité ischiatique, de chaque côté de l'anus. Le choix de la résultante de basse fréquence est le même que celui qui concerne la modalité bipolaire. Contre-indications périnéales de la technique interférentielle Région lombaire basse, pelvienne, périnéale ou abdominale chez la femme enceinte Risque d’affecter le développement et la croissance du fœtus. Risque de déclencher des contractions utérines précoces. Absence de connaissance des effets de la modalité dans la région périnéale pendant la grossesse. Implant électronique de tout type Risque d’interférence avec le fonctionnement normal de l’implant. Thrombus ou embolie Risque de détachement du caillot et par conséquent risque d’embolie. Néoplasie Risque de dissémination des métastases. Risque d’augmentation de la croissance tumorale. Problèmes dermatologiques chroniques Risque d’exacerbation du problème dermatologique. Risque de favoriser le saignement. Déficit de sensibilité thermique et nociceptive Risque que le patient ne sente pas adéquatement le courant, ce qui augmente les risques d’irritation cutanée. Appareil de diathermie à moins de 5 mètres Risque d’interférence entre les deux appareils. Infection locale active ou fièvre Risque de propager l’infection, car la modalité augmente la circulation sanguine. Tuberculose Risque de propager l’infection, car la modalité augmente la circulation sanguine. Épilepsie Mouvement actif contre-indiqué Une application récente : la méthode tétrapolaire interférentielle par sonde endo-vaginale Il n’existe actuellement qu’une sonde à 4 électrodes indépendantes capable de répondre à ce type de technique (Perisize 4). On relie individuellement chaque électrode à chaque circuit de moyenne-fréquence. Le maximum d’efficacité du courant a lieu au niveau sphinctérien (électrodes dirigées vers le haut) ou du muscle élévateur de l’anus (électrodes vers le bas) comme dans la position classique pour la stimulation en basse fréquence bipolaire.  des courants préconisés Les recherches de M. Fall et al, sur l'animal et sur l'homme ont permis de définir des modalités d’application en fonction de l’état vésico-sphinctérien et du but recherché.

 

INSTABILITE VESICALE Courant Fréquence Impulsions alternantes 4, 5, 10, 20 Hz Moyenne fréquence alternative 2.500 – 4.000 Hz  5 Hz Salves 2 – 4 Hz

INCONTINENCE D’EFFORT Courants Fréquences Impulsions alternantes 35, 50 Hz Moyenne fréquence alternative 2.500 – 4.000 Hz  70 Hz C = 6" ; R = 8 ou 10" Un certain nombre de précisions s’imposent :

 

1. En ce qui concerne l'intensité du courant appliqué, celle-ci doit être la plus élevée possible, à la limite du tolérable. Mais, il faut insister sur le fait que l'impédance vaginale varie sous l'influence de différents facteurs. L'intensité doit en conséquence être adaptée à la réactivité du patient au cours d'une même séance ou d'une séance à l'autre. Ces constatations limitent considérablement l'utilisation de dispositifs de traitement automatisés, aux normes pré-établies. D'autant plus que la valeur de l'intensité est liée à la largeur de l'impulsion.

 

2. Pour les trains d'impulsions tétanisants (50 Hz par ex.), l'établissement de la tétanisation ne doit pas être brutal, mais doit comporter une rampe rendant progressif le début de la série d'impulsions.

 

3. Les premières séances ne doivent pas être maximales d'emblée, afin de ne pas déterminer une opposition psychologique du patient.

 

4. En ce qui concerne le rapport contraction/temps de repos, il faut écarter les contractions permanentes qui engendrent rapidement une fatigue musculaire et sont susceptibles de provoquer des lésions ischémiques musculaires. Il faut donc privilégier les applications rythmées aux applications continues. Nous avons indiqué plus haut que les muscles pelviens sont principalement constitués de fibres de type I, donc peu fatigables. Par contre, le sphincter strié est formé de fibres de type I et de fibres de type II ; ces dernières se fatiguent rapidement. Dans certains cas particuliers, il est prévu de faire appel à des séances de longue durée. Celles-ci durent une journée entière, avec arrêt durant la nuit. Les stimuli sont administrés par salves courtes (8 secondes par exemple suivies de temps de repos double ou triple). On recourt à l'utilisation de sondes souples, gonflables. Les courants utilisés en uro-gynécologie sont donc : de basse fréquence entre 4 et 60 HZ, alternant, bidirectionnels et de surface à moyenne nulle Les fréquences employées vont dépendre de la pathologie à traiter: 4 - 5 -10 - 20 HZ: pour renforcer l'inhibition vésicale, ou traiter la douleur 35 – 50 - 60 HZ: pour l'insuffisance sphinctérienne et le plancher pelvien La largeur d'impulsion habituelle est comprise entre : 100 µs et 300 µs Le temps de travail / repos dans les fréquences (35/60 Hz) qui sollicitent les fibres rapides est toujours de 1 pour 2 avec une préférence moyenne de 2/4 ou 3/6. Dans le cas des fréquences (4/5/10/20 Hz) qui sollicitent les fibres lentes le temps de repos n’est pas indispensable. Toutefois en pratique courante il est d’usage d’interposer 2 à 3 sec. de repos après un temps long de stimulation  des effets de la stimulation En stimulation endo-vaginale on constate assez souvent des variations de la réponse contractile, d'une patiente à l'autre, pour des paramètres identiques. C'est plus une question d'état du muscle que de patiente. Il est évident qu’un muscle ou un groupe de muscles de mauvaise qualité contractile, dont le testing serait estimé entre 1 et 2, ne peut avoir la possibilité de répondre à la stimulation comme un muscle de qualité qui se situe nécessairement au dessus d’un testing à 3. Il faut toutefois signaler qu'il peut y avoir des différences d'une séance à l'autre, chez une même patiente, en fonction de la période du cycle du mois, de l'état général de la patiente, fatigue, surmenage, tension nerveuse ou autres.

 

 des variations de la sensibilité et de la tolérance au courant Le seuil de tolérance au courant peut dépendre de divers facteurs :

 la qualité de la musculature striée

 l'impédance vaginale et sa variation par rapport à l'âge: o femme jeune 450 Ohms, femme ménopausée 250 Ohms

 l'humidité ou la sécheresse vaginale

 le moment du cycle

 l'anxiété de la patiente pendant la séance

 la position de la sonde et des électrodes  l'état de réplétion rectale ou sa vacuité

 l'état congestif de la muqueuse vaginale

 

Nous rappellerons qu'il est totalement contre-indiqué de stimuler dés lors qu'il y a infection vaginale ou urinaire, un reflux urétéro- vésical et une dénervation périphérique vraie.  des effets collatéraux de la stimulation Durant une stimulation électrique vaginale l'on peut constater divers effets qui lui sont indirectement liés. On prendra soin, lorsque ces réactions sont constatées, d'en tenir compte pour la suite de la rééducation. La stimulation avec une sonde à bagues peut amener les effets suivants: > une adduction de la cuisse, signe de la contraction des pelvi-trochantériens ( S1 ), indique souvent que les muscles élévateurs de l'anus sont insuffisamment excitables donc insuffisants. > de même lorsque l'on constate une rotation externe de la jambe et de la cuisse ( S2 ) > une sensation vécue par la patiente comme désagréable, aiguë, nociceptive, vers la partie basse du ventre, région sous ombilicale ou retro-pubienne, indique une position de la sonde trop en profondeur dans la cavité vaginale, venant en contact avec le col utérin. > par contre une sensation de picotements ou d'électricité dans la région des grandes lèvres ou peri-clitoridienne indique une sonde en position trop externe. > hormis les cas précités, des sensations de brûlures, des picotements aigus et douloureux, alors que la réponse musculaire est quasi inexistante et cela malgré une intensité forte (au delà de 35 m/A), peuvent laisser toujours suspecter une dénervation périphérique.  des effets non spécifiques : stimulation antalgique La stimulation antalgique utilisée sur cicatrices d’épisiotomie & post-chirurgicales s’opère au doigtier ou à la sonde ponctuelle Etape 1 = analgésie immédiate, localisée & peu durable : a. modulée entre 50 & 120 Hz (ou 80/120 Hz) b. largeur d’impulsion de 0,3 ms c. intensité au seuil de perception Etape 2 = analgésie à effet retard (30’), diffuse & durable : libération des morphinomimétiques naturels a. entre 5 / 10 Hz b. largeur 0,3 ms c. intensité au seuil maximum de tolérance  de la modalité des séances En électrostimulation classique on considère qu'il est nécessaire d'avoir un temps de repos double du temps de travail, notamment pour les muscles phasiques aux fibres rapides, très puissants mais dont la fatigue est élevée. Cela s'avère moins nécessaire dans le cas des fibres toniques lentes. Ceci explique les protocoles établis par PLEVNIK et l'école yougoslave qui emploient la stimulation à visée inhibitrice vésicale sans temps de repos avec une augmentation constante de l'intensité tout au long de la séance. Les séances classiques nécessitent un temps moyen de 20 minutes, et doivent se situer dans une fourchette qui ne devra jamais être inférieure à 17 minutes (surtout pour la stimulation de type phasique) et supérieure à 30 minutes. Des séances supérieures à la demi-heure n'ont jamais vraiment prouvé leur efficacité par rapport à ce que nous venons de dire. La stimulation ne doit pas présenter d'effets douloureux, et ne doit jamais être incommodante. Le seuil douloureux sera toujours évité, ce qui ne veut pas dire que la stimulation doive être insuffisante. L'idéal serait d'atteindre le seuil douleur puis de réduire l'intensité légèrement permettant un effet contractile puissant et massif sans douleur. Il faut bien sûr tenir compte des différences qui existent entre les sensibilités de chaque patient. Mais il ne faudra pas non plus tomber dans le piège du patient craintif qui sent les effets du courant avant que celui-ci ne soit même en activité.  de la question des fibres dénervées Dans les cas de dénervation totale avérée ou de suspicion de dénervation il est toujours préférable de s'abstenir de pratiquer la stimulation, de demander au médecin prescripteur si un EMG a été pratiqué afin de confirmer ou d'infirmer la réalité d'une dénervation, et surtout si celle-ci est en phase aiguë ou chronique.: Dans le premier cas l'abstention est toujours la règle, dans le second cas la stimulation est possible selon les normes que nous avons vu. G. de Bischop a largement démontré que les dénervations motrices vraies sont rares en périnéologie. Ce sont le plus souvent des dénervations de type sensitif avec récupération naturelle dans les 3 à 6 mois du post partum. De toutes les façons on aura intérêt à prendre l’avis d’un électrophysiologiste.  Les contre indications  pacemaker  dysurie et rétention  reflux vesico-urétéral  dénervation totale  hystérocéle extériorisé  période de règles ( motif psychologique )  infection vaginale, urinaire et anale  grossesse  perte de sang en dehors de la période menstruelle NB: Le stérilet n'est pas une contre-indication  Les protocoles classiquement utilisés

 

A- Incontinence d’urgence, stress incontinence, instabilité détrusoriale, vessie déshinibée, instabilité vésicale

a. Clinique Miction impérieuse, urgence, pollakyurie Atteinte des nerfs périphériques à destinée du détrusor

b. Effet de la SEF Inhibition du detrusor par contraction des pelvi-périnéaux Contraction du sphincter urétral externe Activation du 3 de Mahony > inhibition detrusoriale

c. Protocole Largeur d ’impulsion = 0,3 ms Fréquence = 5, 10, 20 Hz Travail : 20 sec. – Repos : 4 sec.

 

B- Incontinence d’effort (IUE)

a. Clinique Faiblesse des muscles péri-urétraux Atteinte des nerfs périphériques à destinée du plancher pelvien

b. Effet de la SEF Contraction des pelvi-périnéaux & sphincter urétral externe > Renforcement musculaire

c. Protocole Largeur d ’impulsion = 0,3 ms Fréquence = 35 ou 50 Hz Travail : 2 ou 3 sec. – Repos : 4 ou 6 sec C- Incontinence mixte : double stimulation associée 4 électrodes a. caractéristiques Largeur d ’impulsion = 0,3 ms 2 Fréquences superposées Travail – Repos : asymétriques Uniquement avec sonde : PERISIZE 4 b.

Protocole 1- deux électrodes sur 1 fréquence pour l’instabilité Largeur d ’impulsion = 0,3 ms Fréquence = 5,10 ou 20 Hz Travail : 23 sec. – Repos : 4 sec. Cycle 27 sec 2- deux électrodes sur 1 fréquence : IUE Largeur d ’impulsion = 0,3 ms Fréquence = 35 ou 50 Hz Travail : 3 sec. – Repos : 6 sec Cycle 27 sec.

 

D- Post partum Il est inutile voire déconseillé d'entreprendre une thérapie par stimulation avant les 6 éme / 8éme semaines après la date de l'accouchement. De toutes les façons en cas de prise en charge d’une patiente après la période ci-dessus désignée, on privilégiera donc le travail manuel, externe sur le NFC et interne sur les releveurs, avec les précautions d'usage compte tenu des dilacérations possibles et des douleurs musculo-nerveuses. On y associera rapidement le biofeedback pour une éventuelle prise de conscience de la fonction, sa correction et son recentrage dans le schéma corporel. Le travail de prise de conscience manuelle est possible très tôt, parfois dés le 2 éme ou 3 éme jour de l'accouchement en cutané externe. Ensuite à distance ce sera un travail digital par étirement léger du plancher périnéal postérieur, contre-résistance finement dosée. Passé le délai de 6 semaines on pourra utiliser la stimulation à minima et dans certains cas. Notamment s’il n’y a aucun doute de dénervation:

SEF antalgique: 10/20 HZ et 80/120 Hz SEF à visée sphinctérienne 35/50/60 HZ

SEF à visée musculaire périnéale 60/70 HZ

 

Au début de la rééducation on travaillera en activo-passif, ou en manuel, ou en stimulation demandant alors une contraction volontaire au moment de l'impulsion électrique. Dans ce cas il est préférable de faire contracter sur le signal lumineux qui indique le passage du temps de repos au temps de travail plutôt que sur la seule sensation perçue par le patient au moment de l'impulsion. En effet, pour ces périnées en post-partum (mais c'est vrai pour d'autres périnées hors de cette période) la mobilisation volontaire de la musculature est laborieuse, la sensibilité perturbée et la rapidité de la réponse très diminuée. L'aide à la stimulation par le signal visuel évite les écueils d'une contraction à contretemps. Si la voie vaginale s'avère trop douloureuse ou problématique, on pourra appliquer la stimulation par voie endorectale sur les releveurs de l'anus.

 

II-) LA PLACE DE LA SEF DANS LA REEDUCATION DU PLANCHER PELVIEN Les questions qui ont été validées par différentes études internationales sont :

1)- l’effet de la SEF est-il supérieur à l’effet placebo ?

2)- quels sont les paramètres que l’on peut préconiser avec sûreté ?

3)- les résultats et les indications confirmés par la littérature internationale

4)- critères de sélection des patients auxquels une SEF sera plus particulièrement recommandée ?

5)- intérêt d’une éventuelle combinaison des techniques.

 

1) Effet stimulation versus effet placebo

Les études les plus fiables (Benson 1975 - Sand 1994) estiment l’effet placebo entre 20 et 40%. Ces études sérieuses mettent en jeu divers paramétrages d’évaluation:

 stimulateurs actifs et inactifs identiques

 thérapeute ignorant le caractère actif ou inactif du stimulateur

 réglage de l’intensité par la patiente à un niveau précisé, même pour les stimulateurs inactifs, arguant de l’efficacité de nouveaux courants mais insensibles pour elle. Des études (Blowman 1991 - Laycock 1993) avèrent aussi des différences significatives en faveur de l’électrostimulation autant sur les critères subjectifs qu’objectifs. L’étude la plus complète (Sand 1994), multicentrique, randomisée en double-aveugle contre placebo sur 15 semaines de traitement, élimine tout doute quant à la supériorité de la SEF par rapport à l’effet placebo.

La différence est notamment significative sur les paramètres suivants:

 nombre de fuites par 24 heures

 nombre de fuites par semaine

 fuites au sport, à la toux  nombre de protections utilisées

 pressions sphinctériennes et vaginales

 réduction de 50% au pad-test pour 62% des patientes sous stimulateur actif contre 19% pour le stimulateur inactif.

 

On peut par conséquent conclure que la stimulation électrique est supérieure à l’effet placebo dans l’efficacité thérapeutique pour les incontinences urinaires.

 

2) paramètres préconisés

¤ Le type de courant L’ensemble des auteurs, à de rares exceptions prés, préconise des courants de basse fréquence à moyenne nulle alternatif ou biphasique, pour les raisons suivantes: • sécurité • absence de risque en présence de matériel • échauffement tissulaire limité • absence de réaction polaire alcaline/acide au niveau électrodes Ces courants ont été démontrés comme plus efficaces (Clow 1977 - Erlandson 1978 - Suhel - 1977) et les études chiffrent le gain en efficacité à 30/40% par rapport aux autres courants.

¤ L’intensité Les auteurs sont quasi unanimes avec M.Fall pour préconiser une intensité la plus proche possible du seuil efficacité/tolérance. L’intensité doit donc être toujours la plus élevée possible, mais en dessous du seuil douloureux, restant dans la limite du seuil de tolérance. Il faut cependant noter que cette limite est variable selon la patiente.

¤ Alternance stimulation/repos Pour la majorité des auteurs le courant d’impulsion rythmée est largement préféré au courant permanent, sans temps de repos. (Godec 1976 & 1981 - Mills 1990 - Ohlsson 1989 - Rottemburg 1976 - Teague 1977).

C’est notamment M.Fall en 1991, qui donne la réponse en la justifiant selon les différents types de fibres:

 pour les fibres lentes qui développent sur un temps très long une force peu importante, le temps de repos n’est pas une nécessité physiologique.

 En contrepartie pour les fibres rapides qui développent une force importante avec une fatigabilité accrue, le temps de repos s’impose et il est classiquement de 1 pour 2. Le choix de la conduite thérapeutique reste donc subordonné à la pathologie fonctionnelle et aux fibres auxquelles on s’adresse.

¤ Fréquence et largeur d’impulsion Ces paramètres sont différents selon que l’on veut traiter une instabilité vésicale ou activer une musculature striée.

 l’inhibition vésicale De nombreuses études comparatives tant chez l’animal que chez l’homme, concordent et confirment les données. La gamme des largeurs d’impulsion préconisée est comprise entre 0,2 ms et 0,5 ms (Ohlsson 1986 - Plevnik 1988 - Vodusek 1986).

Quant aux fréquences, celles qui théoriquement paraissent les plus efficaces vont de 5 à 10 HZ (Aranda 1986 - Eriksen 1987 - Erlandson-Fall 1978). Cependant il a été publié et démontré que d’excellents résultats sont obtenus dans la gamme 20 / 25 HZ (Eriksen 1987 – Nakamura 1984) On notera toutefois que ces fréquences restent toujours en dessous du seuil de 30 Hz, qui est celui à partir duquel les fibres rapides sont sollicitées.

 la musculature striée Le plancher pelvien est activé par deux types de réflexes: direct et indirect. Toutefois une majorité d’auteurs pensent que l’activation est en mode réflexe, d’autant plus que le seuil d’activation de la fibre musculaire est nettement plus élevé que celui des afférences et des efférences nerveuses. En l’état actuel et en pratique courante, on peut sans risques préconiser l’utilisation d’un compromis à 50 HZ avec des largeurs d’impulsion situées entre 0,2 et 0,5 ms selon la sensibilité des patients, compromis tenant compte des différentes fibres en présence et basé sur les dernières études de M.Fall 1991, reprises par d’autres études cliniques.

 la moyenne fréquence interférentielle Il y a peu d’études comparatives sous contrôle uro-dynamique par rapport aux autres courants. La majorité des études associent malheureusement d’autres thérapeutiques. Les résultats purement cliniques sont bons pour les uns (Laycock 1993 - Mc Guire 1983), moyens (Mamberti-Dias, 1987), mauvais ou nuls pour les autres (Parks 1975 - Silvester 1987), Pour Laycock 1993, la MFI a un coefficient de résultat identique au travail manuel, mais ce n’est pas le cas pour Henalla 1987. Au vu des études, on peut conclure que la MFI peut-être réservée, en tant que thérapie, toutes les fois que l’utilisation vaginale n’est pas possible, sous réserve que la voie endorectale soit elle aussi impossible. Ce qui somme toute est assez rare.

 la stimulation magnétique extracorporelle La SME, d’origine anglo-saxonne, s’est développée assez récemment aux Etats-Unis et c’est A.Bourcier qui l’a introduite en France. Un appareillage délivrant un champ magnétique est intégré dans une chaise spécifique. Lorsque le patient est assis sur cette chaise, il y a une très courte distance entre le plancher périnéal et la tête magnétique. L’effet recherché est une contractilité des muscles du plancher pelvien. La fréquence peut être ajustée de 1 Hz à 50 Hz. Le traitement habituel est de 2 séances par semaine de 20 minutes chacune pendant six semaines. Les résultats sur un panel de 69 femmes présentant une incontinence d’effort (Galloway, Appell, 1999) sont bons avec 77% d’amélioration à 8 semaines dont 56% ne présentaient plus de fuites. Cette technique qui présente l’avantage d’être non invasive, sans douleurs et efficace selon les auteurs semble toutefois être un moyen approprié toutes les fois que la pénétration intra cavitaire n’est pas souhaitée. G. de Bischop émet toutefois des réserves sur les actions générées par ce type de matériel.

3) indications et résultats

a) effets non spécifiques à la rééducation périnéale

¤ Effets antalgiques Ils intéressent essentiellement les suites d’épisiotomie douloureuse et de dyspareunies du post-partum. Le mode d’action est soit périphérique, soit neurochimique central, selon les théories en présence. Les paramètres à utiliser semblent concorder dans toutes les études. Pour un effet antalgique immédiat, localisé mais peu durable, on emploiera des fréquences sises entre 50 et 150 HZ, avec des largeurs à 0,2 ms et une intensité faible à la limite du seuil de perception. Pour un effet analgésique progressif, diffus et de longue durée, on emploiera des fréquences très basses sises entre 1 et 10 HZ, avec des largeurs comprises entre 0,2 et 0,3 ms.

¤ Effets trophiques La composante vasculaire peut entrer chez l’animal jusqu’à 30% dans la pression de clôture urétrale (Raz 1977) On peut donc penser que si la stimulation améliore globalement la trophicité et il serait logique de la conseiller pour le plancher pelvien dans les incontinences urinaires. Cependant les études réalisées chez l’animal comme chez l’homme, moyenne fréquence interférentielle incluse ne sont pas en mesure de conclure en ce sens laissant donc planer un doute.

¤ Renforcement musculaire L’action de l’électrostimulation sur le renforcement musculaire a été démontré depuis longtemps (Currier 1983 - Davies 1983 - Halbach 1980 - Kubiak 1987) et la corrélation entre la contraction induite par électrostimulation et le gain de force est largement démontrée. Toutefois pour être totalement efficace le niveau de la stimulation doit nécessairement être très élevé. En urogynécologie intra cavitaire, l’inconfort-douleur qui pourrait être généré par le travail à ce niveau pour être optimal rendrait son utilisation impossible.

b) effet sur l’inhibition vésicale

De nombreuses études faites avec des séries comprises entre 14 et 74 patientes tentent d’éliminer toute cause organique à l’instabilité. Deux grands types de protocoles sont utilisés:

1)- la stimulation chronique de longue durée par exemple 24h sur 24 pendant au moins 3 mois pour Godec et Cass ou entre 6 à 20 heures par jour sur neuf mois pour Eriksen. Les résultats sont excellents (92% de résultats favorables) malgré la difficulté de réalisation...

2)- la stimulation maximale aiguë a pour sa part été préconisée par Plevnik, soit 20 minutes de stimulation quotidienne pendant 1 mois. Ce protocole retient l’intérêt de la majorité des thérapeutes avec 54 à 88% de guérisons-améliorations. Les contrôles urodynamiques complémentaires confirment une augmentation de la capacité vésicale maximale, une augmentation volumétrique pour le 1er besoin et une réduction des mictions sur 24 heures. Il y a cependant peu de recul important. On se rappellera en outre que le concept de l’instabilité vésicale est flou. La critique que l’on pourrait faire à ces bons résultats est qu’ils ne sont obtenus que face à un symptôme fait de pollakiuries, d’urgences, d’impériosités et de fuites urinaires. La part du comportemental ne peut donc être éliminée sans pour cela pouvoir la quantifier, ni la part de l’insuffisance sphinctérienne. Autre handicap de ces études : un recul ne dépassant que très rarement 6 mois ce qui est peu pour juger du maintien dans le temps. On peut donc conclure et affirmer que l’électrostimulation est une thérapeutique efficace face à un symptôme dans lequel se retrouvent impériosités, urgences, pollakiuries et fuites, en notant cependant que le recul est encore insuffisant.

c) effet sur l’activation musculaire

L’action/muscle est validée sur l’incontinence d’effort et les incontinences mixtes. De nombreuses études ont été faites. Il en ressort que les femmes de tous âges sont concernées avec des séries de 10 à 80 patientes et sous divers protocoles qui vont de 6 séances de 30 minutes à 6 séances de 20 heures sur 9 mois. La position de M.Fall, qui reste la référence dans ce domaine, est toutefois nuancée avec une recommandation de 30 minutes par jour pour une durée d’au moins 3 mois. On notera aussi que les résultats favorables se situent dans une fourchette un peu trop large, allant de 6% (Leach 1987) à 90%. Pour Plevnik (1986) 47,5% de bons résultats avec un recul d’un an (30 minutes de stimulation par jour sur un mois, mais en stimulation à domicile). Pour Fall (1978) et Eriksen (1989) 56 à 70% de bons résultats avec un recul de 2 ans (30 minutes sur un minimum de 3 mois).

4) Critères de sélection

On ne retrouve pas d’unanimité quant à la sélection des patientes. En contrepartie, tous les auteurs sont d’accord sur un point: la présence d’une paralysie périphérique est génératrice d’échec pour toute tentative de traitement par électrostimulation. Il faut toutefois pondérer cette restriction. En effet en cas d’interruption fonctionnelle du nerf, la stimulation ne pose pas de problèmes particuliers. Si la dénervation partielle est ancienne sans potentiel de régénération les courants habituellement employés peuvent être indiqués (Carlsson 1981). Ce n’est qu’en cas d’interruption lésionnelle récente avec potentiel de régénération que les courants habituels présentent un danger (Brown 1979 & 1980). Les tentatives de stimulation par des courants à impulsion unique sont irréalistes et sans effet (Boonstra 1987 - Davis 1983).

L’on peut donc, au vu de ce qui précède, conclure que :

 L’électrostimulation est plus efficace que le placebo.

 Les critères techniques confirment l’utilisation des courants biphasiques alternatifs, avec les fréquences s’étalant de 5 à 50 HZ selon la pathologie et avec des largeurs d’impulsion qui varient de 0,2 à 0,5 ms, une durée moyenne des séances de 30 minutes par jour pour des durées de traitements entre 1 mois et 3 mois.

 L’électrostimulation est efficace sur des symptômes donnés, les résultats variant de 56 à 70% sur les IUE ou mixtes, avec un recul à 2 ans.

 La sélection des patients pour ces études est malheureusement encore aléatoire. On retiendra toutefois deux études (Bourcier 1994 & Spreafico 1992) qui soulignent que l’électrostimulation en présence du thérapeute semble donner de meilleurs résultats qu’à domicile. 5) Intérêt de la combinaison des techniques Valiquette (1991) et Meyer (1992) ont montré l’efficacité accrue des techniques combinées avec d’excellents résultats en 12 séances mêlant électrostimulation et biofeedback. Il semble certain que l’on accélère le temps de récupération, et que la probabilité d’avoir un bon résultat est démultipliée. Quelles que soient les combinaisons – électrostimulation, travail manuel, exercices volontaires, biofeedback - tous les résultats prêchent pour l’association des techniques. En aparté de cet exposé on est fondé de dire que 70 à 80% de résultats subjectifs favorables (guérisons-améliorations) pour 10 à 20 séances sont obtenus lorsque le travail manuel est associé à une des techniques instrumentales. Dans cette fourchette de 70-80% le taux de guérisons varie selon les études de 12,8% à 64%. La série de guérison la plus basse (12,8% Dudognon 1991) est basée sur des critères multiples et rigoureux :  jamais de fuites  jamais de port de protection même de sécurité  aucun handicap ni gêne de quelque nature que ce soit  interruption du jet urinaire réussie sur débitmètre  contrôle de l’automatisme à la toux vessie remplie à B De ces études, on peut dégager la notion que l’âge et l’ancienneté des troubles n’influencent pas la qualité des résultats de la rééducation. Par contre l’importance initiale des fuites, la présence d’un prolapsus, les antécédents chirurgicaux et les incontinences urinaires mixtes sont de pronostic défavorable pour les résultats. L’influence de la ménopause, de l’obésité et de la multiparité est encore discutée Enfin pour le recul des résultats globaux on peut conclure que jusqu’à 2 ans les résultats initiaux se tiennent très bien: 5,7 à 11,4% de récidives. Mais dés la troisième année - qui apparaît comme une charnière - les résultats se détériorent avec 30% de récidives, passant à 53% au-delà de 4 ans. Tout le monde s’accorde sur le bien fondé et le rôle déterminant de l’auto entretien après les séries de rééducation en cabinet et l’assiduité du travail personnel. La stimulation seule sans le travail préalable avec un thérapeute n’est pas recommandée par les auteurs pour des raisons évidentes de dysfonctions associées chez les patientes telles la synergie abdominale, l’inversion de commande, l’insuffisance de clôture périnéale, etc.… Certains auteurs trouvent que 15 à 25% des femmes, seulement réalisent les programmes préconisés par leur thérapeute chez elles. Ce qui est effectivement très insuffisant. Pour cette raison certains comme Plevnik ou Fall préconisent des séances de rappel en cabinet faisant office d’entretien annuel avec le thérapeute. Une étude importante (Bourcier 1994) avec un recul moyen de 7 ans, montre le devenir de 2 groupes de patientes ayant bénéficié du même traitement de départ. Dans le premier groupe (116 femmes) les patientes ont été revues pour 8 à 12 séances par an, alors que l’autre groupe (200 femmes) n’a bénéficié d’aucun traitement d’entretien avec le thérapeute. On note 30,5% de guérisons et 18% de corrections chirurgicales dans le groupe avec entretien annuel, contre 12% de guérisons et 38% d’opérations dans le groupe sans séances d’entretien. Conclusion On savait que dans l’éventail thérapeutique le travail manuel intra vaginal était indispensable pour la contraction correcte du plancher pelvien et que son efficacité était nettement supérieure à celle d’une simple instruction verbale ou écrite. Mais il est maintenant avéré que la stimulation électrique est incontournable, qu’elle procure d’excellents résultats dans l’IUE à plus forte raison lorsqu’elle est couplée au travail manuel ou au Biofeedback. Toutefois en cas de travail manuel ou d’électrostimulation comme technique exclusive, des protocoles intensifs s’imposent. Il faut aussi noter en parallèle que l’on constate une incontestable supériorité des techniques combinées sur l’utilisation d’une seule technique. Enfin le maintien dans le temps des bons résultats est fonction du travail personnel d’entretien, mieux de thérapies d’entretien avec le thérapeute, lesquelles sont supérieures à celles qui sont effectuées à domicile.

 

Source SIFUD : D. Grosse MK

Par Pytheas - Publié dans : dossier technique
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Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /Août /2010 15:29

 

Effets biochimiques et applications neuro-musculaires

André Mamberti-Dias, Guy de Bisschop, Eric de Bisschop (Marseille)

Mots-clefs : SEF, fréquence, largeur d’impulsion, impédance, incontinence urinaire d’effort, incontinence d’urgence

Quels sont les effets produits par la stimulation électrique sur le corps humain et comment sont-ils devenus technique de réhabilitation et d’entraînement? Le corps humain et en particulier ses tissus, sont constitués de fluides riches en ions, lesquels ont la capacité de conduire le courant électrique, se comportant comme un électrolyte. La conduction électrique dans un liquide tel celui présent dans le corps humain produit des effets biologiques sur les tissus organiques, des effets chimiques ionisants, des effets thermiques, analgésiques, trophiques et excito-moteurs.

Charge électrique, voltage, courant, effets biochimiques, impédance, électrodes

Le concept de charge électrique permet de comprendre la stimulation du nerf et du muscle. La charge peut être positive ou négative. Les charges opposées s’attirent et nécessitent de l’énergie pour les séparer. Le flux d’électrons se dirige donc de la zone négative à la zone positive. Dans chaque cellule nerveuse il existe aussi une séparation liée à l’inégale concentration de sodium (+) et de potassium (+) de chaque côté de la membrane plasmatique cellulaire. Ceci conduit à la notion de potentiel de repos quand il n’existe pas de stimulation. L’intérieur de la cellule est plus négatif que l’extérieur. Sous l’action d’un stimulus adéquat, chimique, mécanique, électrique ou thermique, la membrane plasmatique est excitée, les shunts membraneux Na+ s’ouvrent permettant aux ions Na+ de s’introduire dans la cellule. Ceci a pour effet de changer le potentiel membraneux interne (-70 mV à +30 mV). La cellule se dépolarise, c’est la phase de dépolarisation. Puis l’intérieur de la cellule devenant progressivement positif (il était négatif auparavant) il y a un blocage de l’entrée du Na+ et la membrane se referme. Dans le même temps les shunts membraneux K+ s’ouvrent et le potassium est évacué à l’extérieur. Avec la fuite du K+ la membrane devient progressivement moins positive et finit par retourner à l’état de repos. C’est ce qu’on appelle la phase de repolarisation.

La notion de voltage dépend de la différence de charge entre deux points et de leur distance de séparation.

La notion de courant est basée sur la loi d’Ohm «  courant (I) = Voltage (V) / Résistance (R) «.

A partir de ces notions il a été défini pour l’usage médical trois types de courant : direct, alternatif et pulsé. Ce dernier étant le plus utilisé pour la stimulation du plancher pelvien.

Le courant est donc le flot de charge électrique déplacé d’un point à un autre. Dans le corps humain le courant  est un flot d’électrons avec majoritairement du chlore (Cl-) du sodium (Na+) et du potassium (K+).

La forme du courant la plus généralement utilisée est dite bidirectionnelle alternante ou non. Le flot des particules se déplace d’abord dans une direction en fonction de leur charge dans une premiére phase, tombe à zéro pendant un court instant avant de changer de direction dans une seconde phase suivant le changement de polarité du champ électrique, qui est inversé. Les impulsions bidirectionnelles encore appelées biphasiques, sont impérativement à « moyenne nulle » impliquant que la charge positive est égale à la charge négative, ceci éliminant pratiquement l’irritation tissulaire et à plus forte raison le risque de brûlures.

La résistance tissulaire dans le corps humain est plus proprement appelée impédance, prenant aussi bien en compte la propriété des tissus à stocker une charge électrique que sa résistive opposition aux mouvements des particules chargées électriquement.

La stimulation électrique du nerf et du muscle implique différentes notions comme la polarisation/dépolarisation cellulaire ou la période réfractaire pendant laquelle le nerf est totalement incapable de répondre à un autre stimulus. Par ailleurs la rapidité de la conduction nerveuse varie selon le diamètre des nerfs concernés et leur fonction terminale. Les fibres de plus grand diamètre (IIA-fast twitch) conduisent l’impulsion rapidement mais ont une grande fatigabilité et les fibres de plus petit diamètre (IC-slow twitch) plus lentes dans leur conduction sont par contre peu fatigables.

Un muscle squelettique, composé d’un grand nombre de cellules, est innervé par au moins un nerf moteur contenant des centaines de motoneurones. Quant un motoneurone est stimulé toutes les fibres musculaires qu’il innerve répondent en se contractant mais c’est une contraction a minima. La contraction massive du muscle demandera donc l’activation de motoneurones additionnels : c’est le recrutement.

En pratique l’activation d’une fibre nerveuse par la stimulation électrique ne dépend pas seulement de son excitabilité inhérente, mais aussi de la dimension, de l’écartement et de l’emplacement des électrodes utilisées pour véhiculer le courant. De petites électrodes très rapprochées produisent une stimulation plus superficielle que des électrodes plus grandes, largement espacées. Mais le placement des électrodes le plus prés possible du nerf recherché est aussi un facteur de stimulation optimale (Benton). C’est le cas de la stimulation du plancher pelvien.

Les impulsions rectangulaires

Impulsions

 

·         Monophasiques

 

 

 

 

 

 

·         Biphasiques

 

 

 

 

 

·         Alternantes

 

 

Stimulation provoquée, contraction musculaire volontaire et paramètres

Une autre notion est la « stimulation physiologique » volontaire du muscle comparée à la « stimulation provoquée électriquement ». Dans la contraction induite physiologiquement les petites unités motrices sont recrutées en premier suivies par les plus grosses. A l’inverse lors de la contraction provoquée électriquement les grosses sont sollicitées en premier (Snyder-Mackler). En outre si dans la stimulation physiologique les contractions sont dites « asynchrones », les contractions électriquement provoquées sont « synchrones » c'est-à-dire que toutes les unités motrices sont recrutées en même temps, ce qui est aussi une raison de la fatigue rapide possible induite par la stimulation. Il est donc nécessaire d’intégrer la notion d’alternance « travail et repos ».

De ce qui précède on a pu définir les paramètres nécessaires et utiles de fréquence, de largeur d’impulsion, de temps de travail et de repos, voire de durée de stimulation et de temps de séance pour la sphère pelvienne. De même on a étudié et validé comment la stimulation renforce la clôture urétrale et/ou améliore la fonction vésicale en augmentant sa capacité.

Systèmes nerveux responsable du fonctionnement vésical normal

Remplissage
Innervation / Fonction

SN volontaire somatique /N. pudendal / S2 – S4

Plancher pelvien / Fermeture du sphincter urétral externe  

SN involontaire sympathique/N. hypogastrique / D11-L2

Détrusor et sphincter urétral interne

Relâche le détrusor, contracte le sphincter interne

Vidange
 

SN involontaire parasympathique/N. pelvien érecteur/S2-S4

Détrusor / contracte le muscle vésical

 

Electrothérapie et stimulation du plancher pelvien

Le nerf pudendal est le nerf-clef de la stimulation électrique pour agir sur  l’incontinence urinaire d’effort et l’impériosité mictionnelle grâce à :

-        son importante répartition dans le plancher pelvien;

-       son rôle primordial dans le cycle mictionnel, dans l’activité vésicale et dans la fonction des muscles pelvi-périnéaux;

-        sa grande accessibilité par la région vaginale et anorectale.

 

Les électrodes placées dans le vagin ou l’anus peuvent ainsi atteindre un nombre significatif de fibres nerveuses afférentes (sensitives) du nerf pudendal et plus particulièrement du nerf de l’élévateur de l’anus.

Les premières études sérieuses menées par Trontelj en 1974, Teague, Merrill en 1977 et confirmées par Lindstom, Fall, Carlsson et Erlandson en 1983, avaient conclu au fait que la stimulation pelvienne utilise les voies nerveuses pudendales réflexes provoquant une contraction massive des muscles pelvi-périnéaux et/ou une réduction des contractions des vessies désinhibées.

En outre il apparut lors des études que la fréquence de la stimulation semblait être un facteur primordial pour influer sur les mécanismes de la continence via les réflexes pudendaux.

Mécanismes et voies réflexes de la stimulation du plancher pelvien

SEF et IUE

Dans le cas de l’IUE les avantages de la SEF sur les exercices volontaires type Kegel sont que l’on peut faire contracter les muscles sélectivement et plus correctement, et que la nécessaire volonté à faire les mouvements n’est pas requise. La fréquence idéale utilisable se situe à 50 Hz. Il y a en outre d’autres intérêts à l’utilisation de la stimulation réflexe, par rapport à la stimulation neuro-motrice directe :

1°) elle demande une intensité moindre ce qui implique un plus grand confort pour le patient et moins d’énergie fournie par le stimulateur.

  2°) elle fournit une activation contractile musculaire plus complète utilisant les voies naturelles physiologiques

 3°)  en activant les réflexes la réponse physiologique entraîne une réponse naturelle, asynchrone neuronale qui contraste avec la réponse synchrone et rapidement fatigable durant une stimulation neuro-motrice directe.

SEF du PP

Contraction réflexe

du sphincter urétral

externe

Compression de l’urètre

Allongement de

l’urètre

Contraction réflexe

des releveurs de l’anus

Elévation du col

vésical

Déplacement en AV

du col vésical

Allongement

de l’urètre

Augmentation

de l’angle vesico-urétral

Augmentation

de la résistance

à l’écoulement

Amélioration du contrôle

urinaire

Muscles périnéaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Les effets de la stimulation du plancher pelvien dans l’incontinence d’effort

SEF et Incontinence d’urgence

Dans le cas de l’incontinence d’urgence, la SEF inhibe les contractions inappropriées de la vessie, causant ainsi stabilité vésicale et une augmentation de la compliance. Le reflexe inhibiteur à destination vésicale est sensible aux fréquences inférieures à 20 Hz. D’autres études ont montré chez l’animal que les fréquences inférieures à 5 Hz avaient un rôle majeur dans cette inhibition. En pratique tenant compte du confort du patient et de l’efficacité clinique, on a situé la fréquence optimale utilisable pour la stimulation pelvienne à 10 Hz (Erlandson, Lindstrom, Fall)

La stimulation électrique réduit les hyper-contractions vésicales selon le schéma ci-après :

1°) la stimulation du système réflexe influe sur l’urètre et les muscles du plancher pelvien lors des contractions vésicales

2°) le renforcement des muscles pelviens augmente le reflexe d’inhibition détrusoriale

3°) les réflexes vésico-sphinctériens intégrés sont restaurés pour une meilleure régularisation de la vidange

4°) les systèmes neuronaux qui pourvoient au contrôle vésical central ou périphérique sont réorganisés pour une restauration normale des schémas réflexes.

 Electrodes de stimulation et paramètres requis

Le premier principe est que les électrodes doivent pouvoir fournir une densité de courant uniforme sur toute leur surface, ceci afin de limiter le risque d’une irritation tissulaire. Pour cette raison le matériau conducteur doit avoir une impédance la plus proche possible de celle du tissu en contact (muqueuse), sinon le courant se concentre au sommet de l’électrode (edge effect) entraînant un moindre confort de stimulation.

En pratique courante les électrodes sont de petite dimension suffisamment rapprochées pour activer les fibres sensitives du nerf pudendal provoquant un effet contractile réflexe.

La fréquence est le paramètre le plus caractéristique pour la stimulation périnéale. Tout le monde admet maintenant que la fréquence à 10 Hz est la meilleure pour les problèmes d’incontinence d’urgence alors que 50 Hz est optimale pour traiter l’IUE (Erlandson)

La durée ou largeur de l’impulsion  a largement été démontrée par Plevnik comme devant se situer idéalement entre 100 et 300 microsecondes (Plevnik)

Le cycle travail/repos doit tenir compte de la fatigabilité musculaire et des mécanismes réflexes. Classiquement on applique un ratio de 1 :2 voire 1 :1 pour le temps de travail/repos.

Le niveau d’amplitude ou d’intensité reste lié à la sensibilité de chaque patient. La règle pour déterminer l’amplitude optimale est l’observation de la réponse réflexe contractile sous une stimulation fréquentielle de 50 Hz. Toutefois de légères variations peuvent être constatées d’une séance à l’autre selon les cycles physiologiques féminins et d’autres facteurs bien connus.

Le confort du patient est aussi la règle en stimulation pelvienne. La sensation induite par la stimulation électrique périnéale est vécue par la patiente comme une légère contraction, un pincement, une poussée voire une aspiration postérieure (ano-rectale). Ceci restant totalement confortable. Le moindre inconfort verbalisé doit conduire à réduire l’intensité à un niveau plus supportable.

Protocoles, modes et durée de traitement

Le traitement par stimulation du plancher pelvien a d’abord été un traitement domiciliaire permettant au patient de se traiter selon ses convenances. Dés les années 70 on utilisait des stimulations chroniques de 8-12 heures à très basse intensité. Puis elle évolua vers la « stimulation maximale aigüe » (Fall, Moore, Plevnik) à haute intensité provoquant une contraction musculaire importante pour des résultats cliniques équivalents.

Le traitement classique basé sur les études cliniques recommande de 1 à 2 séances journalières de 15 à 30 minutes. Un traitement moyen couvre de 14 à 16 semaines. Le traitement à domicile trouve alors sa place en tant que maintien à long terme des résultats acquis et constatés.

Pour l’incontinence d’urgence la majorité des patients constatent une amélioration des symptômes sous deux à quatre semaines. Il faut noter que certains patients peuvent avoir une légère aggravation des symptômes la premiére semaine due aux effets sensitifs, mais dés la seconde semaine une réduction doit être la règle (Rosenzweig). En effet certains cliniciens rapportent que les patients avec une vessie hypersensible sont très réactifs à la stimulation. On conseillera dans ce cas de démarrer la stimulation au seuil de perception pendant les premières séances avant progressivement d’augmenter l’intensité aux niveaux requis.

Pour l’incontinence d’effort la majorité des patients constatent une amélioration significative en six à huit semaines (Fall). Une augmentation des épisodes de fuites durant le traitement signe souvent une fatigue musculaire passagère. Ces patients peuvent momentanément réduire le traitement par stimulation soit en réduisant le niveau d’intensité soit en diminuant la durée des séances ou en choisissant un cycle travail/repos moins fatiguant. La reprise normalisée des séances se fera graduellement en fonction de la disparition des symptômes transitoires.

Conclusion sur la stimulation pelvi-périnéale

Le recul des études sur cette thérapie conservative, exempte de drogues médicinales, non invasive et sans danger confirme ses bons résultats, présentant un intérêt thérapeutique certain et primordial et un coût relativement raisonnable pour les patients. Quand les indications sont bien posées la stimulation périnéale devrait être le choix préalable à toute thérapie (Teague, Urinary Incontinence Guideliness Panel). C’est une technique qui renforce les mécanismes naturels de la continence en activant les réflexes pudendaux appropriés. Compte tenu du nombre d’années de recul en pratique clinique sur un très grand nombre de patients  qui se plaignaient d’incontinence, la stimulation pelvi-périnéale est devenue un outil indispensable et incontournable dans le traitement des l’incontinence urinaire.

 

 

Instabilité vésicale

Courant
Fréquence

Impulsions alternantes

4, 5, 10, 20 Hz

 

Incontinence d’effort

Courants
Fréquences

Impulsions alternantes

35, 50 Hz

 

 

Bibliographies, references

 

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Teague, Merill : electrical pelvic floor stimulation, mechanism of action. Invest. Urol. 1977

Trontelj et al : electrical stimulation for urinary incontinence. Urol. Int. 1974

Par Pytheas - Publié dans : dossier technique
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Mercredi 1 avril 2009 3 01 /04 /Avr /2009 10:11
L’ELECTROSTIMULATION PERINEALE

Mots-clefs : électrostimulation fonctionnelle, plancher pelvien, incontinence urinaire d’effort, incontinence d’urgence


Les applications de l’électrothérapie en urogynécologie, telle que nous la connaissons, date des années 70 avec les premiers travaux expérimentaux de l’Ecole nordique avec Magnus FALL en 1977, sur l’animal et sur l’homme confortés par ceux de l’Ecole de Ljubljana sur l’homme quelques années plus tard.
Les bénéfices apportés par les exercices de type Kegel se sont ainsi vus renforcés par la tonification du plancher pelvien au travers de la contraction musculaire induite par la stimulation électrique. Enfin les progrès techniques des appareillages et des capteurs vaginaux ont rendu la technologie électrothérapique facilement accessible aux thérapeutes et aux patients.

I-) LES BASES DE LA SEF DU PLANCHER PELVIEN
Le nerf pudendal est le nerf-clef de la stimulation électrique pour agir sur  l’incontinence urinaire d’effort et l’impériosité mictionnelle grâce à :
-    son importante répartition dans le plancher pelvien ;
-    son rôle primordial dans le cycle mictionnel, dans l’activité vésicale et dans la fonction des muscles pelvi-périnéaux ;
-    sa grande accessibilité par la région vaginale et anorectale.

Les électrodes placées dans le vagin ou l’anus peuvent ainsi accéder à un nombre significatif de fibres nerveuses afférentes (sensitives) du nerf pudendal et plus particulièrement du nerf de l’élévateur de l’anus.
Les premières études très sérieuses menées par Trontelj en 1974, Teague, Merrill en 1977 et confirmées par Lindstom, Fall, Carlsson  et Erlandson en 1983, avaient conclu au fait que la stimulation pelvienne utilise les voies nerveuses pudendales réflexes provoquant une contraction massive des muscles pelvi-périnéaux et/ou une réduction des contractions des vessies désinhibées.
En outre il apparut lors des études que la fréquence de stimulation semblait être un facteur primordial pour influer sur les mécanismes de la continence via les réflexes pudendaux.
Ainsi une stimulation à la fréquence de 50 Hz générait une contraction périnéale au travers d’une boucle réflexe pudendale. Une stimulation à une fréquence plus basse de 10 Hz, toujours par la même voie nerveuse pudendale, réduisait voire éliminait les contractions parasites des vessies non-inhibées.

A)- L’ELECTROSTIMULATION DU PLANCHER PELVIEN : ASPECTS THEORIQUES

1)- Principes généraux, mode d’action, paramètres et justification neurophysiologique

Du point de vue strictement physiologique, l'impulsion électrique théorique de base présente une forme rectangulaire, de durée brève. Celle-ci est polarisée, c'est à dire qu'elle possède une constante galvanique, susceptible de provoquer des effets lésionnels d'électrolyse dans les tissus.
On compense ce caractère unidirectionnel, polarisé, de l'impulsion rectangulaire en la faisant suivre par une onde de polarité inverse, de même surface (Fig. 2).
  Cette dernière peut être d'amplitude inférieure, mais de durée plus longue, restant au-dessous du seuil. Il s'agit d'une impulsion rectangulaire asymétrique à moyenne nulle, de polarité compensée. Sa répétition donne naissance à un courant monophasique compensé asymétrique.
  L'onde inverse peut être identique en forme et en amplitude. Il s'agit d'une impulsion rectangulaire symétrique à moyenne nulle. Elle donne naissance à un courant biphasique rectangulaire symétrique compensé. Cette forme d'impulsion gagne en efficacité pour une même intensité électrique.
En matière d'électrothérapie périnéale, les travaux expérimentaux sur l'animal d'expérience et les applications sur l'homme (M. Fall) font préconiser des impulsions rectangulaires dont la polarité est inversée régulièrement, séparée par de très courtes durées, les impulsions alternantes. (Fig. 1).
Les courants à polarité compensée ont l’avantage de ne pas avoir les effets nocifs des actons polaires (effets électrolytiques tissulaires, risques ionophorétiques…)

On peut dire que le choix en électrothérapie périnéale se porte sur les formes symétriques où la surface et la charge électrique des deux polarités sont identiques. Les effets polaires sont écartés mais, en applications bipolaires, il est impératif que les deux électrodes soient obligatoirement placées sur la même zone d’innervation musculaire, sinon quelques effets polaires apparaissent, qui se traduisent par des sensations désagréables, voire douloureuses chez la patiente.


On notera enfin que dans les formes d’impulsion asymétriques, l’onde inverse est de même surface et de même charge, mais son amplitude est moindre et sa durée augmentée, ce qui la rend inefficace (Fig. 2bis).

Les courants alternatifs sont formés d’ondes sinusoïdales de polarités constamment inversées, à ne pas confondre avec les impulsions alternantes. Ils sont utilisés sous forme de moyenne fréquence, en modalité bipolaire ou interférentielle.

La moyenne fréquence alternative en modulation de basse fréquence de l’onde porteuse présente l’avantage de n’engendrer aucun risque polaire, de ne procurer aucune sensation désagréable et de tenir peu compte des variations de l’impédance des tissus. Ici aussi, les applications sont bipolaires et doivent être situées sur la même zone musculaire (Fig. 3 & 3 bis).


Par suite de la constitution des muscles de l’élévateur de l’anus et du pubo-rectal qui ont une prédominance de fibres de type I, on peut faire appel à des trains d’action de longue durée (10 ou 15 secondes par ex alternés avec des périodes de repos doubles). Chaque train d’impulsions ne doit pas être administré brutalement. On ajoute au début et à la fin de chaque train une rampe pour éviter cette brutalité (Fig. 4).

Mais contrairement à ce que beaucoup s’imaginent, l’électromyostimulation ne crée pas de la force musculaire, à moins de réaliser des contractions puissantes contre résistance, ce qui s’avérerait assez vite intolérable dans le cas présent. Par contre, cette modalité biophysique augmente la microcirculation au niveau des fibres musculaires, ce qui d’une part a un effet trophique sur le plancher pelvien et d’autre part a des propriétés de facilitation qui seront bénéfiques pour la rééducation volontaire sous biofeedback-EMG.

Rappelons qu’il ne faut pas croire que l’une des bagues doive préférentiellement être au contact direct de la zone à exciter. En effet, cette dernière étant à une certaine distance de la sonde, la profondeur de l’impact de la stimulation se situe entre les deux électrodes (Fig. 5). Celle-ci dépend principalement de l’espace inter électrodes et de l’intensité de la stimulation.

a)-  SEF et Incontinence d’effort
La stimulation électrique dans le cas d’une incontinence d’effort contracte la musculature périnéale de la même manière qu’une contraction correcte et efficace de type Kegel.
L’avantage de la contraction induite par la stimulation sur les exercices de contraction volontaire réside dans le fait que les muscles adéquats sont toujours sollicités. Outre la réponse motrice directe, la stimulation électrique peut provoquer soit une dispersion contractile dans tous les muscles périnéaux soit éventuellement dans certains muscles selon le type de sondes utilisées.
Ces contractions ont l’avantage de renforcer la musculature pelvienne mais aussi et surtout d’élever le col vésical et d’augmenter la résistance des mécanismes impliqués dans la fuite urinaire. L’organigramme (Fig. 9) résume s’il en était besoin les différents effets de la SEF sur les muscles pelvi-périnéaux.
Trontelj en 1974 démontrait que la réponse réflexe présentait plus d’avantages que la stimulation motrice directe.
d’abord une contraction réflexe du plancher pelvien requiert une intensité électrique relativement faible, ce qui signifie un plus grand confort pour le patient;
-    ensuite ce type de stimulation sollicite un nombre plus important de muscles périnéaux;
-    enfin par activation réflexe, la réponse physiologique provoque un recrutement neurologique explosif et naturel qui contraste avec la fatigabilité rapide de la contraction par stimulation motrice directe.

More et Schofield dés 1967, Fall en 1978, Plevnik et Janez en 1986 et 1991, observaient la durabilité des effets de la stimulation électrique pour IUE : globalement un renforcement des muscles périnéaux a été avancé comme raison de l’amélioration, corrélant en cela les effets des exercices de Kegel.
Par ailleurs deux autres effets synergiques ont été proposés :
-    re-émergence  du recrutement volontaire des unités motrices du sphincter urinaire;
-    re-établissement d’un schéma moteur fonctionnel perdu, un peu comme une sorte de biofeedback réflexe. (Plevnik, Vodusek en 1986)
b)- SEF et Incontinence d’urgence
La stimulation du plancher pelvien agit sur l’incontinence d’urgence en inhibant les contractions vésicales inappropriées créant ainsi une stabilité vésicale et une augmentation de sa capacité. L’inhibition vésicale réflexe est sensible à une fréquence de stimulation qui doit être plus basse  que celle que l’on utilise  pour l’incontinence d’effort (Godec, Kass, Ayala, 1976).
Les fréquences inférieures à 20 Hz ont été prouvées (M. Fall, 1977) pour l’inhibition de la vessie selon un schéma précis :
-    dans le cas des pressions vésicales élevées au travers d’un réflexe nerf pudendal (afférent) / nerf pelvien érecteur (efférent); (Fig. 6)
-    dans le cas de pressions vésicales basses au travers d’un réflexe nerf pudendal (afférent) / nerf hypogastrique (efférent) d’origine orthosympathique; (Fig. 6)
En outre les études sur l’animal ont confirmé que les fréquences égales ou en dessous de 5Hz induisaient une inhibition vésicale maximale par la voie hypogastrique.
De ces observations, il a été décidé, pour une raison de confort pour le patient et pour rester dans les limites de l’efficacité clinique, que la fréquence optimale pour traiter l’incontinence d’urgence était de 10 Hz (Erlandson, Fall, Carlsson en 1976 et Lindstrom, Fall, Carlsson, Erlandson en 1983). 
La stimulation électrique vise donc réduire les contractions détrusoriennes anarchiques.
-    stimulation du système réflexe à destination de l’urètre et des muscles du plancher pelvien pendant les contractions du détrusor ;
-    augmentation du réflexe inhibiteur détrusorien (3 de Mahony) grâce à une meilleure musculature pelvienne plus efficace ;
-    restauration du réflexe vesico-urétral intégré pour une normalisation de la vidange vésicale ;
-    réorganisation des systèmes neurologiques qui pourvoient au contrôle central ou périphérique dans un but de restauration du schéma réflexe normal (Fall, 1984).

La stimulation électrique dans le traitement de l’incontinence d’urgence apporte aussi des résultats à long terme. Les différentes études cliniques décrivent un effet-retard avec 60 à 90% de guérison ou d’amélioration, dans le cas de stimulation par voie vaginale et/ou anale, avec un recul à 5 ans (Glen en 1971 ; Plevnik en 1979 ; Fall, Lindstom en 1991).        
La stimulation a un effet activateur sur les mécanismes uretro-sphinctériens et un effet inhibiteur sur le muscle vésical.

Le mécanisme est réflexe activateur sur la musculature striée péri-urétrale.

*     Afférent :     nerf honteux interne > Centre mictionnel sacré
*    Efférent:         nerf honteux interne - Réflexe médullaire court
➢    Activation du sphincter strié de l'urètre

Le mécanisme est réflexe inhibiteur sur le détrusor par l'intermédiaire de la contraction des muscles du plancher pelvien (réflexe N°3 de Mahony.)

*    Afférent :         nerf honteux interne > Centre mictionnel sacré
*    Efférent :         soit le nerf érecteur si pression vésicale élevée
soit le nerf hypogastrique si pression vésicale basse
➢    Inhibition contractile du détrusor

Résumé :

En résumé de ce chapitre l'électrostimulation agit par conséquent sur les facteurs qui concourent à la continence.
On se souviendra que la stimulation périnéale – induite par la stimulation électrique ou volontaire par biofeedback et exercices périnéaux - est majoritairement rétentioniste et que ses actions principales sont:

•    Abaissement du tonus vésical :
        par réduction des contraction non inhibées du detrusor
        par augmentation de la compliance vésicale
•    Augmentation de la pression de clôture de l'urètre
        par activation du sphincter strié de l'urètre et de la musculature striée externe
•    Action sur la transmission des pressions
        significative au niveau de la zone sphinctérienne de l'urètre moyen
•    Action sur le plancher pelvien
        améliore l'activité neuro-musculaire
        améliore la trophicité vaginale
        meilleure si le plancher musculaire est faible
        antalgique sur les déchirures et l'épisiotomie

B)- L’ELECTROSTIMULATION DU PLANCHER PELVIEN : ASPECTS PRATIQUES

Pour une meilleure compréhension des phénomènes ou des réactions physiologiques, on aura toujours présent à l'esprit que S2 assure le contrôle sphinctérien et la sensibilité périnéale, que S3 assure l'activité des viscères pelviens telle que la continence, la miction, la défécation ou l'érection.
Enfin on se souviendra également que le sphincter para-urétral est composé de fibres de type I lentes et toniques et que le sphincter peri-urétral est composé de fibres de type I et de type II A et II B, rapides et phasiques.

Fibres de type I (FT)    activités musculaires lentes et d'endurance.    fibres musculaires rouges. Conduction nerveuse rapide
Fibres de type IIa    activité intermédiaire.    fibres blanches.

Fibres de type IIb (ST)    activités physiques puissantes, mais de courte durée, rapidement fatigables.    fibres blanches. Conduction nerveuse lente

•    de la position de la patiente 
Différentes positions de la patiente sur la table sont possibles. La position la plus classique – hormis celle en table gynécologique qui à notre avis ne se justifie plus -  est celle dite « gynécologique modifiée » dans laquelle la patiente est couchée en supination, lombaires et bassin à plat, cuisses écartées, genoux pliés, pieds en rotation externe à l’écartement du bassin. Toutefois cette position  pose de nombreux problèmes pour le bon maintien des sondes vaginales  classiques (sondes tubulaires à bagues ou à barrettes, sondes courtes) notamment quand la musculature périnéale est de pauvre qualité (hypotonicité, hypocontractilité) ou quand il existe une béance vulvaire assez marquée (VO2 et +) ou enfin quand on est en présence d’une dislocation pelvienne (C2, H2). Il est évident que faire tenir en place une sonde qui ne présente aucune forme anatomique adaptée à la configuration vaginale concourt à la voir s’exposer, au mieux, à une translation endo-cavitaire et au pire à une éjection du vagin. Dans les deux cas le but recherché ne peut être atteint soit parce que les électrodes ne sont plus dans le hiatus uro-génital et ne sollicitent donc pas les muscles concernés, soit parce que le sonde est sortie de l’espace musculaire. Certains font tenir les sondes au patient ce qui paraît antinomique pour le confort de la séance et le travail musculaire demandé. D’autres tiennent la sonde pendant la séance ce qui paraît fortement prégnant. De surcroit la position devient rapidement fatigante pour la patiente sachant que la séance doit durer au moins 20 à 30 minutes pour présenter quelque efficacité. Depuis quelques années de nouvelles sondes morphologiquement nettement mieux adaptées à la configuration musculaire vaginale permettent d’éviter ces écueils, leur stabilité in situ étant garanti par leur forme ergonomique.

•    de la position des électrodes 
La stimulation vaginale doit impérativement tenir compte de la position des électrodes. Certaines écoles argumentent que l'effet électrique agit par l'intermédiaire de la muqueuse sur les terminaisons nerveuses des muscles sous-jacents avec un effet de diffusion et que la recherche d'une réponse motrice contractile n'est pas primordiale. Nous pensons – au vu des nombreuses études internationales que l'effet contractile doit non seulement être recherché, ainsi que l’avait déjà démontré et préconisé M. Fall,  mais qu'en plus il est nécessaire d'obtenir la meilleure réponse possible. D'ailleurs il a été démontré l'importance de la position endo-vaginale des électrodes par les contrôles sphinctérométriques et notamment que le pic maximum de pression est obtenu lorsque les électrodes sont en contact étroit avec la musculature élévatrice. A contact optimal, réponse optimale selon bien sûr la qualité du muscle sollicité.

•    de la forme des électrodes
On estime qu'il y a un rapport entre la surface des électrodes et l'efficacité de l'action électrique et ceci avec un minimum de perte. Avec les bagues circulaires, 0,5 m/m semble la largeur minima nécessaire. Toutefois si elles présentent une surface totale importante il faut considérer que seules les zones droites et gauches sont en contact avec les parties musculaires à stimuler. Les électrodes à barrettes plus larges devraient en théorie permettre une stimulation plus efficace mais leur inconvénient majeur réside dans le fait qu'étant placées dans le sens de l’axe longitudinal du vagin les actions de la stimulation débordent de beaucoup la zone des zones de stimulation musculaires. Ce qui a pour résultante une stimulation pouvant être parasitaire décrite comme incommode par les patientes. Enfin les électrodes hémisphériques présentent une surface utile plus importante et un contact plus intime avec les zones que l’on veut atteindre.
On terminera ce paragraphe en citant les possibilités de la stimulation ponctuelle avec les sondes dites « doigtiers » qui présentent des électrodes ponctuelles de petite dimension, très rapprochées, ce qui permet une stimulation extrêmement précise non plus sur un groupe musculaire mais sur un muscle voire une partie de muscle. Ceci peut s’avérer très efficace dans les tentatives de récupération d’un faisceau musculaire isolé. L’intérêt annexe est le peu d’intensité nécessaire (3 à 8 mA) pour provoquer une contraction maximale du muscle choisi.

•    des modalités d’application et des différentes possibilités électrothérapiques
Celles-ci sont définies par la fréquence des courants, considérant d'une part les courants de basse fréquence ( BF ), et d'autre part les courants de moyenne fréquence ( MF ) en applications bipolaires ou tétrapolaires. Rappelons pour mémoire l'ancienne méthode de Guyon qui consistait en une faradisation par voie urétrale dans une vessie que l'on remplissait de liquide.

a.    Les courants de basse-fréquence
Ils sont en général utilisés dans une plage située entre 3 et 200 Hz. Les fréquences de 35 à 60 Hz paraissent optimales pour la stimulation phasique des muscles pelviens et  le sphincter strié de l’urètre, avec des trains d'impulsions variables suivant les utilisateurs mais dont les plus utilisés sont situés autour de 0,3 ms. Mais il faut insister sur le fait que pour éviter toute fatigue des muscles pelviens, les périodes de relaxation doivent être conséquentes. Pour les inhibitions vésicales on effectue un choix de fréquences entre 3 et 20 Hz avec des durées d'impulsions choisies entre 0,1 ms et 0,5 ms, suivant le but recherché.

On peut effectuer aussi des programmations modulées, avec des appareillages conçus spécialement, c'est à dire par exemple 6 secondes à 10 Hz suivies de 6 secondes à 50 Hz et des périodes de relaxation de 30 secondes.

Bien entendu dans ces plages de possibilités, l'utilisateur doit faire son choix en fonction de ses conceptions et du degré de perfectionnement de l'appareillage dont il dispose. En ce qui concerne uniquement la stimulation neuro-musculaire du plancher pelvien dans un but de tonification musculaire, nous pensons que le choix de fréquences fixes doit laisser la place à des variations programmées, dans des limites déterminées, qui vont balayer toutes les structures neuro-musculaires et éviter la fatigue musculaire. L'informatique permet actuellement de disposer d'appareillages aux possibilités physiologiques énormes.

Les zones d'application sont cavitaires ou cutanées.

1. Le traitement par électrodes cavitaires

On fait appel à une stimulation vaginale ou anale. La stimulation anale est toutefois parfois mal supportée, malgré ses avantages. Il existe de nombreux types de sondes.

    -  Rappelons qu’il ne faut pas croire que l'une des bagues doive être préférentiellement au contact de la zone à exciter. En effet, cette dernière étant à une certaine distance de la sonde, la profondeur de l'impact de la stimulation se situe entre les deux électrodes. Celle-ci dépend de l'espace inter-électrodes et de l'intensité de la stimulation comme cela a été décrit plus haut. En général, la technique est toujours bipolaire. La sonde comporte donc deux électrodes soit annulaires, soit en barrettes, soit enfin pour les plus récentes en demi sphères ponctuelles.

    - Mais il a été aussi décrit des applications à l'aide d'une sonde munie d'une longue bague unique (technique unipolaire), en fermant le circuit avec une large électrode cutanée placée sur la région sacrée. Toutefois cette technique est peu usitée et n’a pas été poursuivie.

La qualité des sondes est primordiale ; la réussite du traitement en dépend étroitement. Des sondes dont le métal de contact est de basse qualité ou qui présentent une impédance élevée (électrodes + les câbles de connexion) ne laisseront passer qu’une quantité infime de courant. Un appareillage d’électrothérapie moderne, sophistiqué, aux grandes possibilités thérapeutiques, peut avoir des résultats quasiment nuls si les sondes sont mal conçues.

L’idéal est d’utiliser des sondes morphologiquement adaptées, non traumatisantes dans leur forme, bien acceptées par les patientes, et surtout présentant des impédances voisines de zéro.

2. Les traitements par électrodes de surface cutanées,

On cherche à atteindre les muscles en profondeur, ce qui est souvent difficile et désagréable avec les courants de basse-fréquence. Il faut savoir que l'utilisation par électrodes cutanées des courants de basse-fréquence pour stimuler les muscles de la fosse périnéale nécessite des intensités parfois mal ressenties par le patient.

A titre d’exemple, on peut signaler une technique bi-polaire avec placement d’une électrode sus-pubienne et deux électrodes court-circuitées placées sur les tubérosités ischiatiques. Mais les effets sont assez limités. On préférera utiliser dans ce cas les courants de moyenne fréquence.

Dans le cas des stimulations dermatomales l’instabilité du détrusor peut en particulier bénéficier de la stimulation électrique de points d’acupuncture au niveau du nerf tibial postérieur dans la gouttière rétromalléolaire médiale à la cheville (2   10 Hz ; 5 – 20 ms).

On peut aussi stimuler les dermatomes L5 – S2. Des travaux électromyographiques ont montré que des pathologies vertébro-lombo-sacrées, même à des stades asymptomatiques, étaient susceptibles d’avoir une incidence sur le nerf pudendus et les muscles du périnée

b.    Les courants de moyenne fréquence.

On utilise ici des courants sinusoïdaux alternatifs dont la fréquence est comprise entre 2.000 et 4.000 Hz. modulés en basse fréquence, présentant de nombreux avantages :

    - En dehors du fait qu'ils sont à peine ressentis au niveau de la peau, ils ne présentent aucun risque d'agression chimique des tissus, ni au niveau de pièces métalliques intra tissulaires éventuelles.
    - Par suite du caractère particulier de leur mode de recrutement (gildemeister effect), les contractions musculaires qu'ils engendrent sont asynchrones, donc plus physiologiques que celles provoquées par les courants de basse-fréquence qui entraînent une contraction synchrone de toutes les fibres musculaires dépendant d'un même nerf.
- Ils sont peu ressentis par le patient
- Ils possèdent des propriétés antalgiques propres.

On les utilise
    - soit d'une manière bipolaire, avec modulation en basse fréquence
    - soit d'une manière tétrapolaire, interférentielle, avec modulation en basse-fréquence


La méthode bipolaire est appliquée d'une manière différente chez la femme et chez l'homme :

➢    Chez la femme, on place une électrode sur chaque tubérosité ischiatique, ces deux électrodes étant reliées entre elles, et une électrode sur le périnée antérieur, immédiatement inférieure à la symphyse du pubis.
 
➢    Chez l'homme, on place une électrode de chaque côté du pli fessier  et une électrode juste en avant de l'anus.

Lors de l’application des courants de moyenne fréquence, la résultante de basse-fréquence permet de choisir des battements de 10 ou de 50 Hz, comme avec les méthodes classiques, avec les avantages de la moyenne fréquence.

On peut effectuer ainsi des contractions musculaires avec une modulation de basse-fréquence entre 50 et 70 Hz d'une manière continue ou d'une manière automatiquement variable avec balayage des différentes fréquences. Les temps de contraction sont de 10", avec des temps de repos de 30". La durée des séances peut être choisie entre 20 et 30 minutes. On peut aussi maintenir des balayages entre 4 et 10 Hz pour les instabilités vésicales.

La méthode tétrapolaire interférentielle.

Caractéristiques     
Courant électrique bidirectionnel de moyenne fréquence caractérisé par la superposition de deux ondes sinusoïdales causant une interférence. Les deux courants ont une fréquence située entre 2 000 et 4 000 Hz. La fréquence de battement (ou taux de modulation) va de 1 à 200 Hz. Elle résulte de la différence des deux courants individuels (p. ex., 4 000 Hz - 4 001 Hz = 1 Hz). La durée d’impulsion est de 250 µsec ou moins.
Mode d'action     Ce courant stimule le nerf moteur et le nerf sensitif.
Effets thérapeutiques     En physiothérapie, les principaux problèmes traités par l’interférentiel quadripolaire sont la douleur et l’œdème (par pompage musculaire).

La technique consiste à croiser dans les tissus deux courants de moyenne-fréquence ayant une résultante endotissulaire que l'on choisit de basse-fréquence. L'intensité du courant est maximale au niveau profond et minimale au niveau de la peau. Dans un certain nombre de cas on peut ainsi se passer d'une application vaginale. Toutefois, la position des électrodes demande un soin particulier :

- Le croisement doit se situer le plus proche possible du nerf pudendus.
- Les courants doivent suivre les voies de moindre résistance.
- La diffusion aux muscles n'appartenant pas au plancher pelvien doit être minime.
- Les applications doivent être bien tolérées par le patient.

Par exemple, on place deux électrodes sur l'abdomen au-dessus du ligament inguinal, séparées de 3 cm environ, en dehors de la symphyse pubienne et deux électrodes sur la partie proximale de la face postéro-interne des cuisses, ou bien juste en dedans de la tubérosité ischiatique, de chaque côté de l'anus.

Le choix de la résultante de basse fréquence est le même que celui qui concerne la modalité bipolaire.

Contre-indications périnéales de la technique interférentielle

Région lombaire basse, pelvienne, périnéale ou abdominale chez la femme enceinte
Risque d’affecter le développement et la croissance du fœtus.
Risque de déclencher des contractions utérines précoces.
Absence de connaissance des effets de la modalité dans la région périnéale pendant la grossesse.
Implant électronique de tout type
Risque d’interférence avec le fonctionnement normal de l’implant.
Thrombus ou embolie
Risque de détachement du caillot et par conséquent risque d’embolie.
Néoplasie
Risque de dissémination des métastases. Risque d’augmentation de la croissance tumorale.
Problèmes dermatologiques chroniques
Risque d’exacerbation du problème dermatologique.
Risque de favoriser le saignement.
Déficit de sensibilité thermique et nociceptive
Risque que le patient ne sente pas adéquatement le courant, ce qui augmente les risques d’irritation cutanée.
Appareil de diathermie à moins de 5 mètres
Risque d’interférence entre les deux appareils. 
Infection locale active ou fièvre
Risque de propager l’infection, car  la modalité augmente la circulation sanguine.
Tuberculose
Risque de propager l’infection, car la modalité augmente la circulation sanguine.
Épilepsie
Mouvement actif contre-indiqué


Une application récente : la méthode tétrapolaire interférentielle par sonde endo-vaginale

Il n’existe actuellement qu’une sonde à 4 électrodes indépendantes capable de répondre à ce type de technique (Perisize 4). On relie individuellement chaque électrode à chaque circuit de moyenne-fréquence. Le maximum d’efficacité du courant a lieu au niveau sphinctérien (électrodes dirigées vers le haut) ou du muscle élévateur de l’anus (électrodes vers le bas) comme dans la position classique pour la stimulation en basse fréquence bipolaire.


•    des courants préconisés 

Les recherches de M. Fall et al, sur l'animal et sur l'homme ont permis de définir des modalités d’application en fonction de l’état vésico-sphinctérien et du but recherché.


INSTABILITE VESICALE
Courant    Fréquence
Impulsions alternantes    4, 5, 10, 20 Hz
Moyenne fréquence alternative    2.500 – 4.000 Hz → 5 Hz
Salves    2 – 4 Hz

INCONTINENCE D’EFFORT
Courants    Fréquences
Impulsions alternantes    35, 50 Hz
Moyenne fréquence alternative    2.500 – 4.000 Hz → 70 Hz
C = 6" ; R = 8 ou 10"


Un certain nombre de précisions s’imposent :

1. En ce qui concerne l'intensité  du courant appliqué, celle-ci doit être la plus élevée possible, à la limite du tolérable. Mais, il faut insister sur le fait que l'impédance vaginale varie sous l'influence de différents facteurs. L'intensité doit en conséquence être adaptée à la réactivité du patient au cours d'une même séance ou d'une séance à l'autre. Ces constatations limitent considérablement l'utilisation de dispositifs de traitement automatisés, aux normes pré-établies. D'autant plus que la valeur de l'intensité est liée à la largeur de l'impulsion.

2. Pour les trains d'impulsions tétanisants (50 Hz par ex.), l'établissement de la tétanisation ne doit pas être brutal, mais doit comporter une rampe rendant progressif le début de la série d'impulsions.

3. Les premières séances ne doivent pas être maximales d'emblée, afin de ne pas déterminer une opposition psychologique du patient.

4. En ce qui concerne le rapport contraction/temps de repos, il faut écarter les contractions permanentes qui engendrent rapidement une fatigue musculaire et sont susceptibles de provoquer des lésions ischémiques musculaires. Il faut donc privilégier les applications rythmées aux applications continues.

 Nous avons indiqué plus haut que les muscles pelviens sont principalement constitués de fibres de type I, donc peu fatigables. Par contre, le sphincter strié est formé de fibres de type I et de fibres de type II ; ces dernières se fatiguent rapidement.
Dans certains cas particuliers, il est prévu de faire appel à des séances de longue durée. Celles-ci durent une journée entière, avec arrêt durant la nuit. Les stimuli sont administrés par salves courtes (8 secondes par exemple suivies de temps de repos double ou triple). On recourt à l'utilisation de sondes souples, gonflables.

Les courants utilisés en uro-gynécologie sont donc :
de basse fréquence entre 4 et 60 HZ, alternant, bidirectionnels et de surface à moyenne nulle 

Les fréquences employées vont dépendre de la pathologie à traiter:
4 - 5 -10 - 20 HZ: pour  renforcer l'inhibition vésicale, ou traiter la douleur
35 – 50 - 60  HZ: pour l'insuffisance sphinctérienne et le plancher pelvien

La largeur d'impulsion habituelle est comprise entre :   100 µs  et  300 µs

Le temps de travail / repos dans les fréquences (35/60 Hz) qui sollicitent les fibres rapides est toujours de 1 pour 2 avec une préférence moyenne de 2/4 ou 3/6.

Dans le cas des fréquences (4/5/10/20 Hz) qui sollicitent les fibres lentes le temps de repos n’est pas indispensable. Toutefois en pratique courante il est d’usage d’interposer 2 à 3 sec. de repos après un temps long de stimulation

•    des effets de la stimulation
En stimulation endo-vaginale on constate assez souvent des variations de la réponse contractile, d'une patiente à l'autre, pour des paramètres identiques. C'est plus une question d'état du muscle que de patiente. Il est évident qu’un muscle ou un groupe de muscles de mauvaise qualité contractile, dont le testing serait estimé entre 1 et 2, ne peut avoir la possibilité de répondre à la stimulation comme un muscle de qualité qui se situe nécessairement au dessus d’un testing à 3.
Il faut toutefois signaler qu'il peut y avoir des différences d'une séance à l'autre, chez une même patiente, en fonction de la période du cycle du mois, de l'état général de la patiente, fatigue, surmenage, tension nerveuse ou autres.

•    de la sensibilité et de la tolérance aux courants
    Le seuil de tolérance au courant peut dépendre de divers facteurs :
➢     la qualité de la musculature striée
➢    l'impédance vaginale et sa variation par rapport à l'âge:
o    femme jeune 450 Ohms, femme ménopausée 250 Ohms
➢     l'humidité ou la sécheresse vaginale
➢     le moment du cycle
➢     l'anxiété de la patiente pendant la séance
➢     la position de la sonde et des électrodes
➢     l'état de réplétion rectale ou sa vacuité
➢     l'état congestif de la muqueuse vaginale

Nous rappellerons qu'il est totalement contre-indiqué de stimuler dés lors qu'il y a infection vaginale ou urinaire, un reflux urétéro- vésical et une dénervation périphérique vraie.

•    des effets collatéraux de la stimulation
Durant une stimulation électrique vaginale l'on peut constater divers effets qui lui sont indirectement liés. On prendra soin, lorsque ces réactions sont constatées, d'en tenir compte pour la suite de la rééducation.

La stimulation avec une sonde à bagues peut amener les effets suivants:
> une adduction de la cuisse, signe de la contraction des pelvi-trochantériens ( S1 ), indique souvent que les muscles élévateurs de l'anus sont insuffisamment excitables donc insuffisants.

>  de même lorsque l'on constate une rotation externe de la jambe et de la cuisse  ( S2 )

> une sensation vécue par la patiente comme désagréable, aiguë, nociceptive, vers la partie basse du ventre, région sous ombilicale ou retro-pubienne, indique une position de la sonde trop en profondeur dans la cavité vaginale, venant en contact avec le col utérin.

> par contre une sensation de picotements ou d'électricité dans la région des grandes lèvres ou peri-clitoridienne indique une sonde en position trop externe.

> hormis les cas précités, des sensations de brûlures, des picotements aigus et douloureux, alors que la réponse musculaire est quasi inexistante et cela malgré une intensité forte (au delà de 35 m/A), peuvent laisser toujours suspecter une dénervation périphérique.

•    des effets non spécifiques : stimulation antalgique
La stimulation antalgique utilisée sur cicatrices d’épisiotomie & post-chirurgicales s’opère au doigtier ou à la sonde ponctuelle

Etape 1 = analgésie immédiate, localisée & peu durable :
a.    modulée entre 50 & 120 Hz (ou 80/120 Hz)
b.    largeur d’impulsion de 0,3 ms
c.    intensité au seuil de perception
Etape 2 = analgésie à effet retard (30’), diffuse & durable :
libération des morphinomimétiques naturels   
a.    entre 5 / 10 Hz
b.   largeur 0,3 ms
c.   intensité au seuil maximum de tolérance

•    de la modalité des séances
En électrostimulation classique on considère qu'il est nécessaire d'avoir un temps de repos double du temps de travail, notamment pour les muscles phasiques aux fibres rapides, très puissants mais dont la fatigue est élevée. Cela s'avère moins nécessaire dans le cas des fibres toniques lentes. Ceci explique les protocoles établis par PLEVNIK et l'école yougoslave qui emploient la stimulation à visée inhibitrice vésicale sans temps de repos avec une augmentation constante de l'intensité tout au long de la séance.

Les séances classiques nécessitent un temps moyen de 20 minutes, et doivent se situer dans une fourchette qui ne devra jamais être inférieure à 17 minutes (surtout pour la stimulation de type phasique) et supérieure à 30 minutes. Des séances supérieures à la demi-heure n'ont jamais vraiment prouvé leur efficacité par rapport à ce que nous venons de dire.

La stimulation ne doit pas présenter d'effets douloureux, et ne doit jamais être incommodante. Le seuil douloureux sera toujours évité, ce qui ne veut pas dire que la stimulation doive être insuffisante. L'idéal serait d'atteindre le seuil douleur puis de réduire l'intensité légèrement permettant un effet contractile puissant et massif sans douleur. Il faut bien sûr tenir compte des différences qui existent entre les sensibilités de chaque patient. Mais il ne faudra pas non plus tomber dans le piège du patient craintif qui sent les effets du courant avant que celui-ci ne soit même en activité.

•    de la question des fibres dénervées
Dans les cas de dénervation totale avérée ou de suspicion de dénervation il est toujours préférable de s'abstenir de pratiquer la stimulation, de demander au médecin prescripteur si un EMG a été pratiqué afin de confirmer ou d'infirmer la réalité d'une dénervation, et surtout si celle-ci est en phase aiguë ou chronique.: Dans le premier cas l'abstention est toujours la règle, dans le second cas la stimulation est possible selon les normes que nous avons vu.
G. de Bischop a largement démontré que les dénervations motrices vraies sont rares en périnéologie. Ce sont le plus souvent des dénervations de type sensitif avec récupération naturelle dans les 3 à 6 mois du post partum. De toutes les façons on aura intérêt à prendre l’avis d’un électrophysiologiste.

•    Les contre indications
➢     pacemaker
➢     dysurie et rétention
➢     reflux vesico-urétéral
➢     dénervation totale
➢     hystérocéle extériorisé
➢     période de règles ( motif psychologique )
➢     infection vaginale, urinaire et anale
➢     grossesse
➢    perte de sang en dehors de la période menstruelle

NB: Le stérilet n'est pas une contre-indication
       
•    Les protocoles classiquement utilisés

A-    Incontinence d’urgence, stress incontinence, instabilité détrusoriale,
vessie déshinibée,  instabilité vésicale


a.    Clinique
Miction impérieuse, urgence, pollakyurie
Atteinte des nerfs périphériques à destinée du détrusor
b.    Effet de la SEF
Inhibition du detrusor par contraction des pelvi-périnéaux
Contraction du sphincter urétral externe
Activation du 3 de Mahony > inhibition detrusoriale
c.    Protocole
Largeur d ’impulsion = 0,3 ms
Fréquence = 5, 10, 20 Hz
Travail : 20 sec. – Repos : 4 sec.

      B- Incontinence d’effort  (IUE)

a.    Clinique
Faiblesse des muscles péri-urétraux
Atteinte des nerfs périphériques à destinée du plancher pelvien
b.    Effet de la SEF
Contraction des pelvi-périnéaux & sphincter urétral externe > Renforcement musculaire
c.    Protocole
Largeur d ’impulsion = 0,3 ms
Fréquence = 35 ou 50 Hz
Travail : 2 ou 3 sec. – Repos : 4 ou 6 sec

           C- Incontinence mixte : double stimulation associée 4 électrodes

a.    caractéristiques
Largeur d ’impulsion = 0,3 ms
2 Fréquences superposées
Travail – Repos : asymétriques
Uniquement avec sonde : PERISIZE 4
b.    Protocole
1-    deux électrodes sur 1 fréquence pour l’instabilité
                                  Largeur d ’impulsion = 0,3 ms
                                  Fréquence = 5,10 ou 20 Hz
                                  Travail : 23 sec. – Repos : 4 sec.
                                  Cycle 27 sec
2-     deux électrodes sur 1 fréquence : IUE
                                 Largeur d ’impulsion = 0,3 ms
                                 Fréquence = 35 ou 50 Hz
                                 Travail : 3 sec. – Repos : 6 sec 
                                 Cycle 27 sec.

         D- Post partum

Il est inutile voire déconseillé d'entreprendre une thérapie par stimulation avant les 6 éme  / 8éme semaines après la date de l'accouchement. De toutes les façons en cas de prise en charge d’une patiente après la période ci-dessus désignée, on privilégiera donc le travail manuel, externe sur le NFC et interne sur les releveurs, avec les précautions d'usage compte tenu des dilacérations possibles et des douleurs musculo-nerveuses. On y associera rapidement le biofeedback pour une éventuelle prise de conscience de la fonction, sa correction et son recentrage dans le schéma corporel. Le travail de prise de conscience manuelle est possible très tôt, parfois dés le 2 éme  ou 3 éme jour de l'accouchement en cutané externe. Ensuite à distance ce sera un travail digital par étirement léger du plancher périnéal postérieur, contre-résistance finement dosée.

Passé le délai de 6 semaines on pourra utiliser la stimulation à minima et dans certains cas. Notamment s’il n’y a aucun doute de dénervation:
SEF antalgique: 10/20 HZ et 80/120 Hz
SEF à visée sphinctérienne 35/50/60  HZ
SEF à visée musculaire périnéale 60/70 HZ

Au début de la rééducation on travaillera en activo-passif, ou en manuel, ou en stimulation demandant alors une contraction volontaire au moment de l'impulsion électrique. Dans ce cas il est préférable de faire contracter sur le signal lumineux qui indique le passage du temps de repos au temps de travail plutôt que sur la seule sensation perçue par le patient au moment de l'impulsion. En effet, pour ces périnées en post-partum (mais c'est vrai pour d'autres périnées hors de cette période) la mobilisation volontaire de la musculature est laborieuse, la sensibilité perturbée et la rapidité de la réponse très diminuée.
L'aide à la stimulation par le signal visuel évite les écueils d'une contraction à contretemps. Si la voie vaginale s'avère trop douloureuse ou problématique, on pourra appliquer la stimulation par voie endorectale sur les releveurs de l'anus.




ANDRE MAMBERTI-DIAS,
GUY DE BISSCHOP,
ERIC DE BISSCHOP,
RAJESHREE NUNDLALL-DE BISSCHOP
(MARSEILLE)







Par Pytheas - Publié dans : dossier technique
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Mardi 18 mars 2008 2 18 /03 /Mars /2008 16:03

Après la libération du nerf pudendal, certain(e)s patient(e)s présentent encore des douleurs aigües résiduelles dans la région pelvi-périnéale, les féssiers, le pli inguinal, etc…


Les planches ci-dessous donneront un bref rappel des ligaments et muscles en présence, avec la localisation de la zone de passage du nerf pudendal qui est sectionnée pour libérer la compression.

Nous avons mis en place avec le Dr. Eric De Bisschop, un protocole post-opératoire de traitement par électrostimulation antalgique des douleurs résiduelles sensitives de la compression type T.E.N.S. à modulation fréquentielle.

On localise les plans musculaires concernés par la SEF et les zones à atteindre pour la stimulation antalgique avec la sonde modulaire. Il s’agit des muscles ischio-coccygien principalement et ilio-coccygien accessoirement Copie-de-plancher-pelvien-profil-2.jpg .

Le point de repérage pour définir la zone à traiter est l’épine ischiatique.

MATERIEL et METHODE :

Le thérapeute fera donc d’abord un repérage digital sur le point de l’épine ischiatique qui se révèle toujours très sensible, donc prudence et doigté. Lorsque le point est ciblé il est plus aisé de procéder au repérage de la musculature sur laquelle sera appliquée l’électrostimulation. En effet le muscle ischio-coccygien se situe immédiatement en dessous de ce point avec le ligament sacro-sciatique directement en arrière, et le muscle Ilio-coccygien est légèrement en avant du précédent.
L’application des courants antalgiques sur une  zone aussi profonde est  impossible avec les sondes classiques à bagues ou à barrettes qui se trouvent dans le commerce (type sonde à bagues ou à barrettes). Il faut donc utiliser soit le doigtier, mais son utilisation n’est pas toujours aisée pour le thérapeute néophyte qui n’est pas accoutumé à la stimulation ponctuelle des branches musculaires, soit l’Optima qui a été mise au point pour la rééducation périnéale classique et qui s’est avérée idéale pour ce travail thérapeutique ainsi que pour la stimulation analytique en général.
Son intérêt réside dans sa forme dont les électrodes sont hémisphériques,  mono polaires et sélectionnables par branchement direct des connectiques. D’autre part, les 2 électrodes proximales et post-proximales, sont placées sur la sonde de telle manière qu’elles sont situées en bout de sonde et en unidirectionnel. Ceci permet donc d’aller porter la stimulation très en profondeur, unidirectionnellement et ponctuellement, sans venir polluer les autres organes environnants… et surtout sans stimuler vers l’avant ou en bi-latéral. Le thérapeute branche donc l’électrode 1 & 2, puis introduit la sonde dans le vagin avec délicatesse et se positionne légèrement en latéral droit ou gauche selon la zone pré-définie par le chirurgien en fonction du ligament sacro-sciatique qui aura été sectionné  c’est à dire le droit ou le gauche.
Dés lors que la sonde est enfoncée à son point le plus bas et le plus profond, la patiente peut ramener ses jambes en position de détente, la sonde ne pouvant plus migrer compte tenu de sa forme et de son poids (19gr).

La stimulation antalgique peut alors être appliquée sans aucune espèce de difficulté.
Nous avons opté pour le LOGISTIM TN-11 (Sugar international – France) un appareillage de stimulation type TENS  portable de dernière génération qui présente entre autres avantages  un rapport qualité/prix extrêmement compétitif par rapport à ceux que l’on peut se procurer.
Il s’agit d’un petit TENS ayant la forme d’un téléphone portable ce qui lui confère un avantage certain pour l’utilisation par des femmes. 5 programmes préétablis sont en mémoire mais le thérapeute peut tout aussi bien modifier en cours de séance les programmes dans leur intégralité sans aucune difficulté ni connaissance particulière.

Le protocole appliqué en l’occurrence pour cette étude est le suivant :

- Modulation fréquentielle de 50 Hz à 100 Hz
- Largeur d’impulsion de 200 µs à 60 µs incrémentée et décrémentée
- Temps de séance minimal : 30 minutes
- Application de la stimulation à domicile autant de fois que nécessaire basée sur un retour des douleurs.
- Application en cabinet par le thérapeute par séance journalière ou au moins 3 fois par semaine, de 30 minutes.

Pour respecter les règles de la non-accoutumance pendant que la fréquence module de 50 à 100 Hz puis de 100 à 50 Hz, la largeur d’impulsion décroît et croit proportionnellement de 200 µs à 60 µs et inversement, et ceci par tranches de 5 secondes.

RESULTATS
Nous avons testé un protocole sur 7 mois et les premiers patients traités à ce jour en post-chirurgie (30 cas) ont un résultat satisfaisant dans le cadre des suppressions des douleurs dans des délais allant de 5 jours à un mois. Bien entendu ceci reste sujet à confirmation sur un nombre plus important de cas.

PRISE EN CHARGE SS
L’appareillage peut être pris en charge par un remboursement TIPS sur prescription médicale dans le cadre de l’électrothérapie périnéale et dans ce cas son remboursement interviendra sur la base du TIPS 101.B07.1 à 305 euros l’appareil + 26 euros la sonde (TIPS 101.B07.3).

La sonde Optima et le TENS TN-11 sont commercialisés par SUGAR international (04 42 04 72 48).


André Mamberti-Dias – MK périnéologie - Marseille



Par Pytheas - Publié dans : dossier technique
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Mardi 18 mars 2008 2 18 /03 /Mars /2008 15:52
La sémiologie clinique de la névralgie pudendale se révèle d’une grande richesse et d’une grande variabilité individuelle. Le diagnostic, d’obtention difficile, est confirmé ou infirmé par les explorations électrophysiologiques. Depuis octobre 1998, un score diagnostic permet de sélectionner les patientes. Durant quatre années, le diagnostic de névralgie pudendale a été confirmé chez 212 patientes par l’exploration électrophysiogique.
12 patientes présentant une étiologie lésionnelle radiculo-médullaire ont été écartées. Seule la prise en charge des patientes porteuses d’une atteinte tronculaire du nerf pudendal (200 patientes) est validée : 38 neuropathies sans syndrome canalaire (obstétricales, post-traumatiques…) sont traitées par infiltration.
L’étude des 162 syndromes canalaires montre une lésion prédominante à la pince ligamentaire sacro-spino-tubérale qui est atteinte sélectivement dans 68% des cas, comparativement au canal d’Alcock qui n’est atteint que dans 20% des cas. Chez 104 de ces patientes, la décompression chirurgicale a été réalisée par voie trans-ischio-rectale après échec des séances d’infiltration. Le procédé chirurgical, ses suites opératoires et résultats sont rapportés ci-après. Ceux-ci apparaissent encourageants avec à 1 an 86% de patientes asymptomatiques ou en réduction significative de la douleur. L’appréciation de la douleur s’effectue par l’échelle d’évaluation numérique.

Données anatomiques
L'anatomie du nerf pudendal est complexe, mais sa connaissance est indispensable à la compréhension des différents conflits possibles qui, jusqu'à la fin des années 1990, se résumaient au seul canal d'Alcock. C'est la dissection au laboratoire d'anatomie qui nous permet de mettre en évidence chaque étape importante du trajet du nerf et de ses branches. Son anatomie a été particulièrement étudiée par Shafik, qui insiste sur le fait qu’il s’agit d’un nerf mixte comprenant des fibres motrices, sensitives et autonomes.

Partis des segments médullaires S2-S4, les axones cheminet jusqu’aux muscles du plancher pelvien en suivant la voie des racines ventrales de la moelle, les nerfs rachidiens, la queue de cheval, les troncs sacrés, le nerf anatomiquement parlant. Il faut décrire les trois segments du nerf pudendal, le trajet de ses branches et de leurs terminaisons nerveuses et enfin, particularité de la gynécologie, ses rapports avec le vagin.
•    Le premier segment correspond à son origine dans la région pré-sacrée où il naît majoritairement de la troisième racine sacrale et reçoit des contingents des racines sus- et sous-jacentes S2 et S4 avec de nombreuses variations anatomiques, sans contribution décrite de S1 ou S5.
•    Le second segment correspond au canal infra-pirifome. Dès après sa naissance, le nerf pénètre la région glutéale sous le muscle piriforme (m. piriformis) et contourne véritablement la terminaison du ligament sacro-épineux (lig. sacrospinale) ; il est alors en contact avec la face ventrale du ligament sacro-tubéral (lig. sacrotuberale). C'est à cet endroit qu'est réalisée une véritable pince ligamentaire. En effet, les phénomènes de sclérose cicatricielle du ligament sacro-épineux vont littéralement plaquer le nerf pudendal contre le ligament sacro-tubéral. Dans notre série, c'est à ce niveau que nous avons enregistré la majorité des syndromes canalaires du nerf pudendal.
•     Le troisième segment correspond au canal pudendal (canalis pudendalis), dit canal d'Alcock. Après avoir contourné la terminaison du ligament sacro-épineux, le nerf va passer sous le plan du muscle élévateur de l'anus (m. levator ani), le long de la tubérosité ischiatique (tuber ischiadicum), dans un dédoublement de l'aponévrose du muscle obturateur interne (m. obturatorius internus) qui forme ainsi le canal pudendal d'Alcock. Là encore les phénomènes de rétraction fibreuse peuvent plaquer le nerf contre le relief osseux, en particulier à la sortie du canal contre l'ischion, mais également par rétraction cicatricielle du muscle élévateur de l'anus ou bien du prolongement falciforme du ligament sacro-tuberal.
A tous ces niveaux, le nerf peut être comprimé, étiré, enflammé ou subir l’effet nocif d’altérations générales.

Le diagnostic
Il s'agit d'une douleur de type névralgique, souvent à forme de brûlure, irradiante, parfois fulgurante, continue ou associant des décharges douloureuses de très grande intensité. Le critère majeur du diagnostic est représenté par la topographie de la douleur dans un ou plusieurs des territoires de distribution des terminaisons pudendales.
Si les douleurs péri anales, rectales, vaginales, labiales, urétrales, clitoridiennes, isolées ou associées selon les cas, orientent vers l'origine pudendale, certaines irradiations, en particulier sus-pubiennes et inguinales, dans le territoire distal du nerf dorsal du clitoris, peuvent donner lieu à des errances du diagnostic.
Cela explique le long parcours de nombreuses patientes avant l'obtention du diagnostic. Près de 90 % de nos cas avaient eu auparavant des explorations inappropriées, radiologiques, gynécologiques, urologiques ou digestives. De la même manière 37 % d'entre-elles avaient subi une intervention chirurgicale, depuis la cœlioscopie en passant par la cure de hernie inguinale, la chirurgie d'un kyste ovarien, et jusqu'à l'hystérectomie. Ces interventions ayant eu parfois l'effet d'aggraver la névralgie.
La douleur peut être reproduite lors des touchers pelviens à l'appui du trajet du tronc du nerf pudendal, réalisant ainsi un véritable signe de Tinel. Ce critère d'examen peut également permettre d’orienter le site anatomique du conflit.
Les autres critères du diagnostic sont l'aggravation de la douleur en position assise, l'existence d'un facteur étiologique ou déclenchant. A ce sujet, la névralgie pudendale peut être révélée par une intervention pelvienne ou périnéale (hystérectomie, traitement d’un prolapsus ou d’une incontinence urinaire d'effort), une exploration médicale endocavitaire (coloscopie, cystoscopie, etc.), un traumatisme. Notre expérience nous conduit à penser que ces évènements se comportent davantage comme des facteurs de décompensation d’une atteinte du nerf pudendal pré existante (syndrome canalaire congénital ?) que comme d’authentiques étiologies.
Enfin la réponse favorable à l'infiltration utilisant un anesthésique local (lidocaïne) est un des critères majeurs du diagnostic. Il est également un facteur de bon pronostic à la chirurgie de décompression.

LA TECHNIQUE DE DÉCOMPRESSION DU NERF PUDENDAL

L'intervention
Shafik est le premier à avoir tenté la décompression du nerf pudendal en utilisant une voie périnéale para anale. Le fil directeur de la dissection est le nerf rectal inférieur qui est suivi jusqu'à l'orifice inférieur du canal d'Alcock. La libération du canal est ainsi réalisée mais l'accès à la pince ligamentaire, qui est le siège le plus fréquent du syndrome canalaire, est difficile voire impossible par cette voie.
Robert par sa voie d'abord trans-glutéale, puis Mauillon et al. abordent par voie dorsale la pince ligamentaire après avoir sectionné le ligament sacro-tubéreux. Le ligament sacro-épineux pathologique peut alors être sectionné pour libérer parfaitement la pince ligamentaire et le nerf pudendal au canal sous-piriforme. L'abord du segment caudal du canal d'Alcock est cependant moins aisé.
Depuis 1998, nous abordons les trois segments du nerf pudendal par la fosse ischio-rectale. L'entrée dans cet espace anatomique, avasculaire, s'effectue chez la femme par une voie transvaginale (104 cas) et chez l'homme, par clivage rectal antérieur (7 cas). La dissection de la fosse ischio-rectale permet d'exposer la face médiale de chaque hémi-bassin après avoir récliné le rectum en dedans. L'objectif de l'intervention est uniquement une décompression du ou des sites intéressés par le syndrome canalaire. Il n'y a donc pas de neurolyse, ni aucune dissection proche du nerf, ce qui évite toute dévascularisation et donc toute fragilisation post-opératoire d'un nerf pudendal présentant déjà parfois des signes lésionnels patents.
L'intervention de décompression débute toujours par l'ouverture du canal sous-piriforme, au bord inférieur du ligament sacro-épineux. Une fois la graisse périnerveuse du canal atteinte, la décompression s'orientera en fonction du siège de la compression.
Dans 90% des cas, la section complète des fibres sclérosées du ligament sacro-épineux est réalisée afin de libérer toute la pince ligamentaire de bas en haut. La section des fibres indurées et plaquées contre le bassin, est souvent véritablement impressionnante expliquant ainsi l'intensité du syndrome canalaire. Cette dissection est effectuée sous contrôle endoscopique et après hémostase minutieuse et progressive à l'énergie bipolaire.
L'intervention peut alors se poursuivre caudalement lorsque cela est nécessaire, en sectionnant les fibres sclérosées du prolongement falciforme du ligament sacro-tubéral jusqu'à pénétrer dans le canal d'Alcock. À ce stade de l'intervention, le doigt peut explorer la totalité du canal pudendal et peut terminer par digitoclasie la décompression en s'assurant de la parfaite libération de l'ensemble du canal pudendal. Cette voie d'abord nous apparaît ainsi idéale pour traiter les syndromes canalaires tronculaires du nerf pudendal pour trois raisons essentielles :
➢    C'est la seule voie qui permette d'accéder aux trois segments du nerf pudendal et, en particulier, à la pince ligamentaire siège de la majorité des compressions.
➢    La décompression et la section intéressent exclusivement des fibres ligamentaires pathologiques (sièges d'une fibrose intense confirmée par l'anatomopathologie) qui plaquent le nerf pudendal contre le bassin ostéo-ligamentaire. Les autres tissus périnéaux ou ligamentaires sont respectés.
➢    Les phénomènes douloureux post-opératoires sont réduits par la quasi-absence de cicatrices, malgré l'importance de la dissection. Cependant, dans 38% de nos interventions, une importante douleur post-opératoire de la fesse, différente de la douleur névralgique, a pu être rapportée. Cette douleur peut être rattachée à la section du ligament sacro-épineux et liée à la variabilité de la richesse en filets nerveux sensitifs de certains ligaments. Elle décroît progressivement durant le premier mois pour ensuite complètement et progressivement disparaître.

Conclusion
La névralgie pudendale est une affection particulièrement invalidante.
Une partie seulement de son mécanisme physiopathologique peut actuellement être expliquée ; bien des points restent aujourd'hui mystérieux.
La prise en charge décrite ici est complexe et nécessite la mise en ouvre d'une équipe multidisciplinaire.
L'intervention de décompression par la voie trans-ischio-rectale donne des résultats particulièrement intéressants (86% à 1 an). Elle impose cependant une bonne habitude chirurgicale de cette voie d'abord et une équipe prête à gérer l'ensemble des suites opératoires.

Eric de Bisschop, Véronique Vaini-Elie, Massonat J.    Buntix J., De Viegler J., Aleman I., Habib L., Patroni G., Siboni S, Shiby V.























Par Pytheas - Publié dans : dossier technique
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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /Fév /2008 10:45
Dr. Guy de Bisschop, Dr. Eric de Bisschop,  André Mamberti-Dias, (MK)  (Marseille)

Introduction

L’anatomie fonctionnelle du plancher pelvien a été parfaitement envisagée par François Mouchel. De nombreuses charges incombent à cette structure anatomique: soutènement des viscères abdomino-pelviens, passage des filières urinaires, génitales et rectales, assurer la continence d’urine ou anale et permettre la miction ou la défécation, intervenir dans l’accouchement. Le plancher pelvien présente donc une constitution dynamique. On comprend aisément que son hypotonie puisse conduire au prolapsus, à l’incontinence, au descending perineum, à l’anorgasmie.
La paroi pelvienne
L’état du complexe osseux pelvi-rachidien joue un grand rôle dans la canalisation des contraintes mécaniques qui pèsent sur le plancher pelvien. Il peut constituer un point de départ primordial des déséquilibres de la statique pelvienne et des prolapsus.
Le plancher pelvien
Le plancher pelvien est constitué par un diaphragme musculaire, le muscle élévateur de l’anus (M.levator ani), avec un hiatus uro-génito-digestif pouvant se dilater et se resserrer.
Il est principalement formé de trois muscles dont l’ensemble correspond à la plaque des releveurs : les muscles ilio-coccygiens (M.iliococcygeus) et pubo-coccygiens (M.pubococcygeus) constituent le véritable plan musculaire du diaphragme. Le muscle pubo-rectal (M. puborectalis), cravate l’hiatus avec le rectum, alors que le muscle pubo-vaginal (M. pubovaginalis) cravate le vagin. Les faisceaux musculaires droit et gauche sont unis en leur centre par le raphé ano-coccygien qui les sépare.

L’innervation est assurée par un long rameau, distinct du nerf pudendal (N.pudendus), en provenance directe du plexus sacral, venant principalement de S3, mais pouvant être renforcé par des racines accessoires venant de S2 et S4, le nerf de l’élévateur de l’anus (NEA). Des travaux anatomiques récents montrent que le muscle pubo-coccygien et ses émanations (pubo-vaginal et pubo-rectal) sont innervés par les.NEA. Le rôle du plancher pelvien est multiple : soutènement des viscères abdomino-pelviens, passage des filières urinaires, génitales et rectales, assurer la continence d’urine ou anale et permettre la miction ou la défécation.  

 
Le muscle pubo-rectal en forme de fer à cheval à concavité antérieure entoure l’hiatus uro-génito-digestif, avec une branche droite et une branche gauche unies dorsalement, permettant de resserrer ou de relâcher ce dernier. Il joue ainsi un rôle important dans la miction, la défécation et l’accouchement. Il serait innervé par le nerf rectal inférieur qui est une branche terminale du nerf pudendal, problème  actuellement discuté. En cas de lésion ou d’hypotonie musculaire l’hiatus peut donner naissance à une ptose viscérale.

 
Du point de vue anatomique, la plaque des releveurs est située au-dessus du plan du pubo-rectal. Sur le plan histologique, ces muscles sont principalement constitués de fibres de type I, c’est à dire de contraction lente et soutenue, peu fatigables, résistant à l’effort (slow-twitch, hightly-aerobic, slow-fatiguing). Il faut prendre en considération ce fait dans le cas du choix des courants d’électrostimulation à utiliser.

Le fascia pelvien

Le plancher pelvien est associé à sa face supérieure à un fascia conjonctif, sorte de filet qui absorbe dans un premier temps les contraintes mécaniques qui s’exercent sur la plaque des releveurs. C’est à ce niveau que se situeraient des capteurs sensibles à ces contraintes.
Les muscles transverses
La stabilité du périnée est assurée par un dispositif musculaire, né des tubérosités ischiatiques, ayant un rôle de poutre, les muscles transverses profond et superficiel du périnée, qui sont solidaires du fascia pelvien. Toute altération de ce système fragilise le fascia conjonctif et ouvre la porte au prolapsus et au périnée descendant.
Le plancher pelvien : un organe en réactivité permanente
La conception nouvelle de François Mouchel concernant l’anatomie fonctionnelle du périnée permet d’aborder le plancher pelvien dans sa globalité, anatomique et physiologique. Il faut le concevoir comme une structure en perpétuelle adaptation en fonction des pressions abdominales et du fonctionnement physiologique (mouvements respiratoires, efforts, dyschésies). Différents capteurs permettent cette adaptation musculaire supervisés par un coordinateur physiologique. Une pression abdominale droite par exemple provoque une réaction correctrice du tonus des faisceaux musculaires de ce champ d’innervation.
Cette conception dynamique jette un jour nouveau sur la méthodologie à adopter.

Considérations étiopathologiques

A l’origine des hypotonies du plancher pelvien, on peut distinguer des causes intrinsèques et des causes extrinsèques.
Causes intrinsèques
Les hyperpressions abdominales chroniques ou répétées fragilisent le tissu musculaire et conjonctif (obésité, poussées au cours des constipations,  bronchite chronique, toux spasmodique…), dysmorphismes rachidiens consécutifs à l’âge, déséquilibres hormonaux de la ménopause, affections myopathiques. Ces altérations ne sont pas obligatoirement  égales sur la plaque des releveurs, mais peuvent prédominer d’un côté, suivant la zone d’hyperpression.
Causes extrinsèques
La principale cause est représentée par l’accouchement. Durant celui-ci, le plancher pelvien est soumis d’une part à la présence directe de l’enfant, et d’autre part à un étirement musculaire par les efforts maternels d’expulsion. Ces agressions étirent et compriment les muscles, les tissus conjonctifs et les nerfs du plancher pelvien. De plus, durant cette phase l’apport sanguin aux tissus est inhibé et provoque ainsi une ischémie avec une hypoxie relative pouvant compromettre la qualité du tissu musculaire.

Conséquences neuromusculaires

Tous ces facteurs qui aboutissent à une diminution du tonus de base du diaphragme pelvien sont portés par des altérations des fibres musculaires que nous contrôlons par une méthodologie électrophysiologique (EMG à l’aiguille et cinésiologique, temps de conduction nerveuse, réflexes sacrés).
D’une manière générale, les atteintes neuromusculaires peuvent être distinguées en quatre groupes:

➢    Les blocs de conduction de caractère passager et réversible. Ils sont sans conséquence organique sur le muscle, mais peuvent devenir lésionnels par leur durée et leur répétition.

➢    Les diminutions des vitesses de conduction nerveuse (allongement du temps de conduction) qu’il ne faut pas confondre avec les dégénérescences du nerf, comme malheureusement le font certains. Ce processus qui correspond à une atteinte des structures myéliniques du nerf, sans toucher l’axone, a peu de retentissement clinique. Par contre, si les différentes fibres nerveuses qui constituent le nerf présentent des ralentissements différents, l’influx nerveux résultant n’arrive pas en phase au niveau du muscle et n’atteint pas un seuil suffisant pour déclencher une réponse des fibres musculaires. On assiste à une diminution des performances du muscle, à son atonie, sans, répétons le, de dénervation. Les choix de l’électromyostimulation en tiennent compte.

➢    Les lésions axonales sont caractérisées par une dénervation. D’après notre expérience (E. de B. : plus de mille explorations), en dehors de certaines atteintes traumatiques ou chirurgicales,  celles-ci sont exceptionnelles dans les cas qui nous intéressent et demeurent partielles, contrairement à l’opinion de certains.

➢    Les atteintes myogènes localisées au niveau des fibres musculaires sans lésions neurogènes périphériques.

Les lésions élémentaires conjonctivo-musculaires du plancher pelvien
Les pressions chroniques ou itératives exercées par l’abdomen sur le plancher pelvien aboutissent à une hyper laxité. Les causes extrinsèques (accouchement) peuvent aussi provoquer des déchirures qui donnent naissance à un tissu cicatriciel. Celui-ci va  évoluer vers une sclérose atrophique qui compromet grandement l’état fonctionnel de cet élément conjonctivo-musculaire de soutien.
Toutes nos études électromyographiques (E. de B. sur plus de 1.000 explorations) ne montrent pas de lésions neurogènes axonales, mais font état au minimum de discrètes altérations des fibres musculaires (surcharges pondérales des viscères abdominaux) et au maximum de lésions musculaires hétérogènes de topographie inégale au sein d’un même muscle (accouchements) et de quelques signes névritiques distaux (neuronite distale).

Conséquences anatomiques

Les distensions du diaphragme pelvien conduisent à une descente des organes génitaux  internes, au prolapsus génital ou rectal, à l’incontinence anale ou urinaire, à l’anorgasmie, au triptyque : dyschésie, descending perineum, neuropathie pudendale.

Lutter contre l’hypotonie périnéale

Les techniques anti-hypotoniques ont une visée préventive et curative. Elles concernent principalement les méthodologies de rééducation. Les considérations que nous avons énoncées sur le plancher pelvien hypotonique justifient l’impérieuse nécessité d’instituer des traitements de tonification musculaire. Dans ce domaine, l’électromyostimulation constitue un moyen physiologique parfaitement adapté, mais dont l’efficacité repose sur deux facteurs incontournables : la nature du courant à appliquer et le type d’électrode-sonde à adopter.
Choix de la nature des courants
Le caractère exceptionnel de lésions axonales permet l’utilisation des fréquences tétanisantes (basse fréquence de 30 Hz à polarité équilibrée ou compensée, dite à moyenne nulle, moyenne fréquence alternative modulée à 30 Hz). Les courants à polarité compensée ont l’avantage de ne pas avoir les effets nocifs des actons polaires (effets électrolytiques tissulaires, risques ionophorétiques…).
On peut distinguer les formes symétriques où la surface et la charge électrique des deux polarités sont identiques. Les effets polaires sont écartés, mais en applications bipolaires, les deux électrodes doivent obligatoirement être placées sur la même zone d’innervation musculaire, sinon quelques effets polaires apparaissent, qui se traduisent par des sensations désagréables, voire douloureuses chez la patiente. Dans les formes d’impulsion asymétriques, l’onde inverse est de même surface et de même charge, mais son amplitude est moindre et sa durée augmentée, ce qui la rend inefficace.

La moyenne fréquence alternative en modulation de basse fréquence de l’onde porteuse présente l’avantage de n’engendrer aucun risque polaire, de ne procurer aucune sensation désagréable et de tenir peu compte des variations de l’impédance des tissus. Ici aussi, les applications sont bipolaires et doivent être situées sur la même zone musculaire.
 
Par suite de la constitution des muscles de l’élévateur de l’anus et du pubo-rectal qui ont une prédominance de fibres de type I, on fait appel à des trains d’action de longue durée (10 ou 15 secondes par ex alternés avec des périodes de repos doubles). Chaque train d’impulsions ne doit pas être administré brutalement. On ajoute au début et à la fin de chaque train une rampe pour éviter cette brutalité.
 
Mais contrairement à ce que beaucoup s’imaginent, l’électromyostimulation ne crée de la force musculaire, à moins de réaliser des contractions puissantes contre résistance, ce qui s’avérerait intolérable dans le cas présent. Par contre, cette modalité biophysique augmente la microcirculation au niveau des fibres musculaires, ce qui d’une part a un effet trophique sur le plancher pelvien et d’autre part a des propriétés de facilitation qui seront bénéfiques pour la rééducation volontaire sous biofeedback-EMG.

Les sondes d’électromyostimulation

De nombreux types d’électrodes vaginales ont fait leur apparition. Malheureusement, dans leur conception il a souvent été fait abstraction de deux facteurs principaux, l’anatomie périnéale et les principes de l’électrophysiologie. En pratique, la sonde vaginale est placée dans l’hiatus uro-génito-digestif, c’est à dire que le champ  de dépolarisation doit traverser différentes structures tissulaires avant d’atteindre son but. De plus, il ne s’agit plus de placer des électrodes sur un point-moteur musculaire ou dans le sens des fibres musculaires mais d’atteindre des sites récepteurs au niveau des innervations terminales des branches du nerf de l’élévateur de l’anus. La zone de stimulation efficace se situe entre les électrodes. La profondeur de l’impact de la stimulation dépend de l’espace inter-électrodes et de l’intensité du stimulus.

La qualité des sondes est primordiale, la réussite du traitement en dépend étroitement. Des sondes dont les matériaux de contact sont de basse qualité ou qui présentent des impédances élevées (électrode + les câbles de connexion) ne laisseront passer qu’une quantité infime de courant. Un appareillage de stimulation moderne, sophistiqué, aux grandes possibilités, peut avoir des résultats quasiment nuls si les sondes sont mal conçues.

Les sondes à bagues circulaires

Elles sont dérivées de l’ancêtre, l’électrode vaginale bipolaire d’Apostoli (1900).
Deux électrodes annulaires sont fixées longitudinalement sur la sonde
(technique bipolaire). Rappelons qu’il ne faut pas croire que l’une des bagues doive être préférablement au contact de la zone à exciter, mais que celle-ci se trouve en réalité à distance, entre les électrodes.
L’action se situe principalement, d’une manière globale, au niveau du muscle pubo-rectal, ce qui est bénéfique au cours des atonies de ce « sphincter ». L’onde de dépolarisation diffuse ensuite en s’atténuant vers les muscles ilio-coccygien et pubococcygien. La résultante est diffuse, globale, partielle et inégale.

Les sondes à bagues circulaires partiellement interrompues  

En dehors de traitements plus spécifiques du pubo-rectal, ce type
d’électrodes est à réserver au traitement des incontinences car
elles évitent la stimulation antérieure vers le corps vésical.

Les sondes à barrettes

On se trouve devant l’imagination des concepteurs qui oublient souvent que :
•    La plaque des releveurs est formée de deux parties bilatérales ayant une innervation sacrale séparée.
•    Le type de courant doit être pris en compte
•    La plaque des releveurs n’est pas homogène, mais est constituée bilatéralement de deux muscles homolatéraux auxquels il faut ajouter le pubo-rectal.
•    Il ne faut pas négliger la sensibilité de la patiente à un type d’électrode.

Les sondes à barrettes de situation latero-ventrale

localisent leur action sur la partie ventrale du pubo-rectal et du pubo-coccygien, puis ensuite sur le raphé ano-coccygien ou le ligament ano-coccygien qui sont inexcitables, le muscle ilio-coccygien n’étant recruté que faiblement ou inégalement.  

Les sondes à barrettes de situation latérale

Leur constitution va à l’encontre des principes d’application des courants à polarité compensée. En effet, les deux électrodes  sont placées sur des zones musculaires d’innervation différente(nerfs sacrés droit et gauche).
La stimulation se comporte donc comme une modalité monopolaire, avec une électrode active et une électrode peu active. Des effets polaires peuvent ainsi se produire.
Ils se traduisent par des effets sensitifs désagréables ou douloureux chez certaines patientes (sujets âgés principalement).

Les électrodes digitales ponctuelles

Ce dispositif très spécifique est constitué par l’extrémité d’un doigt de gant chirurgical sur le sommet duquel sont fixées deux petites électrodes circulaires. On peut ainsi stimuler des structures neuromusculaires d’une manière précise et ponctuelle. Il est utilisé par le Dr. E. de Bischop en modalité per opératoire pour les décompressions chirurgicales du nerf pudendal.

Les sondes avec électrodes hémisphériques et bilatéralisation indépendante

Le but de ce type de sonde de la nouvelle génération est de pouvoir stimuler indépendamment les deux côtés de la plaque des releveurs. Elle est formée de quatre électrodes (2 par 2 de chaque côté) reliées à 4 fils de connexion indépendante. Les principes de la stimulation par impulsions à polarité compensée sont ainsi respectés.
De plus, le caractère individuel des connexions permet de s’adapter à plusieurs schémas d’électrostimulation (modalité interférentielle, couplages électrode endocavitaire – électrode de surface).

Ce type de sonde comble ainsi les déficits topographiques des champs de stimulation qui viennent d’être décrits dans l’arsenal médico-commercial de la plupart des sondes proposées. Il a été validé par une étude expérimentale multidisciplinaire très sérieuse (M. Bernard, MC. Cappelletti, S. Galliac-Alanbari, G. Philippe).
Enfin, son utilité s’avère précieuse pour la captation de l’information au cours du biofeedback-EMG.

Le biofeedback-EMG

A la suite d’une série d’applications d’électromyostimulation, les constituants du muscle élévateur de l’anus sont bien vascularisés, les fibres musculaires ont retrouvé leur trophicité, les lésions myogènes se sont cicatrisées, les réponses musculaires à la commande nerveuse volontaire et réflexe sont facilitées. Mais, comme nous l’avons signalé, les techniques d’électrostimulation n’augmentent pas la force musculaire, dans les conditions anatomo-physiologiques présentes. Ce sera le rôle de la rééducation volontaire et dans le cas actuel, principalement du biofeedback-EMG. De plus, les surcharges du plancher pelvien peuvent être bilatéralement inégales. La commande volontaire ne peut dissocier l’activité des deux côtés. Cela est rendu possible par le biofeedback-EMG, grâce aux sondes à deux canaux.
De plus, L’EMGBF a aussi un rôle d’évaluation neuromusculaire. Elle fournit au thérapeute des renseignements sur le fonctionnement musculaire qui dépassent nettement en précision les conclusions cliniques basées sur la palpation, les mesures empiriques de force ou les évaluations subjectives. Elle permet d’extérioriser une différence possible d’activité entre les côtés droit et gauche du plancher pelvien, à l’aide des sondes en bilatéralisation indépendante.
Principes et rappel physiologique
Le biofeedback-EMG (EMGBF) consiste à recueillir l'activité musculaire par électromyographie globale, à l'aide d'électrodes de contact. Cette activité électrique est amplifiée et intégrée. La contraction musculaire est alors rendue consciente au patient, d'une manière visuelle dans le cas présent, sous la forme d'une courbe sur un moniteur vidéo dont l'amplitude reflète l'activité musculaire et ses modulations éventuelles De plus, la fixation sur l'écran de la courbe idéale à atteindre permet au patient de tendre progressivement ses efforts pour atteindre le but final. Une mémorisation permet à chaque séance de revisualiser les performances obtenues lors des séances précédentes. Le sujet et le thérapeute peuvent ainsi apprécier la qualité et la nature des progrès.
Nous nous bornerons uniquement au rappel de quelques notions nécessaires à la compréhension du biofeedback-EMG (EMGBF).
Le principe du biofeedback repose sur la conception des activités en chaîne fermée.

Le système ouvert ne traite que l’information constituant le signal d’entrée (Se). Il travaille aveuglément. Le dispositif n’est pas informé de son intervention sur le domaine D. Dans le système fermé, le dispositif est informé des résultats de son intervention grâce à une connexion de retour (Sr) ou feedback. Co = comparateur participant au codage spatial et temporel des influx neuromusculaires.
La boucle feedback est capable de s'autoréguler, le résultat venant modifier l'émission. Un exemple simple est donné par le thermostat réglant le fonctionnement d'une chaudière : d’après une valeur de référence fixée à l’avance, la source de chaleur augmente ou diminue pour corriger des variations de température. Il en est de même pour un missile dont la trajectoire est sans cesse normalisée par le but à atteindre. (feed back ou closed loop).
Cet exemple peut être superposé aux fonctions du système neuromusculaire. Le niveau zéro du motoneurone n’est pas un zéro absolu, car dans ce que nous ressentons habituellement comme étant un état de repos le potentiel musculaire est variable selon les sujets. Les états de veille se traduisent par une augmentation de ce potentiel, et les états de repos par une diminution. Dans le muscle l’état de repos est déterminé par la tension permanente des fuseaux neuromusculaires dont la résultante peut s’extérioriser et se mesurer par l’électromyographie (EMG) telle qu’elle apparaît sur les courbes de l’EMGBF lorsque les appareils sont suffisamment sensibles.
Toute l’homéostasie repose sur ce concept d’autorégulation.  Des capteurs décèlent les écarts des constantes biologiques par rapport à des plages de référence. Des mécanismes de correction entrent alors en activité.
En termes de cybernétique le système neuromusculaire constitue un servomécanisme, c’est à dire un système asservi à une information extérieure permettant de maintenir l’équilibre réponse-commande malgré les modifications du milieu. La boucle feedback peut être considérée comme un servomécanisme. Au schéma anatomique, nous pouvons superposer un schéma cybernétique.
Le servomécanisme qui règle l’activité tonique de base du fonctionnement neuromusculaire est régulé à son tour par les centres nerveux supérieurs, notamment le cervelet et la formation réticulaire
De plus, il existe dans l’organisme des synapses inactives et des circuits dormants ou inhibés d’une manière physiologique, qui peuvent ainsi être mis en activité pour compenser un déficit fonctionnel.
Les synapses peuvent également mémoriser des informations. Chaque fois que certains types de signaux sensoriels franchissent les synapses d’un circuit de neurones, celles-ci développent de plus en plus d’aptitude à transmettre les mêmes types de signaux, c’est le processus de facilitation. Si les mêmes signaux traversent la synapse de nombreuses fois, la facilitation devient de plus en plus opérante. C’est ainsi que la répétition de l’information de l’activité musculaire, court-circuitant par les voies visuelles, facilitera la mise en activité de nouvelles connexions nerveuses.

La captation de l’information

Elle est réalisée par les sondes porteuses d’électrodes impolarisables et de résistance nulle.
La distance inter électrodes doit être calculée de telle manière que le volume-conducteur (volume de tissus capté par les électrodes) ne fasse pas intervenir des muscles étrangers au but recherché. En effet, une distance trop grande augmente le volume-conducteur.

En règle générale, les électrodes détectent des signaux mesurables jusqu’à une profondeur égale à celle de la distance inter électrodes. Plus la distance entre les deux électrodes augmente, plus les signaux captés proviennent de la profondeur des tissus. Des électrodes rapprochées ont un effet superficiel, sélectif.
Toutefois, la détection du signal biomusculaire peut être limitée ou altérée par le rapport de l’énergie du signal détecté avec celui du  bruit de fond.

Le bruit de fond

Le bruit de fond peut provenir de sources variées:
Composants électroniques des dispositifs de détection et d’enregistrements, sources électromagnétiques (radio, télévision, lampes fluorescentes etc.), artéfacts provenant des interfaces électrode-tissus, des câbles de connexion etc.), instabilité des fréquences entre 0 et 20 Hz

Dans le but de réduire l’influence du bruit de fond, on utilise pour amplifier le signal des amplificateurs différentiels. Les deux électrodes de l’application bipolaire sont placées sur la même zone d’innervation musculaire. Chacune d’elle dérive le potentiel musculaire par rapport à une électrode commune de référence. L’amplificateur amplifie ainsi la différence entre ces deux valeurs, ce qui est défini par le « rapport du mode de réjection ».

Le signal EMG

L’amplitude du signal EMG présente une distribution gaussienne. Elle se situe entre 0 et 10 mV, avec une fréquence de 0 à 500 Hz. L’énergie musculaire dominante est couverte entre 50 et 150 Hz.
Traitement de l’information
Les potentiels musculaires ont un voltage de très faible amplitude. Ils sont d’abord traités par un amplificateur. Ils peuvent alors être visualisés sur un oscillographe cathodique.
Les tracés ont une certaine fréquence intrinsèque. On ne garde qu’une plage qui élimine les fréquences basses, responsables de fluctuations lentes nuisant à la stabilité de l’enregistrement, et les fréquences hautes qui sont inutiles en EMG de surface. Toutefois, il faut éviter les appareillages ne fonctionnant que dans une bande étroite (32 à 200 Hz). Une plage située entre 20 et 1 000 Hz est souhaitable en EMG cinésiologique.
En réalité, les signaux EMG ont une morphologie triphasique dont les constituants sont situés de part et d’autre de la ligne zéro. Afin de disposer de l’ensemble de ces constituants, on redresse toutes les alternances situées d’un côté de la ligne zéro : courbe EMG redressée.
Puis, la surface globale des potentiels redressés est automatiquement calculée, et donne naissance à une courbe dont l’amplitude quantifie le degré d’activité du muscle. Cette étape caractérise l’intégration du signal. Elle est épurée de tout potentiel parasite, le lissage de la courbe.


Visualisation

Le signal EMG ainsi traité est présenté sur un écran. Les courbes correspondant aux sondes à deux canaux sont distinguées par des couleurs différentes. La mémorisation permet de suivre comparativement la progression des améliorations .
La mémorisation de la séance  est possible sur une fiche informatisée enregistrant toutes les courbes de biofeedback au cours d’une séance. Cette pratique permet des contrôles comparatifs et une impression des résultats obtenus de séance à séance.

Conclusion

Des surcharges pondérales viscérales chroniques ou répétées, les accouchements sont les causes principales des hypotonies du plancher pelvien. Celle-ci constitue une épée de Damoclès suspendue au-dessus d’une partie de la population à partir d’un certain âge. Non seulement elle ouvre la voie chez la femme à une descente des organes internes, au prolapsus, aux dysfonctionnements génito-urinaires. Pour lutter contre état et ses prédispositions, les techniques de musculation sont insuffisantes par suite de limitation de l’acte volontaire et par l’impossibilité de faire contracter d’une manière sélective les parties droite et gauche des muscles élévateurs de l’anus. Pour combler ces lacunes l’électromyostimulation par voie endovaginale constitue une aide précieuse. Mais le choix des courants et la conception des sondes doivent répondre à des critères anatomo-physiologiques précis. L’électromyostimulation rend les muscles de la plaque des releveurs plus réceptifs à la commande volontaire, elle écarte l’ischémie musculaire et conjonctive. Elle place le biofeedback-EMG dans des conditions optimales. Du point de vue pratique, on cherche à rendre conscient un certain nombre d'activités musculaires qui étaient normalement inconscientes, dans le but que le patient puisse ainsi modifier, régulariser et améliorer les fonctions déficientes. Qu’il s’agisse de l’électrostimulation ou du biofeedback, une grande minutie s’impose dans le choix des sondes et des applications.

Références


1.    Bisschop (de) E. La participation radiculaire et vertébrale dans certains dysfonctionnements du nerf pudendus. A propos de 456 explorations. XXIII Congrès de la SIFUD. Ile Maurice 2000.
2.    Bisschop (de) E. Pathologie lombo-saqcrée et perturbations périnéales. SMS Méd Sport 2001;32:31-4.
3.    De Ribet, RM. Anatomie schématique de l’appareil nerveux. Paris : Doin, 1953.
4.    Rouvière H. Anatomie humaine. Paris : Masson, 1959.
5.    Bisschop (de) G, Jenoure R, Dumoulin J, Bence Y, Gouget JL, Bisschop (de) E. Le biofeedback-EMG. Med Sport 1999,73.34-42.
6.    Mouchel F. Connaître et comprendre la nouvelle anatomie fonctionnelle. Le plancher pelvien, cet inconnu. In : Beco J, Mouchel J, Nelissen G. La périnéologie. Comprendre un équilibre et le préserver. Verviers : Odyssée 1372, 1998:
7.    Bisschop (de) G, Commandré F, Chedly Hamouda A, Dumoulin J. Considérations générales sur les agents physiques thérapeutiques. Med Sport 2002,41.4-9.
8.    Bisschop (de) G, Bisschop (de) E, Commandré F. Electrophysiothérapie. Paris : Masson, 1999.
9.    Mamberti-Dias A, Philippe Gh, Cappelletti M, Bisschop (de) G. Rééducation du plancher pelvien. Marseille :Sugar, 1998.

 
Par Pytheas - Publié dans : dossier technique
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Mercredi 20 février 2008 3 20 /02 /Fév /2008 09:46
Docteur Jacques WAYNBERG
Médecin, psychothérapeute, juriste et écrivain
Directeur de l’Institut de sexologie et du Diplôme
Universitaire « sexologie et santé publique »
Institut de sexologie -   57, rue Charlot
75003 Paris – tel. 01 42 71 10 30.
waynberg@club.fr



Les rapports sexuels pénibles constituent des motifs de consultation plus fréquents qu’autrefois. L’«inconfort érotique» est lié à de nombreux facteurs organiques, mais également à des fautes de conduite qui doivent être diagnostiquées avec le même soin. L’importance remarquable de telles plaintes chez la femme ne doit pas masquer les nombreux cas masculins, car au bout du compte, ce sont entre 5 et 10 % des couples qui accusent une réelle déstabilisation relationnelle pour de tels motifs balistiques. Les conseils et la prescription d’un gel artificiel lubrifiant s’insèrent désormais dans la conduite à tenir face à de tels problèmes.

A QUOI SERT LA LUBRIFICATION ?

Le rapport sexuel est composé d’un assemblage de gestes, de postures, de mouvements, et d’un dialogue amoureux s’exprimant en termes de mimiques et de verbalisations conventionnelles… mais l’émotion est produite en fin de compte, aussi bien par l’intensité des transactions affectives, le travail de l’imaginaire, que par la somme des perceptions sensorielles échangées. Faut-il rappeler que de toutes les perceptions sollicitées et offertes, le toucher détient une part tout à fait primordiale ?

C’est sans doute par habitude (ou par pudeur) que l’on décrit aujourd’hui encore la fonction érogène de la lubrification en la limitant aux effets de la seule lubrification vaginale dans le coït. En réalité, son action sur les zones érogènes, aussi bien chez l’homme que chez la femme, facilite et rehausse deux catégories de pratiques érotiques : la caresse et la pénétration.

Chez l’homme, les stimulations tactiles de la verge tournent court, si les gestes ne sont pas secourus par l’application régulière d’un produit mouillant, afin de protéger la muqueuse contre une possible irritation… ou de produire un enrichissement indéniable des sensations. A vrai dire, ici, tout dépend de la «hauteur» du projet érotique, car il faut admettre que la sécrétion des glandes de Cooper (implantées de part et d’autre de la portion proximale bulbaire de l’urètre) qui accompagne habituellement toute séquence d’excitation sexuelle, peut suffire à humecter et protéger le gland si les manœuvres ne sont que passagères et peu appuyées. Ailleurs, le recours à la salive ou à un lubrifiant artificiel est non seulement une preuve de saine curiosité, mais une initiative nécessaire pour assurer aux caresses toute leur hospitalité.

Chez la femme, les secrétions génitales abondantes masquent bien sûr la sécheresse de la zone clitoridienne et bien que tenu secret le plus souvent l’échec de sa stimulation est très fréquemment lié ici aussi à l’irritation des muqueuses. Les caresses clitoridiennes exposent la femme à un risque accru d’inconfort du fait même que l’expérience orgastique fasse parfois défaut : l’anorgasmie habituelle et invincible condamne la femme à accueillir de telles sensations sans grande émotion voire, comme chacun sait, sur un mode incontestablement algique. La maturité et l’expérience enseignent aux partenaires un savoir faire minimum leur inspirant plus de prudence et de «tact», mais ici encore, l’action bénéfique d’une lubrification artificielle se justifie et s’explique.

Le coït naturellement, représente le moment privilégié pour s’inquiéter de la qualité et de l’abondance de la lubrification vaginale puisqu’à ce stade l’intromission ne doit rencontrer aucun obstacle et ne déclencher aucune gêne. S’il est aisé de lire partout comment cela fonctionne et à quel point ces mécanismes réflexes sont exposés à des défaillances plus ou moins définitives, les études concernant le couple dyspareunique ne sont pas légion. Or, la pratique clinique enseigne qu’en définitive : «n’est pas dyspareunique qui veut». Il y a des femmes sèches qui ne se plaignent pas, et celles qui trouvent d’elles-mêmes les moyens d’y remédier, quel que soit leur âge, à l’insuffisance de leurs secrétions naturelles. Il y a les partenaires qui s’en inquiètent, et ceux qui à l’inverse ne s’en soucient pas. Dans le coït, la lubrification vaginale joue ainsi non seulement un rôle mécanique, mais elle possède aussi disons une «fonction allégorique», témoin de l’histoire des partenaires et de l’espérance de vie du couple.

UNE DYSPAREUNIE PEUT EN CACHER UNE AUTRE

Les constats de «sécheresse vaginale» qui aboutissent aux diagnostics de Dyspareunie ne doivent donc pas enfermer l’entreprise médicale dans la seule cure symptomatique des facteurs étiologiques en question, mais couvrir également les secteurs plus vastes de l’information sexuelle, du conseil conjugal, de l’éducation érotique. Les difficultés d’une telle prise en charge ne tiennent pas à l’impréparation sexologique des thérapeutes –souvent évoquée par des praticiens trop modestes- mais aux réticences des intéressés eux-mêmes sans honte de ce type de demande d’aide.

Chez l’homme, la dyspareunie présente la particularité d’être peu soumise à des exacerbations psychogènes –les somatisations se manifestant plutôt sous le masque d’une dyséjaculation ou de troubles de l’érection- et de diagnostic clinique généralement aisé. En somme, les manœuvres de stimulations du gland, la verge en érection, exposent le sujet à des désagréments insupportables dans un petit nombre de cas de figure : difficultés anatomiques empêchant le coulissage du prépuce, dont les phimosis et les raccourcissements du frein dont les prétextes les plus fréquents, mais de toute manière, toute érosion ou ulcération, facilement découvertes à l’examen. Il reste à ne pas faire l’impasse sur les rituels érotiques du couple, afin de découvrir la persistance de pratiques masturbatoires intempestives ou inadaptées, avant d’incriminer la sécheresse vaginale de la partenaire comme facteur étiologique principal. Il faut bien avouer cependant que les hommes consultent très rarement pour de telles nuisances et que la perspicacité du praticien est souvent seule en mesure de mettre à jour la responsabilité de telles sensations négatives à l’origine d’une mésentente conjugale. Est-ce assez démontrer l’utilité de sortir de sentiers battus et de ne pas hésiter à proposer l’usage d’une lubrification artificielle à de tels patients ?

Chez la femme, on l’a vu, il est nécessaire d’étendre le champ des dyspareunies aux stimulations clitoridiennes douloureuses, sachant que si l’organicité doit être recherchée avec soin, il reste que la dimension psychosomatique interpelle en permanence la femme elle-même, le partenaire… et le praticien.

Les circonstances de la consultation sont multiples, mais appartiennent à deux catégories de faits :

-    La dyspareunie entre dans le cadre d’une pathologie déjà identifiée et en cours de traitement, qu’elle soit gynécologique ou digestive, urinaire, ostéoarticulaire.

-    La dyspareunie est apparemment isolée, et alimente seule la plainte de la patiente : douleur datant déjà du tout premier rapport, ou d’installation secondaire, mais étroitement liée à sa biographie.

C’est l’intolérabilité de la douleur qui constitue le motif commun de la plainte ; exacerbation du symptôme qui peut, soit apparaître après une certaine phase de latence, soit laisser un espace libre entre des périodes plus pénibles, soit recouvrir sans rémission toutes les expériences sexuelles… en réalité, l’évaluation subjective du seuil de tolérance ne tient pas vraiment compte de l’importance et de la curabilité des lésions organiques chez la femme, ce sont surtout des considérations symboliques (séquelles post-opératoires invalidantes, inesthétiques…) et affectives (qualité de la relation affective, compréhension du partenaire…) qui influencent son appréciation.

Lorsque cette souffrance n’est pas d’installation «primaire» -cas moins fréquent parce qu’évoluant très rapidement vers le vaginisme- ce qui est remarquable, c’est que cette douleur ne soit pas «en soi» une dysfonction, elle n’est qu’un symptôme de transition, une voie de passage entre l’eupareunie et l’anorgasmie secondaire, la mésentente conjugale, le vaginisme. Quand les rapports sexuels deviennent plus pénibles que gratifiants, la dyspareunie n’évolue pas isolément, elle se complique immédiatement de réactions de défense (refus, agressivité, inhibition sensorielle) et d’évitement, qui sont autant de facteurs déclenchants d’une dysfonction plus invalidante encore.

Les somatisations névrotiques empruntent le même itinéraire, et la douleur cette fois sans substratum anatomo-clinique plausible, fait office, de la même manière, de transition entre une sexualité peut enthousiasmante et la possibilité légitime de s’y refuser…

PRESCRIRE ET CONSEILLER

Si l’indication d’un lubrifiant industriel est un geste banalisé par le gynécologue ou le praticien auxquels s’adressent un couple ou une patiente, on devine aisément que la prescription ne peut clore la prise en charge. Mis à part les embûches que l’on peut rencontrer donc dans la découverte et le traitement des affections organiques en cause, semble-t-il, deux catégories d’obstacles entravent la bonne marche des secours attendus : les imperfections méconnues ou incurables de la compétence érotique d’un ou des partenaires, et, comment ne pas conclure sur ce point, les qualités et les limites des produits conseillés.

A propos de l’érotisme, point de salut en quatrième vitesse, car l’opacité des ritualisations d’un couple s’oppose à l’efficacité des phrases de bon aloi que l’on échange au terme d’une consultation. Aborder la question de l’enrichissement sensoriel, dans le prolongement de la cure d’une dyspareunie n’est pas un exercice facile, et du reste, une dimension nouvelle que peu de couples nous autorisent à évoquer.

En ce qui concerne les produits, au contraire, les utilisateurs font preuve d’exigences dont il faut tenir compte, ou de préjugés qu’il faut décourager. Ce n’est pas seulement en effet, le «pouvoir mouillant» qui réconforte et réconcilie, mais la couleur, la consistance, l’odeur… et la présentation d’un lubrifiant. Sans saveur et hydrosoluble, tel apparaît le produit «idéal», mais que rétorquer à ces patientes qui ne jurent que par la vaseline ? Affaire de goût personnel, certes, l’important n’étant pas pour le couple d’accepter docilement un conseil ou une ordonnance, mais de s’en servir pour gagner son droit au bonheur.

Produit conseillé
LUBRAN - gel lubrifiant aqueux
En vente en pharmacie ou auprés de Sugar international - Tel: 0033 0 442 047 248



Réf. :
WAYNBERG J. : Guide pratique de sexologie médicale. Editions SIMEP, 1994.
WAYNBERG J. : Le dico de l’amour. Editions Milan, 1999.
WAYNBERG J. : Jouir, c’est aimer. Editions Milan, 2005.


Par Pytheas - Publié dans : article de vulgarisation
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Mercredi 20 février 2008 3 20 /02 /Fév /2008 08:54
L‘électrothérapie en question : quelques rappels simples pour mieux la comprendre et y voir plus clair en stimulation pelvi-périnéale .......

La forme d’onde

La forme d’onde du courant de stimulation a souvent été l’objet de discussions et même malheureusement de spéculations.
Pour obtenir une contraction stimulée d'un muscle, il est nécessaire de produire une dépolarisation d'une ou plusieurs unités motrices. Le mode plus simple prévoit l'application d'un flux de courant en correspondance avec un "point moteur" (ou plaque motrice) ou alors au point où la fibre nerveuse s'insère sur la fibre musculaire.
Le tissu humain ayant, du point de vue électrique, un comportement de type capacitif, il a été démontré que la meilleure efficacité de l’electrostimulation est obtenue avec des courants impulsifs, caractérisés par un front de montée raide.
La largeur d'impulsion optimale correspondra à la valeur de "chronaxie" caractéristique du muscle à stimuler. Un courant à impulsions monophasiques peut être suffisant. Toutefois l'emploi d'impulsions biphasiques permet d'obtenir les mêmes résultats avec un meilleur "confort" pour le patient. L'impulsion biphasique, n'étant pas polarisante, ne produit donc pas d'effets galvaniques et peut être employée même en présence de zones présentant des prothèses métalliques.
Les impulsions biphasiques peuvent être de différents types et en particulier biphasiques symétriques et symétriques alternées.
Les premières (biphasiques symétriques) sont généralement les plus aptes au traitement d'un faisceau musculaire bien individualisé. L'électrode active est celle reliée au pole positif (fil rouge).
Les secondes (biphasiques symétriques alternées) sont plus aptes au traitement simultané d'un groupe de muscles, en utilisant le même canal de stimulation.
 
Le courant alternatif biphasique à moyenne nulle
:
les électrodes, dans ce cas, assument alternativement le rôle de "active", et c’est le cas en électrostimulation pelvi-périnéale.

La fréquence de stimulation

Nous avons défini la forme de l’onde de l'impulsion et, avec une seule impulsion, nous pouvons même obtenir une contraction musculaire momentanée (vibration). Toutefois, pour obtenir une contraction soutenue, nous devons fournir "un train" d'impulsions, caractérisé "par une fréquence" (au moins 30 impulsions par seconde). La fréquence peut être définie comme la quantité d'impulsions qui sont fournies dans une seconde.
La fréquence idéale de stimulation dépend de la composition du muscle à stimuler. Chaque muscle est composé de pourcentage différent de fibres lentes, caractérisées par un métabolisme aerobique, et des fibres rapides, caractérisées par contre par un métabolisme anaerobique. En voulant stimuler un muscle dans lequel prévalent les fibres lentes (fibres toniques), nous devons utiliser des fréquences relativement basses (de 1 à 30 Hz). Si par contre nous devons stimuler un muscle capable de développer des pics de force élevée, et donc composé principalement de fibres rapides (phasiques), nous devrons utiliser des fréquences plus élevées (de 50 à 120 Hz).
La fréquence des impulsions peut même déterminer l'objectif de l’électrostimulation, en tant qu’entraînement passif. Les caractéristiques d'un muscle en effet, peuvent être modifiées au moyen de l’électrostimulation. Les électrostimulations à des fréquences élevées peuvent "transformer" partiellement les fibres toniques en fibres phasiques, ces dernières caractérisées par un plus grand développement de la force instantanée, au préjudice de la résistance musculaire.
Une fréquence très basse (de 1 à 10 Hz) est très bien tolérée par n'importe quel muscle, comme un massage tonifiant, ne produisant pas de fatigue musculaire. L'effet physiologique est lié à une amélioration de la vascularisation sanguine desfibres, au niveau capillaire, qui aboutit à une amélioration de l'alimentation de la fibre musculaire et à une facilité de l'élimination de catabolisants (par absorption).

La largeur d'impulsion

Selon les études scientifiques actuelles, la forme d’onde la  plus apte pour obtenir une contraction musculaire est l'impulsion biphasique symétrique.
La largeur de l'impulsion doit être telle qu’elle doit permettre un transfert d'énergie suffisante pour  exciter les fibres musculaires. Une largeur supérieure n’apporte pas d’avantages supplémentaires, et peut par contre créer une gêne inutile au patient, au travers de la stimulation des fibres nerveuses sensitives. La largeur idéale de l'impulsion de stimulation correspond à la valeur de la Chronaxie du muscle à stimuler.

Chaque muscle est caractérisé par une valeur de chronaxie, qui exprime intrinsèquement la composition neuromusculaire et la destination fonctionnelle. Dans le cas des muscles pelvi-périnéaux la chronaxie est impossible à réaliser avec les moyens habituels. Les études réalisées par Fall notamment ont conduit à adopter des largeurs d’impulsion faibles comprises entre 150 et 300 µs.

Les 4 phases de l’électrostimulation musculaire

L’électrostimulation musculaire, surtout de type phasique rapide, comme du reste la contraction volontaire, doit prévoir une phase de contraction (stimulation), suivie d'une phase de repos (pause). La phase de repos est très importante pour le muscle. En effet pendant la contraction, la circulation capillaire est nécessairement entravée et, si le muscle restait en contraction longtemps, sans une phase de repose logique, on vérifierait la soi-disant "ischémie" ou bien une insuffisance d'irrigation sanguine, très nuisible pour les tissus humains.
Le flux sanguin capillaire, entravé pendant la contraction, mais facilité pendant  la pause, constitue le moyen principal d'alimentation des tissus. Les muscles, en particulier, en tirent tous leurs éléments indispensables pour la production d'énergie (oxygène, protéines et enzymes divers).
Les critères de sélection des temps de Stimulation et de Pause sont en fait assez simple, même si nécessairement empiriques : plus importante est l'intensité de la stimulation, plus réduit devra être le temps de la phase de stimulation par rapport au temps de la phase de repos.

Muscle    Chronaxie min.(µsec)    Chronaxie max (µsec)
Deltoïde           80                                    130
Pectoral            80                                    150
Biceps               70                                    100
Abdominal        90                                     180
Quadriceps      100                                   500
Biceps fémoral 180                                  2000
Fessier             100                                    150
Tibial                500                                  1000
Jumeaux           100                                    800
Péroné               200                                  1700

Exemples de valeurs min. & max. de Chronaxie, statistiquement observables sur quelques muscles squelettiques d’un sujet sain.

Les critères de sélection des temps de Stimulation et de Pause sont en fait assez simple, même si nécessairement empiriques : plus importante est l'intensité de la stimulation, plus réduit devra être le temps de la phase de stimulation par rapport au temps de la phase de repos. En somme : si je stimule un muscle pour obtenir une contraction maximale, je devrai limiter le temps de contraction à très peu de secondes et introduire, entre une contraction et l'autre, une période de  repos égale à au moins 5 fois la période de contraction. Pour simuler une  contraction volontaire ou simplement pour rendre moins fastidieuse la stimulation, il peut être avantageux d’introduire une phase de progression et une phase de régression de la stimulation. Nous appellerons ces deux nouvelles phases respectivement Montée et Descente.

Le niveau de stimulation

Il n’existe pas de formules mathématiques pour la détermination du niveau optimal de la stimulation électrique. L'intensité doit être suffisante pour provoquer le niveau de contraction désiré, mais sans gêne ou même douleur pour le patient. Il ne faut pas d'autre part oublier que la quantité de fibres musculaires recrutées ne dépend pas seulement de l'intensité appliquée mais aussi et surtout de la position des électrodes. Très souvent il est suffisant déplacer de quelques millimètres une électrode, pour obtenir une contraction supérieure.
L’habitude de porter l’électrostimulation à des niveaux maximaux, souvent au-dessus du seuil de la douleur, est une pratique à réaliser avec une extrême circonspection et de toutes les façons à éviter en stimulation périnéale ; l'innocuité des électrostimulations à haut niveau n'a pas encore été avalisée scientifiquement, et les éventuels effets de l’hyper stimulation sur les dégâts musculaires possibles n’ont pas encore été suffisamment étudiés.
Nous ne savons pas, en substance, si un niveau de stimulation élevé, à la limite du seuil de tolérance, peut être nuisible pour les fibres musculaires ou nerveuses. Habituellement, pendant une séance de renforcement musculaire, le patient est invité à développer l'intensité toutes les 3 ou 4 contractions ; cela devient presque indispensable, en considération de la fatigue progressive des fibres phasiques.
On cherche en somme "à remplacer" le niveau minimal de force produit, à cause de l'inexcitabilité de quelques fibres fatiguées, avec le recrutement d'autres fibres musculaires, caractérisées par un seuil d'excitation plus élevé.

ATTENTION !  Pendant les électrostimulations il est inévitable d'avoir un effet analgésique, à travers l'hypersécrétion d'endorphine. La douleur éventuellement provoquée par les électrostimulations, qui dans quelques cas pourraient constituer un seuil de sauvegarde, est atténuée par l'effet antalgique de l’électrostimulation elle-même. Le bon sens et la modération restent toujours le meilleur guide !

Le positionnement des électrodes

On sait  qu’un générateur d'électricité, pour produire un flux de courant, doit être "fermé" sur une « charge « .
Cette charge dans l ‘électrostimulation, est représentée par le muscle que l’on veut stimuler. La liaison entre le générateur électrique et la zone à traiter (chargée) est obtenue à travers un couple d'électrodes conductibles, qui ont la charge de transférer un potentiel électrique (tension) jusqu’à la zone de chargement (muscle).
Un circuit fermé, par où passe le courant, prévoit au moins une paire d’électrodes. Il n’est pas possible d’obtenir un flux de courant avec une seule électrode. Un flux de courant comporte toujours un point d'entrée et un point de sortie. Si l’objectif de l’électrostimulation est de produire une contraction musculaire, au moins une des deux électrodes doit être positionnée au contact du muscle à stimuler.

Quelle est la meilleure position pour une électrode intra-cavitaire ?

Dans un muscle, le point plus sensible à l’électrostimulation est le soi-disant "point moteur"; et c’est justement en stimulant en contact avec un point moteur que nous pouvons obtenir le meilleur recrutement musculaire, avec le minimum de dépense d’énergie. L'autre électrode peut être théoriquement appliquée dans n'importe quelle partie du corps, pour fermer le circuit électrique.
En pratique habituelle on applique la seconde électrode (ou l'électrode passive) sur ou le long du même muscle, en position proximale (en amont).
En stimulation périnéale la distance entre les 2 électrodes reste donc assez proche et en pratique courante ne dépasse pas la longueur utile vaginale ou anale.
En voulant stimuler deux muscles contro-latéraux (par exemple sur deux jambes), il est même possible de positionner les deux électrodes du même circuit (mono-canal), sur les respectifs points moteurs des 2 muscles. Dans cette configuration les deux électrodes ont un rôle actif. Une précaution importante, en ce cas, sera d'éviter un positionnement trans-thoracique ou bien d'éviter que le flux de courant puisse inclure la région cardiaque.
En voulant utiliser un seul canal pour stimuler deux muscles controlatéraux ou bien le même type de faisceau musculaire sur deux membres, il sera opportun de vérifier qu'ils ne stimulent pas aussi des faisceaux musculaires étrangers. Le point moteur est ce qui répond le mieux à l’électrostimulation donc, pour le déterminer avec exactitude, il suffit de chercher à stimuler des zones contiguës, à une intensité pré-fixée, à proximité du corps (ventre) du muscle.
En pelvi-périnéal nous stimulons ainsi des groupes de muscles proches et espacés d’environ 1 à 3 cm (espace entre 2 électrodes de la sonde) : ischio-coccygien et pubo-coccygien par exemple. Mais l’influx électrique se propage par les terminaisons nerveuses au nerf puddendal et emprunte ensuite des voies différentes selon la fréquence hertzienne. La stimulation est donc dite en mode réflexe pour la stimulation périnéale.

A. Mamberti-Dias






 
 
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Mercredi 30 janvier 2008 3 30 /01 /Jan /2008 10:41
Suite article N° 2


3- Physiotherapy

3-1: neuromuscular electric stimulation
3-2: biofeedback training.

3-1 Therapeutic aspects of intra vaginal stimulation

    The position of vaginal or anal electrodes is very important. With vaginal electrodes it has been demonstrated that there is correlation between position and maximum urethral closing pressure (MUCP) if the electrode is on the muscle during stimulation. The best responses are obtained with electrodes in close proximity to the voluntary muscles of the pelvic floor (PC – IC) and to the pudendal nerves. The contractile response is always greatest when the electrodes are in close contact with the musculature of the levator ani.
    The surface of the electrodes should be sufficient to allow an effective action with a minimal loss of electrical activity. We consider, for vagina, 5 mm2 is the smallest to be effective. Ideally 15 mm2 should be used bearing in mind the width of the muscle branches. For anal stimulation 10 mm2 are sufficient.
    The shape of the electrodes is also important: too large electrodes (like bars) aren’t necessary the best, covering too much the muscle zone.

Effect of Functional Electrical Stimulation - FES

Electric parameters are those recommended by the Northern school: M. Fall, Erlandson, Carlsson, Sundin & Eriksenn.

In both intra-vaginal or anal stimulation, we know that neuromuscular stimulation of pelvic floor musculature – low frequency biphasic stimulation zero net D.C. – both inhibits the bladder in urge incontinence, and increases the urethral pressure profile in genuine stress incontinence, by reflex action, depending on the frequency used.

-    Stress incontinence :  50 Hz
-    Urge incontinence (bladder inhibition) : 10Hz
-    Mixed incontinence : 20 Hz or double associated stimulation 5O Hz – 20 Hz

Interferential technique may be also used with alternating pulse using 3.000 / 4.000 Hz modulated 5 - 10 Hz for urge incontinence, and 3.000 / 4.000 Hz modulated 50 - 70 Hz for stress incontinence.

Other side effects of the FES are:
    to increase of the strength of the pelvic floor muscle
    to improve the urethral sphincter response
    to involve an element of conditioning
    to reduce and/or cure PF pain such as dyspareunia

Contra indications - when not to use F.E.S.

One has to indicate some contra-indications:
    during pregnancy or if the chance of pregnancy exists
    during menstrual period ( it is mainly a psychological contra-indication )
    when there are symptoms of urinary tract infection or vaginal infection
    when there are symptoms of atonic bladder ( because of high compliance ), urinary retention, uretheral reflux
    demand pace maker
    cancer
    total denervation
    non menstrual bleeding
    exteriorised hysterocele

The coil is not a contra-indication because we use biphasic wave with zero DC


3-2 General biofeedback therapy

Biofeedback therapy has different objectives:
1-     to identify the pelvic floor function & the pubo-coccygeus muscle
2-  to appraise the pelvic floor muscle relaxation and act on the information
3-     to release chronic pelvic tension
4-     to correct a reverse perineal command
5-     to integrate the correct perineal blocking before stress

Biofeedback in urological disorders

Objectives for BFB in urological disorders:
1-     to acquire an increased awareness of patients voiding pattern
2-     to train muscles involved in the continence mechanism

Definition and goals of biofeedback

    To detect, show & measure internal physiological events
    To teach, promote & develop conscious control over body processes

So goals are:
    physiological self regulation
    development of new habits or responses
    an improvement of patient’s life

Applied biofeedback

The previous learning process for these goals is:
1-   To develop levator ani contraction before any rise in abdominal pressure using two biofeedback channels e.g. a vaginal and an abdominal at the same time, with EMG recruitment, or with pressure biofeedback.
2-    To perform EMG exercises in a standing position to control reflex PFM contractions and voluntary PFM contractions.
3-     To adapt the programme to meet the women’s requirements

Biofeedback must be relevant in order to enhance learning and to focus attention on agonist (pelvic floor muscles) and antagonist muscles (abdominal muscles). Therapy concentrated on inhibition of the antagonist while attempting to increase the response of the agonist (pubo-coccygeous and puborectal), whilst contracting the external anus sphincter by observing the proper channel of the EMG tracing.
We know that once movement occurs, the EMG force relationship depends upon the speed of contraction and the length of the muscles involved.

Since the objective for performing the contraction is to contract the striated muscles properly, the proprioceptive signals generated by the muscles surrounding the pelvic floor can easily be misinterpreted as originating from the pelvic floor itself rather from the antagonist muscles represented by strong abdominal muscles. This incorrect manoeuvre perpetuates the substitution pattern and delays the development of an increased awareness of the isolated pelvic floor muscles. Another problem occurs when abdominal substitution pattern develops and is used when attempting to "hold back". This abdominal contraction with the incorrect manoeuvre of pushing down, described as a "reverse perineal command» causes a rise in intra-abdominal pressure. In that case, with such recruitment, this contraction would only maximize a rise of intra-abdominal pressure, which would increase EMG abdominal signals.

Abdominal muscle contractions are measured by widely spaced surface electromyographic electrodes. For this reason, we do not recommend home exercises during these early weeks of treatment, knowing that patients could reinforce the inappropriate response by antagonist muscles and extinguish the appropriate response. As soon as the patient is able to contract the pelvic floor muscle, we ask her to position her hand on her abdomen to feel the faulty abdominal contraction. This is a complementary and a very simple exercise similar to Kegel's exercises for women.

 With biofeedback therapy, information provides the patients with a method:
- To acquire voluntary control over skeletal muscle such as anal sphincter and / or levator ani muscles;
-  To enable patients to develop a heightened sensory awareness of the pelvic function;
-  To increase active muscle contractions;
-  To decrease general muscle antagonist spasms when pain is associated;

The benefits of biofeedback therapy are rapidly obtained by most patients. The procedures involve minimal medical risk.

Conditioning techniques bladder

    to give a clear description of normal voiding function
    to restore the individual confidence in voluntary ability to hold urine
    to re-establish a more normal pattern

Algorithm for physiotherapy management

Regarding the PFM we quote the pubo-coccygeus contraction in a range from zero to five, e.g.: score = 0 = weakest / score = 5 = strongest

•    score 0,1,2 =    
Genuine Stress Incontinence = clinic therapy (FES), BFB, PFM
Urge Incontinence = BFB, home treatment (FES)
Mixed Incontinence = BFB, home treatment (FES) & PF Muscle Exercises

•    score 3,4,5 =    BFB control blocking, PF Muscle Exercises & cones


References


•    A.Bourcier, G.Amarenco, M.Bonierbale, JP Dentz, J.Juras, A.Mamberti-Dias, M.Perrigot, F. Roman, JY Touchais, J.Weber. Le plancher pelvien. Explorations fonctionnelles et réadaptation. Vigot 1989
•    Bisschop G. [de], Bisschop E. [de], Commandré F. Electrophysiothérapie. Paris : Masson, 1999.
•    Bisschop G. [de], Bisschop E. [de], Gouget JL. Le complexe périnéo-vésico-sphinctérien. CR 2ème Journée Amiénoise de Rééducation Pelvienne 1996:19 pp.
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•    Erlandson BE, Fall M, Sundin T. Intravaginal electrical stimulation. Clinical experiments of urethral closure. Scand J Urol Nephrol 1977;44:31.
•    Fall M, Carlsson CA, Erlandson BE. Electrostimulation of patients with dysfunction of the lower urinary tract. Artif Organs 1981;5:606.
•    Fall M. Does electrostimulation cure urinary incontinence. J Urol 1984;131:664-7.
•    Pigne A, Kunst D, Cotelle O, Oudin G, Banat J. Electrostimulation fonctionnelle et incontinence urinaire d post-partum 1986. SIFUD. Lisbonne.
•    Prat-Pradal D. et al. Intérêt des explorations électromyographiques dans la rééducation  périnéale. Actualités en Rééd Fonct et Réadapt 1989,14.
•    Emma Dolfo, Paolo di Benedetto. Chinesiterapie pelvi-perineale. ART- 1993
•    Carlo Cisari, Gabriele Severini. Fisioterapia clinica pratica. Fisioline. 1999 – Edi.Ermes srl
•    P.diBenedetto. Riabilitazione uroginecologica. Edi. Minerva Medica  - 1995
•    B.de Gasquet. Abdominaux : arrêtez le massacre. Edi. Santé-Robert Jauze - 2003

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Par Pytheas - Publié dans : dossier technique
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Mercredi 30 janvier 2008 3 30 /01 /Jan /2008 10:40
THE FRENCH EXPERIENCE OF PELVIC FLOOR REHABILITATION WITH BFB AND FES THERAPEUTIC METHODS FOR PELVIC FLOOR FUNCTIONAL REHABILITATION 

Partie N° 1

 

Introduction: objectives & methods for rehabilitation
 
Rehabilitation of the pelvic floor dysfunction was started at the end of the 70’s by some French therapists of whom the first was Alain Bouncier.
 
Intra vaginal & anal stimulation increase urethral pressure profile by activating nerves to the striated pelvic floor and para-urethral muscles. It has been demonstrated that the pathways involved are similar in both humans and animals although the influence of the sympathetic nerves on the bladder may be less important. The smooth muscle component contributes also to a good urethral pressure profile.
Pelvic floor rehabilitation aims to restore proper function of the perineal musculature through pelvic muscle education and/or re-education.
Patients need to learn and practice pelvic floor exercises in clinic with the therapist and to follow up at home.
One also uses behavioural techniques for bladder or faecal control as well as for pelvic floor blocking while standing.
 
Rehabilitation is therefore used to treat lower urinary tract and terminal bowel dysfunction using physical therapy for the pelvic floor.
 
Factors limiting rehabilitation
 
Some factors limiting successful rehabilitation.
1- Body weight is an important factor influencing results because of the pressure generated downwards by viscera - chronic coughing is another - and also poor posture.
2- Motivation for re-education is one of the most important factors. Without strong  motivation it is more difficult to obtain a good result.
3- Testing of the pelvic floor muscle; the first evaluation before starting a re-education plan can predict good results or not.
4- Chronic coughing because of the pressure downwards.
5- Women doing physical fitness training such as aerobics, body building, tennis and hard footing, is evidently a limiting factor.
6- Finally urodynamic data depending on the degree of sphincter damage, striated insufficiency, bladder dysfunction, and so on, may help us to define the limits to rehabilitation.
 
Appraisal of perineal risk
 
Before starting rehabilitation one has determine whether any perineal risk exists, For example:
 
1- family history
2- Childbirth: parity, dystocia, too quick a delivery of both large and small babies.
3- pelvic floor examination : tight vulva, narrow vagina, thin fibrous nucleus, thin levator ani, short ano-vulvar distance, straight muscle diaphragm, fat infiltrated pelvic floor, tissues made fragile by vulva-vaginal inflammation, hypertonic pelvic floor with levator ani spasms and reflex contractions, ischio-pubeous branches abnormally parted
4- physical and daily living factors
5- history of urogynaecological surgery
 
Objective of physiotherapy
 
Physiotherapy has to restore perineal function by re-educating the pelvic floor musculature: manual techniques, biofeedback and electric stimulation, postural gymnastics.
Physiotherapy has to restore bladder control using bladder training techniques.
Physiotherapy has to guide and advise patients on incontinence aids, precautions and at sometimes social change.
 
Female pelvic floor disorders Physiotherapy (Ph)
 
What are lower urinary tract abnormalities improved by physiotherapy techniques?
1- genuine stress incontinence
2- urge incontinence
3- mixed incontinence
4- nocturnal enuresis
5- voiding difficulty
6- retention
7- weak pelvic floor function
8- PF pain in dyspareunia
 
Who can benefit from Ph
 
1- post-natal period for women
2- patients with pelvic floor dysfunction desiring another pregnancy
3- patients who prefer to delay surgery
4- patients with moderate discomfort
5- patients with failed surgery
 
PELVIC FLOOR REEDUCATION...
 
Pelvic floor re-education must not be confused with gymnastics. It is not only a simple repetitive movement to reinforce a muscle.
 
Treating the whole pelvic area
 
Before re-educating the pelvic floor one has to keep 4 steps in mind :
1- The quality of the levator ani muscles: it is really important to block the pelvic floor when straining.
2- The importance of the integrity of internal pudendal nerves, erector & hypogastric nerves, perineal nerves, ensuring the right reflex mechanism to control pelvic floor musculature.
3- The importance of the inter-relationship between perineal nerve damage and pelvic floor control.
4- Childbirth & the effect on the pelvic floor knowing the relaxation action of the pelvic floor musculature.
 
One understands consequently that a multidisciplinary approach can lead to a complete understanding of pelvic floor dysfunction.
 
Some epidemiological studies demonstrate a higher prevalence of PF dysfunction in younger women. However we also know that urinary incontinence is not the only pelvic floor disorder. We know that faecal incontinence is a problem affecting predominately but not only elderly people. Middle-aged and even younger patients need treatment. We know too that chronic constipation is a common female disorder.
 
Last but not least, pelvic organ prolapse is a common pelvic floor dysfunction.
 
Reeducation of pelvic floor musculature
 
Usually we have to follow four stages:
1- informative : information about PF physiology & anatomy
2- Awareness of pelvic floor muscles: finding out whether front, middle and rear PF voluntary contraction is present with or without synergy.
3- Strengthening of pelvic floor muscles: by exercises and neuro-muscular electrostimulation.
4- Reflex pelvic floor contraction: with teaching perineal blockage before stress.
 
About reflex PFM contraction; the patient must be made aware of constant contraction of the pelvic floor during daily activities e.g. upright position, movements, lifting, carrying a load, and so on...
 
About perineal blockage before stress; the patient must be taught that pelvic floor muscles must be contracted before the abdominal pressure rises e.g. coughing, sneezing, running & sport. To control PF blocking with stress one uses EMG biofeedback in standing up position with a special probe inside the vagina.
 
To understand the visceral mechanism and the importance of perineal blockage, one has to remember that the vertebra should not deform and that the diaphragm undergoes only slight variations.
 
Conservative treatment
 
First of all conservative treatment we have to keep in mind that:
1- Women need to be informed that physiotherapy is available, and that symptoms can be alleviated if not eradicated.
2- Physicians & doctors should be encouraged to question patients about bladder, bowel habits and any sexual problem, and to practice regular examinations to detect early signs of pelvic symptoms needing rehabilitation.
3- Patients have to be advised to undergo pelvic floor rehabilitation.
 
Reeducational techniques
 
To rehabilitate the pelvic floor muscles one has at our disposal:
 improved Kegel’s exercise programme
 therapeutic gynaecological exercises
 functional neuro-muscular electric stimulation
 biofeedback therapy
 behaviour therapy
 
 
Management techniques
 
1°) - manual & instrumental pelvic floor function evaluation.
 
2°)- manual, postural & pelvic floor muscles exercises
 
3°) – NMS -neuro-muscular electric stimulation & BFB - biofeedback training.
 
Stimulation: we apply stimulation therapy in the clinic, hospital, and for homecare, we use programmable home units with daily or long term stimulation.
 
Using biofeedback training we have standard EMG & pressure BFB in office and apply pressure BFB at home. 
 
1- Manual & instrumental PF evaluation
 
Unskilled work on muscles of the vaginal sidewall (puboccygeous, ilio and ischio-coccygeous) may be difficult because of the anatomy - the direction and the insertion of these muscles. Therefore any therapist who wants to provide complete and successful therapy must first learn to feel the vaginal muscles and to be able to evaluate them against a proper functional anatomy.
 
The PF contraction evaluation must evidently be the most complete and perfect possible with verbal orders. That means that the patient has to understand what we are asking for. Any functional disorder may reveal a bad body message, such as antagonist or agonist synergies, a reverse perineal order...

The therapist should not be satisfied by only a simple and total pubo-coccygeous and pubo-rectalis contraction. This is usually the case when giving a grade for the test. The therapist should also evaluate each part of the pelvic floor muscle branches, front, rignt, and left, looking for any hidden tears, any muscle ruptures or any P.C. asymmetry.

The manual appraisal of the P.F.M. therefore allows the establishment of a subjective measures for:
    External vaginal muscle capacity for closing
    Vaginal and central nucleous fibrous tonicity
    Fatigability with repetitive contractions
    Rapid contraction capability
    Duration of the contraction
    Synergies - agonist & antagonist

Then an objective instrumental evaluation - EMG & pressure - of the reflex and volontary contraction, will be correlated to the manual evaluation.

This allows for management of progress in future.
 
 
2- Manual, postural & Therapeutic gynaecological exercises
 
Exercises against manual contra-resistance, daily voluntary contractions, reinforce PF musculature improved by Kegel’s exercises.
Postural exercises may help to reinforce the pelvic floor muscles by avoiding excessive downwards pressure.
 
Manual exercises are simple and easy:
 
Technique 1: The index finger is used easily and can evaluate the quality of the pubo-coccygeus on right then on the left, at the same time one applies a pressure (contra resistance) on the muscle asking the patient for a voluntary contraction.
 
Technique 2: For the bulbo-spongious muscle one proceeds by introducing the index and middle fingers into the vaginal opening (vulval entrance), palm downwards, then part the fingers asking the patient for a contraction, opposing a resistance when closing the vulva. It can help the imagination by asking the patient pretend she has two sliding doors to close.
 
Technique 3: for an antero-posterior position, one introduces the index and middle fingers into the vaginal opening (vulva), the middle finger in contact with puborectalis and the index with the external inferior part of the urethra, under the urethral opening. Therapist parts the fingers and the patient is asked for a contraction opposing the resistance of the fingers. Urethral sensitivity may give the patient a better feeling of her contraction.
 
Technique 4: The appraisal of the puborectalis is easier and therefore more effective. It is better to operate with the therapist’s inch upon the muscle, the palm face of the hand and the other fingers palming the sacrum, the patient relaxing herself on. This muscle can then be worked usefully, in concentric, eccentric therefore in pliometric (one after the other successively) and lateral right and left.
 
Postural exercises have different objectives:
 
a) To keep the spinal column stretched - maximum distance head/coccyx - whatever the position
b) To make its efforts while expiring upwards without preliminary inspiration.
c) To begin to expire by an increasing pelvic floor activity, maintained and increased during the effort
d) To begin the contraction by transverse, then oblique, eventually the rights, from bottom upwards to climb up pelvic visceras
e) To never push down to the bottom, let the coasts/diaphragm going down in the efforts and during the exercises
f) Not to shorten the rights, not to let them either too much lengthen (Lordosa camber)
g) Appraisal of the rights into isometric contraction
 
This technique is usually used at the end of the re-habilitation program allowing the patient to control the reflex and the voluntary PF blocking when moving, coughing, and squeezing, etc...  This has  limited success with older women.
 
Kegel exercises:
 
They are well-known and we have to remember to exercise tonic and phasic contraction muscles, numerous times in the day-life.
 
A pelvic floor exercise programme may include:
daily Kegel exercises
pelvic floor exercises with vaginal cones
 
Technique 1 exercises must be simple and easy to perform at home and in the daily life :
Ø      one contraction hold for 5 seconds
Ø      5 quick contractions
Ø      10 second rest
Ø      This must be done 10 times X 3 times a day
 
Technique 2 – when the patient is able to exercise easily we may double the exercise time:
Ø      one contraction hold for 10 seconds
Ø      10 quick contractions
Ø      20 second rest
Ø      this must be done 10 times X 3 times a day
Ø      then 6 times a day
 
 
Voir suite N° 2
 
André Mamberti-Dias
MK spécialisé en périnéologie
Marseille - France
Email : amd5@orange.fr
www://info-perinee.over-blog.com
 
 
References
 
·         A.Bourcier, G.Amarenco, M.Bonierbale, JP Dentz, J.Juras, A.Mamberti-Dias, M.Perrigot, F. Roman, JY Touchais, J.Weber. Le plancher pelvien. Explorations fonctionnelles et réadaptation. Vigot 1989
·         Bisschop G. [de], Bisschop E. [de], Commandré F. Electrophysiothérapie. Paris : Masson, 1999.
·         Bisschop G. [de], Bisschop E. [de], Gouget JL. Le complexe périnéo-vésico-sphinctérien. CR 2ème Journée Amiénoise de Rééducation Pelvienne 1996:19 pp.
·         Bisschop G. [de], Bisschop E. [de]. Le nerf normal et pathologique : répercussions électrophysiologiques.In : Beco J, Mouchel J, Nélissen G. La périnéologie…Comprendre un équilibre et le préserver. B-Verviers : Odyssée 1372, 1988:1-19.
·         Erlandson BE, Fall M, Sundin T. Intravaginal electrical stimulation. Clinical experiments of urethral closure. Scand J Urol Nephrol 1977;44:31.
·         Fall M, Carlsson CA, Erlandson BE. Electrostimulation of patients with dysfunction of the lower urinary tract. Artif Organs 1981;5:606.
·         Fall M. Does electrostimulation cure urinary incontinence. J Urol 1984;131:664-7.
·         Pigne A, Kunst D, Cotelle O, Oudin G, Banat J. Electrostimulation fonctionnelle et incontinence urinaire d post-partum 1986. SIFUD. Lisbonne.
·         Prat-Pradal D. et al. Intérêt des explorations électromyographiques dans la rééducation périnéale. Actualités en Rééd Fonct et Réadapt 1989, 14.
·         Emma Dolfo, Paolo di Benedetto. Chinesiterapie pelvi-perineale. ART- 1993
·         Carlo Cisari, Gabriele Severini. Fisioterapia clinica pratica. Fisioline. 1999 – Edi.Ermes srl
·         P.diBenedetto. Riabilitazione uroginecologica. Edi. Minerva Medica - 1995
·         B.de Gasquet. Abdominaux : arrêtez le massacre. Edi. Santé-Robert Jauze - 2003
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