article de vulgarisation

Mercredi 20 février 2008 3 20 /02 /Fév /2008 09:46
Docteur Jacques WAYNBERG
Médecin, psychothérapeute, juriste et écrivain
Directeur de l’Institut de sexologie et du Diplôme
Universitaire « sexologie et santé publique »
Institut de sexologie -   57, rue Charlot
75003 Paris – tel. 01 42 71 10 30.
waynberg@club.fr



Les rapports sexuels pénibles constituent des motifs de consultation plus fréquents qu’autrefois. L’«inconfort érotique» est lié à de nombreux facteurs organiques, mais également à des fautes de conduite qui doivent être diagnostiquées avec le même soin. L’importance remarquable de telles plaintes chez la femme ne doit pas masquer les nombreux cas masculins, car au bout du compte, ce sont entre 5 et 10 % des couples qui accusent une réelle déstabilisation relationnelle pour de tels motifs balistiques. Les conseils et la prescription d’un gel artificiel lubrifiant s’insèrent désormais dans la conduite à tenir face à de tels problèmes.

A QUOI SERT LA LUBRIFICATION ?

Le rapport sexuel est composé d’un assemblage de gestes, de postures, de mouvements, et d’un dialogue amoureux s’exprimant en termes de mimiques et de verbalisations conventionnelles… mais l’émotion est produite en fin de compte, aussi bien par l’intensité des transactions affectives, le travail de l’imaginaire, que par la somme des perceptions sensorielles échangées. Faut-il rappeler que de toutes les perceptions sollicitées et offertes, le toucher détient une part tout à fait primordiale ?

C’est sans doute par habitude (ou par pudeur) que l’on décrit aujourd’hui encore la fonction érogène de la lubrification en la limitant aux effets de la seule lubrification vaginale dans le coït. En réalité, son action sur les zones érogènes, aussi bien chez l’homme que chez la femme, facilite et rehausse deux catégories de pratiques érotiques : la caresse et la pénétration.

Chez l’homme, les stimulations tactiles de la verge tournent court, si les gestes ne sont pas secourus par l’application régulière d’un produit mouillant, afin de protéger la muqueuse contre une possible irritation… ou de produire un enrichissement indéniable des sensations. A vrai dire, ici, tout dépend de la «hauteur» du projet érotique, car il faut admettre que la sécrétion des glandes de Cooper (implantées de part et d’autre de la portion proximale bulbaire de l’urètre) qui accompagne habituellement toute séquence d’excitation sexuelle, peut suffire à humecter et protéger le gland si les manœuvres ne sont que passagères et peu appuyées. Ailleurs, le recours à la salive ou à un lubrifiant artificiel est non seulement une preuve de saine curiosité, mais une initiative nécessaire pour assurer aux caresses toute leur hospitalité.

Chez la femme, les secrétions génitales abondantes masquent bien sûr la sécheresse de la zone clitoridienne et bien que tenu secret le plus souvent l’échec de sa stimulation est très fréquemment lié ici aussi à l’irritation des muqueuses. Les caresses clitoridiennes exposent la femme à un risque accru d’inconfort du fait même que l’expérience orgastique fasse parfois défaut : l’anorgasmie habituelle et invincible condamne la femme à accueillir de telles sensations sans grande émotion voire, comme chacun sait, sur un mode incontestablement algique. La maturité et l’expérience enseignent aux partenaires un savoir faire minimum leur inspirant plus de prudence et de «tact», mais ici encore, l’action bénéfique d’une lubrification artificielle se justifie et s’explique.

Le coït naturellement, représente le moment privilégié pour s’inquiéter de la qualité et de l’abondance de la lubrification vaginale puisqu’à ce stade l’intromission ne doit rencontrer aucun obstacle et ne déclencher aucune gêne. S’il est aisé de lire partout comment cela fonctionne et à quel point ces mécanismes réflexes sont exposés à des défaillances plus ou moins définitives, les études concernant le couple dyspareunique ne sont pas légion. Or, la pratique clinique enseigne qu’en définitive : «n’est pas dyspareunique qui veut». Il y a des femmes sèches qui ne se plaignent pas, et celles qui trouvent d’elles-mêmes les moyens d’y remédier, quel que soit leur âge, à l’insuffisance de leurs secrétions naturelles. Il y a les partenaires qui s’en inquiètent, et ceux qui à l’inverse ne s’en soucient pas. Dans le coït, la lubrification vaginale joue ainsi non seulement un rôle mécanique, mais elle possède aussi disons une «fonction allégorique», témoin de l’histoire des partenaires et de l’espérance de vie du couple.

UNE DYSPAREUNIE PEUT EN CACHER UNE AUTRE

Les constats de «sécheresse vaginale» qui aboutissent aux diagnostics de Dyspareunie ne doivent donc pas enfermer l’entreprise médicale dans la seule cure symptomatique des facteurs étiologiques en question, mais couvrir également les secteurs plus vastes de l’information sexuelle, du conseil conjugal, de l’éducation érotique. Les difficultés d’une telle prise en charge ne tiennent pas à l’impréparation sexologique des thérapeutes –souvent évoquée par des praticiens trop modestes- mais aux réticences des intéressés eux-mêmes sans honte de ce type de demande d’aide.

Chez l’homme, la dyspareunie présente la particularité d’être peu soumise à des exacerbations psychogènes –les somatisations se manifestant plutôt sous le masque d’une dyséjaculation ou de troubles de l’érection- et de diagnostic clinique généralement aisé. En somme, les manœuvres de stimulations du gland, la verge en érection, exposent le sujet à des désagréments insupportables dans un petit nombre de cas de figure : difficultés anatomiques empêchant le coulissage du prépuce, dont les phimosis et les raccourcissements du frein dont les prétextes les plus fréquents, mais de toute manière, toute érosion ou ulcération, facilement découvertes à l’examen. Il reste à ne pas faire l’impasse sur les rituels érotiques du couple, afin de découvrir la persistance de pratiques masturbatoires intempestives ou inadaptées, avant d’incriminer la sécheresse vaginale de la partenaire comme facteur étiologique principal. Il faut bien avouer cependant que les hommes consultent très rarement pour de telles nuisances et que la perspicacité du praticien est souvent seule en mesure de mettre à jour la responsabilité de telles sensations négatives à l’origine d’une mésentente conjugale. Est-ce assez démontrer l’utilité de sortir de sentiers battus et de ne pas hésiter à proposer l’usage d’une lubrification artificielle à de tels patients ?

Chez la femme, on l’a vu, il est nécessaire d’étendre le champ des dyspareunies aux stimulations clitoridiennes douloureuses, sachant que si l’organicité doit être recherchée avec soin, il reste que la dimension psychosomatique interpelle en permanence la femme elle-même, le partenaire… et le praticien.

Les circonstances de la consultation sont multiples, mais appartiennent à deux catégories de faits :

-    La dyspareunie entre dans le cadre d’une pathologie déjà identifiée et en cours de traitement, qu’elle soit gynécologique ou digestive, urinaire, ostéoarticulaire.

-    La dyspareunie est apparemment isolée, et alimente seule la plainte de la patiente : douleur datant déjà du tout premier rapport, ou d’installation secondaire, mais étroitement liée à sa biographie.

C’est l’intolérabilité de la douleur qui constitue le motif commun de la plainte ; exacerbation du symptôme qui peut, soit apparaître après une certaine phase de latence, soit laisser un espace libre entre des périodes plus pénibles, soit recouvrir sans rémission toutes les expériences sexuelles… en réalité, l’évaluation subjective du seuil de tolérance ne tient pas vraiment compte de l’importance et de la curabilité des lésions organiques chez la femme, ce sont surtout des considérations symboliques (séquelles post-opératoires invalidantes, inesthétiques…) et affectives (qualité de la relation affective, compréhension du partenaire…) qui influencent son appréciation.

Lorsque cette souffrance n’est pas d’installation «primaire» -cas moins fréquent parce qu’évoluant très rapidement vers le vaginisme- ce qui est remarquable, c’est que cette douleur ne soit pas «en soi» une dysfonction, elle n’est qu’un symptôme de transition, une voie de passage entre l’eupareunie et l’anorgasmie secondaire, la mésentente conjugale, le vaginisme. Quand les rapports sexuels deviennent plus pénibles que gratifiants, la dyspareunie n’évolue pas isolément, elle se complique immédiatement de réactions de défense (refus, agressivité, inhibition sensorielle) et d’évitement, qui sont autant de facteurs déclenchants d’une dysfonction plus invalidante encore.

Les somatisations névrotiques empruntent le même itinéraire, et la douleur cette fois sans substratum anatomo-clinique plausible, fait office, de la même manière, de transition entre une sexualité peut enthousiasmante et la possibilité légitime de s’y refuser…

PRESCRIRE ET CONSEILLER

Si l’indication d’un lubrifiant industriel est un geste banalisé par le gynécologue ou le praticien auxquels s’adressent un couple ou une patiente, on devine aisément que la prescription ne peut clore la prise en charge. Mis à part les embûches que l’on peut rencontrer donc dans la découverte et le traitement des affections organiques en cause, semble-t-il, deux catégories d’obstacles entravent la bonne marche des secours attendus : les imperfections méconnues ou incurables de la compétence érotique d’un ou des partenaires, et, comment ne pas conclure sur ce point, les qualités et les limites des produits conseillés.

A propos de l’érotisme, point de salut en quatrième vitesse, car l’opacité des ritualisations d’un couple s’oppose à l’efficacité des phrases de bon aloi que l’on échange au terme d’une consultation. Aborder la question de l’enrichissement sensoriel, dans le prolongement de la cure d’une dyspareunie n’est pas un exercice facile, et du reste, une dimension nouvelle que peu de couples nous autorisent à évoquer.

En ce qui concerne les produits, au contraire, les utilisateurs font preuve d’exigences dont il faut tenir compte, ou de préjugés qu’il faut décourager. Ce n’est pas seulement en effet, le «pouvoir mouillant» qui réconforte et réconcilie, mais la couleur, la consistance, l’odeur… et la présentation d’un lubrifiant. Sans saveur et hydrosoluble, tel apparaît le produit «idéal», mais que rétorquer à ces patientes qui ne jurent que par la vaseline ? Affaire de goût personnel, certes, l’important n’étant pas pour le couple d’accepter docilement un conseil ou une ordonnance, mais de s’en servir pour gagner son droit au bonheur.

Produit conseillé
LUBRAN - gel lubrifiant aqueux
En vente en pharmacie ou auprés de Sugar international - Tel: 0033 0 442 047 248



Réf. :
WAYNBERG J. : Guide pratique de sexologie médicale. Editions SIMEP, 1994.
WAYNBERG J. : Le dico de l’amour. Editions Milan, 1999.
WAYNBERG J. : Jouir, c’est aimer. Editions Milan, 2005.


Par Pytheas - Publié dans : article de vulgarisation
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Mercredi 20 février 2008 3 20 /02 /Fév /2008 08:54
L‘électrothérapie en question : quelques rappels simples pour mieux la comprendre et y voir plus clair en stimulation pelvi-périnéale .......

La forme d’onde

La forme d’onde du courant de stimulation a souvent été l’objet de discussions et même malheureusement de spéculations.
Pour obtenir une contraction stimulée d'un muscle, il est nécessaire de produire une dépolarisation d'une ou plusieurs unités motrices. Le mode plus simple prévoit l'application d'un flux de courant en correspondance avec un "point moteur" (ou plaque motrice) ou alors au point où la fibre nerveuse s'insère sur la fibre musculaire.
Le tissu humain ayant, du point de vue électrique, un comportement de type capacitif, il a été démontré que la meilleure efficacité de l’electrostimulation est obtenue avec des courants impulsifs, caractérisés par un front de montée raide.
La largeur d'impulsion optimale correspondra à la valeur de "chronaxie" caractéristique du muscle à stimuler. Un courant à impulsions monophasiques peut être suffisant. Toutefois l'emploi d'impulsions biphasiques permet d'obtenir les mêmes résultats avec un meilleur "confort" pour le patient. L'impulsion biphasique, n'étant pas polarisante, ne produit donc pas d'effets galvaniques et peut être employée même en présence de zones présentant des prothèses métalliques.
Les impulsions biphasiques peuvent être de différents types et en particulier biphasiques symétriques et symétriques alternées.
Les premières (biphasiques symétriques) sont généralement les plus aptes au traitement d'un faisceau musculaire bien individualisé. L'électrode active est celle reliée au pole positif (fil rouge).
Les secondes (biphasiques symétriques alternées) sont plus aptes au traitement simultané d'un groupe de muscles, en utilisant le même canal de stimulation.
 
Le courant alternatif biphasique à moyenne nulle
:
les électrodes, dans ce cas, assument alternativement le rôle de "active", et c’est le cas en électrostimulation pelvi-périnéale.

La fréquence de stimulation

Nous avons défini la forme de l’onde de l'impulsion et, avec une seule impulsion, nous pouvons même obtenir une contraction musculaire momentanée (vibration). Toutefois, pour obtenir une contraction soutenue, nous devons fournir "un train" d'impulsions, caractérisé "par une fréquence" (au moins 30 impulsions par seconde). La fréquence peut être définie comme la quantité d'impulsions qui sont fournies dans une seconde.
La fréquence idéale de stimulation dépend de la composition du muscle à stimuler. Chaque muscle est composé de pourcentage différent de fibres lentes, caractérisées par un métabolisme aerobique, et des fibres rapides, caractérisées par contre par un métabolisme anaerobique. En voulant stimuler un muscle dans lequel prévalent les fibres lentes (fibres toniques), nous devons utiliser des fréquences relativement basses (de 1 à 30 Hz). Si par contre nous devons stimuler un muscle capable de développer des pics de force élevée, et donc composé principalement de fibres rapides (phasiques), nous devrons utiliser des fréquences plus élevées (de 50 à 120 Hz).
La fréquence des impulsions peut même déterminer l'objectif de l’électrostimulation, en tant qu’entraînement passif. Les caractéristiques d'un muscle en effet, peuvent être modifiées au moyen de l’électrostimulation. Les électrostimulations à des fréquences élevées peuvent "transformer" partiellement les fibres toniques en fibres phasiques, ces dernières caractérisées par un plus grand développement de la force instantanée, au préjudice de la résistance musculaire.
Une fréquence très basse (de 1 à 10 Hz) est très bien tolérée par n'importe quel muscle, comme un massage tonifiant, ne produisant pas de fatigue musculaire. L'effet physiologique est lié à une amélioration de la vascularisation sanguine desfibres, au niveau capillaire, qui aboutit à une amélioration de l'alimentation de la fibre musculaire et à une facilité de l'élimination de catabolisants (par absorption).

La largeur d'impulsion

Selon les études scientifiques actuelles, la forme d’onde la  plus apte pour obtenir une contraction musculaire est l'impulsion biphasique symétrique.
La largeur de l'impulsion doit être telle qu’elle doit permettre un transfert d'énergie suffisante pour  exciter les fibres musculaires. Une largeur supérieure n’apporte pas d’avantages supplémentaires, et peut par contre créer une gêne inutile au patient, au travers de la stimulation des fibres nerveuses sensitives. La largeur idéale de l'impulsion de stimulation correspond à la valeur de la Chronaxie du muscle à stimuler.

Chaque muscle est caractérisé par une valeur de chronaxie, qui exprime intrinsèquement la composition neuromusculaire et la destination fonctionnelle. Dans le cas des muscles pelvi-périnéaux la chronaxie est impossible à réaliser avec les moyens habituels. Les études réalisées par Fall notamment ont conduit à adopter des largeurs d’impulsion faibles comprises entre 150 et 300 µs.

Les 4 phases de l’électrostimulation musculaire

L’électrostimulation musculaire, surtout de type phasique rapide, comme du reste la contraction volontaire, doit prévoir une phase de contraction (stimulation), suivie d'une phase de repos (pause). La phase de repos est très importante pour le muscle. En effet pendant la contraction, la circulation capillaire est nécessairement entravée et, si le muscle restait en contraction longtemps, sans une phase de repose logique, on vérifierait la soi-disant "ischémie" ou bien une insuffisance d'irrigation sanguine, très nuisible pour les tissus humains.
Le flux sanguin capillaire, entravé pendant la contraction, mais facilité pendant  la pause, constitue le moyen principal d'alimentation des tissus. Les muscles, en particulier, en tirent tous leurs éléments indispensables pour la production d'énergie (oxygène, protéines et enzymes divers).
Les critères de sélection des temps de Stimulation et de Pause sont en fait assez simple, même si nécessairement empiriques : plus importante est l'intensité de la stimulation, plus réduit devra être le temps de la phase de stimulation par rapport au temps de la phase de repos.

Muscle    Chronaxie min.(µsec)    Chronaxie max (µsec)
Deltoïde           80                                    130
Pectoral            80                                    150
Biceps               70                                    100
Abdominal        90                                     180
Quadriceps      100                                   500
Biceps fémoral 180                                  2000
Fessier             100                                    150
Tibial                500                                  1000
Jumeaux           100                                    800
Péroné               200                                  1700

Exemples de valeurs min. & max. de Chronaxie, statistiquement observables sur quelques muscles squelettiques d’un sujet sain.

Les critères de sélection des temps de Stimulation et de Pause sont en fait assez simple, même si nécessairement empiriques : plus importante est l'intensité de la stimulation, plus réduit devra être le temps de la phase de stimulation par rapport au temps de la phase de repos. En somme : si je stimule un muscle pour obtenir une contraction maximale, je devrai limiter le temps de contraction à très peu de secondes et introduire, entre une contraction et l'autre, une période de  repos égale à au moins 5 fois la période de contraction. Pour simuler une  contraction volontaire ou simplement pour rendre moins fastidieuse la stimulation, il peut être avantageux d’introduire une phase de progression et une phase de régression de la stimulation. Nous appellerons ces deux nouvelles phases respectivement Montée et Descente.

Le niveau de stimulation

Il n’existe pas de formules mathématiques pour la détermination du niveau optimal de la stimulation électrique. L'intensité doit être suffisante pour provoquer le niveau de contraction désiré, mais sans gêne ou même douleur pour le patient. Il ne faut pas d'autre part oublier que la quantité de fibres musculaires recrutées ne dépend pas seulement de l'intensité appliquée mais aussi et surtout de la position des électrodes. Très souvent il est suffisant déplacer de quelques millimètres une électrode, pour obtenir une contraction supérieure.
L’habitude de porter l’électrostimulation à des niveaux maximaux, souvent au-dessus du seuil de la douleur, est une pratique à réaliser avec une extrême circonspection et de toutes les façons à éviter en stimulation périnéale ; l'innocuité des électrostimulations à haut niveau n'a pas encore été avalisée scientifiquement, et les éventuels effets de l’hyper stimulation sur les dégâts musculaires possibles n’ont pas encore été suffisamment étudiés.
Nous ne savons pas, en substance, si un niveau de stimulation élevé, à la limite du seuil de tolérance, peut être nuisible pour les fibres musculaires ou nerveuses. Habituellement, pendant une séance de renforcement musculaire, le patient est invité à développer l'intensité toutes les 3 ou 4 contractions ; cela devient presque indispensable, en considération de la fatigue progressive des fibres phasiques.
On cherche en somme "à remplacer" le niveau minimal de force produit, à cause de l'inexcitabilité de quelques fibres fatiguées, avec le recrutement d'autres fibres musculaires, caractérisées par un seuil d'excitation plus élevé.

ATTENTION !  Pendant les électrostimulations il est inévitable d'avoir un effet analgésique, à travers l'hypersécrétion d'endorphine. La douleur éventuellement provoquée par les électrostimulations, qui dans quelques cas pourraient constituer un seuil de sauvegarde, est atténuée par l'effet antalgique de l’électrostimulation elle-même. Le bon sens et la modération restent toujours le meilleur guide !

Le positionnement des électrodes

On sait  qu’un générateur d'électricité, pour produire un flux de courant, doit être "fermé" sur une « charge « .
Cette charge dans l ‘électrostimulation, est représentée par le muscle que l’on veut stimuler. La liaison entre le générateur électrique et la zone à traiter (chargée) est obtenue à travers un couple d'électrodes conductibles, qui ont la charge de transférer un potentiel électrique (tension) jusqu’à la zone de chargement (muscle).
Un circuit fermé, par où passe le courant, prévoit au moins une paire d’électrodes. Il n’est pas possible d’obtenir un flux de courant avec une seule électrode. Un flux de courant comporte toujours un point d'entrée et un point de sortie. Si l’objectif de l’électrostimulation est de produire une contraction musculaire, au moins une des deux électrodes doit être positionnée au contact du muscle à stimuler.

Quelle est la meilleure position pour une électrode intra-cavitaire ?

Dans un muscle, le point plus sensible à l’électrostimulation est le soi-disant "point moteur"; et c’est justement en stimulant en contact avec un point moteur que nous pouvons obtenir le meilleur recrutement musculaire, avec le minimum de dépense d’énergie. L'autre électrode peut être théoriquement appliquée dans n'importe quelle partie du corps, pour fermer le circuit électrique.
En pratique habituelle on applique la seconde électrode (ou l'électrode passive) sur ou le long du même muscle, en position proximale (en amont).
En stimulation périnéale la distance entre les 2 électrodes reste donc assez proche et en pratique courante ne dépasse pas la longueur utile vaginale ou anale.
En voulant stimuler deux muscles contro-latéraux (par exemple sur deux jambes), il est même possible de positionner les deux électrodes du même circuit (mono-canal), sur les respectifs points moteurs des 2 muscles. Dans cette configuration les deux électrodes ont un rôle actif. Une précaution importante, en ce cas, sera d'éviter un positionnement trans-thoracique ou bien d'éviter que le flux de courant puisse inclure la région cardiaque.
En voulant utiliser un seul canal pour stimuler deux muscles controlatéraux ou bien le même type de faisceau musculaire sur deux membres, il sera opportun de vérifier qu'ils ne stimulent pas aussi des faisceaux musculaires étrangers. Le point moteur est ce qui répond le mieux à l’électrostimulation donc, pour le déterminer avec exactitude, il suffit de chercher à stimuler des zones contiguës, à une intensité pré-fixée, à proximité du corps (ventre) du muscle.
En pelvi-périnéal nous stimulons ainsi des groupes de muscles proches et espacés d’environ 1 à 3 cm (espace entre 2 électrodes de la sonde) : ischio-coccygien et pubo-coccygien par exemple. Mais l’influx électrique se propage par les terminaisons nerveuses au nerf puddendal et emprunte ensuite des voies différentes selon la fréquence hertzienne. La stimulation est donc dite en mode réflexe pour la stimulation périnéale.

A. Mamberti-Dias






 
 
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