Mercredi 30 janvier 2008 3 30 /01 /Jan /2008 10:32
LA REEDUCATION DES DYSFONCTIONSPELVI-PERINEALES
- APERÇU DES MOYENS THERAPEUTIQUES
MIS EN ŒUVRE DANS LE CADRE D’UNE STRATEGIE
REEDUCATIVE FONCTIONNELLE -

 
MOTS-CLEFS : PERINEE,PROLAPSUS, INCONTINENCE, STIMULATION ELECTRIQUE FONCTIONNELLE (SEF), BIOFEEDBACK(BFB)

LE CHAMP D’APPLICATION DE LA REEDUCATION
La rééducation des troubles liés aux dysfonctions pelvi-périnéales féminines et masculines s’est structurée à la fin des années 1970 grâce au travail d’équipe de kinésithérapeutes français. Dés 1985 cette spécialité est reconnue et entre dans le champ d’activité de la compétence des kinésithérapeutes, puis des sages-femmes. La rééducation, pour peu qu’elle soit bien délimitée dans ses indications par le prescripteur, intéresse les pathologies liées à l’incontinence urinaire : dysfonctionnement du moteur vésical (vessie mal inhibée), insuffisance de pression de clôture urétrale (sphincter incompétent hors dénervation totale), pathologies fonctionnelles liées à la dislocation des organes intra-pelviens (prolapsus), pathologies fonctionnelles liées à l’insuffisance voire l’absence de clôture et verrouillage musculaire volontaire de la musculature périnéale proprement dite (pubo-coccygiens et pubo-rectal). En annexe la rééducation peut agir sur les dyspareunies post-épisiotomiques, le syndrome du releveur et d’une manière générale sur toutes les algies liées au traumatisme périnéal d’origine obstétrical.

LES MOYENS THERAPEUTIQUES UTILISES
Les moyens dont dispose le rééducateur sont essentiellement au nombre de trois :
1)     la technique manuelle et posturale
2)    l’électrostimulation globale et/ou ponctuelle
3)    le biofeedback ou bio-retroaction sensorielle


LA TECHNIQUE MANUELLE ET POSTURALE
1.     Le travail manuel, placée systématiquement en début de rééducation est une technique de contre-résistance opéré par le thérapeute sur les muscles releveurs de l’anus et plus particulièrement pubo-coccygiens et puborectal. C’est pour la patiente le moyen de prendre conscience de l’existence de sa musculature vaginale et de ses possibilités contractiles. C’est pour le thérapeute le moyen d’évaluer la force contractile de cette même musculature.
Ce travail sera toujours précédé d’une évaluation manuelle fonctionnelle des muscles pelvi-périnéaux, pour déterminer les dégâts occasionnés aux fibres musculaires du diaphragme pelvien et l’estimation de leur récupération pour un soutènement efficace.
Si ce temps thérapeutique est important il reste néanmoins subordonné à trop de subjectivité pour être parfaitement fiable et reproductible en inter-patient. Sa valeur n’est donc qu’une valeur de référence en intra-patient.
2.     La technique posturale se place généralement en fin de rééducation permettant de vérifier la fermeture volontaire et réflexe périnéal de la patiente lors des mouvements du corps dans l’espace. Cette rééducation posturale trouve sa limite chez les femmes âgées qui ne peuvent que difficilement évoluer lors de postures plus ou moins difficiles à réaliser en fonction des problèmes que posent la limitation articulaire.

L’ELECTROSTIMULATION GLOBALE OU PONCTUELLE
Il y a deux façons essentielles de stimuler la musculature vaginale ou anale:
1-    En mode global on emploie des sondes munies d’électrodes (à bagues ou hémisphériques) qui s’insèrent dans le vagin ou ont une longueur suffisante pour pénétrer le canal anal et atteindre les releveurs. Les sondes de dernière génération présentent des avantages essentiels : légèreté, adaptabilité à la morphologie vaginale, non-nocivité en cas de prolapsus ce qui implique une stimulation unidirectionnelle vers le périnée postérieur évitant les effets nociceptifs d’une stimulation vers le corps vésical, précision des effets de la stimulation ou des enregistrements EMG de surface, possibilité de contrôle orthostatique, confort électrique pour le patient. Les stimulations électriques sont programmées avec des paramètres spécifiques sans risque de brûlure de la muqueuse. Il faut souligner que la stimulation n’est et ne doit absolument pas être douloureuse. Le but recherché est l’activation zones motrices du muscle, un effet direct et réflexe tant sur la vessie (à basse pression ou haute pression) que sur le sphincter strié.
 
A titre indicatif le mécanisme est réflexe sur la musculature striée péri-urétrale selon le schéma suivant :
Afférent : nerf honteux interne        >  Centre mictionnel sacré
Efférent: nerf honteux interne         > Réflexe médullaire court
> Activation du sphincter strié de l’urètre

L’inhibition pour sa part est induite en mode réflexe par l’intermédiaire de la contraction des muscles du plancher pelvien selon le réflexe N°3 de Mahony.
Afférent : nerf honteux interne        > Centre mictionnel sacré
Efférent : soit le nerf érecteur, soit le nerf hypogastrique
> Activation de la boucle reflexe inhibitrice

On trouvera ci-après les principaux effets générés par l’action du courant électrique.

ABAISSEMENT DU TONUS VESICAL :
par réduction des contraction non inhibées du detrusor
par augmentation de la compliance vésicale
AUGMENTATION DE LA PRESSION DE CLOTURE DE L’URETRE
par activation du sphincter strié de l’urètre et de la musculature striée externe
ACTION SUR LA TRANSMISSION DES PRESSIONS
significative au niveau de la zone sphinctérienne de l’urètre moyen
ACTION SUR LE PLANCHER PELVIEN
améliore l’activité neuromusculaire
améliore la trophicité vaginale
elle est meilleure si le plancher musculaire est faible
effet antalgique sur les déchirures et l’épisiotomie


2-    En mode ponctuel. On se sert alors d’une sonde doigtier enfilée sur le gant. On peut ainsi aisément stimuler un seul muscle (lors des asymétries des releveurs), ou une portion de muscle. L’intérêt de cette technique est la revalidation mono-latérale musculaire et le rééquilibrage du plancher pelvien avant un travail de renforcement global. Cette technique est cependant difficile car elle demande une bonne connaissance des muscles pelviens, de leur direction et de leur action. Mais il n’est pas rare de constater après une séance de 10 minutes de stimulation de ce type que la force périnéale a été augmentée d’un point sur une échelle qui n’en compte que 5. Une nouvelle sonde très performante (Perisize 4) permet plus aisément d’obtenir ce même résultat voire un résultat meilleur.

La stimulation ponctuelle trouve aussi tout naturellement sa place dans la thérapie antalgique post-épisiotomique ou après déchirures. Quelques séances suffisent parfois à effacer la douleur permettant une eupareunie.

LE BIOFEEDBACK OU BIORETROACTION SENSORIELLE
Technique sophistiquée, le biofeedback peut se définir comme l’apprentissage ou la révélation à la conscience d’une fonction physiologique normale cachée, ignorée ou oubliée par le patient.
En musculaire nous dirons que l’on ne peut agir sur une fonction qu’à partir du moment où l’on peut la nommer, la mentaliser. Le BFB (en abrégé) peut utiliser un moyen extrêmement simple (un tube de verre éprouvette dans le vagin sera éjecté par la patiente qui pousse au lieu de contracter ses muscles releveurs, par exemple), ou au contraire un moyen très sophistiqué. Nous utilisons volontiers des appareillages qui font appel à l’EMG de surface ou à la pression et qui sont gérés par ordinateurs. On peut ainsi dessiner des courbes de couleurs sur un écran et demander au patient de « jouer » avec sa musculature périnéale pour faire plus ou moins monter et descendre une ligne qui est le reflet de sa contraction interne vaginale.
Au delà de la découverte de la fonction et de son apprentissage, nous nous servons donc du biofeedback comme d’un « exerciseur » électronique. Les patients renforcent ainsi leurs musculatures tout en jouant comme les enfants avec leurs jeux vidéo.
Le travail incitatif peut être visuel, ou auditif et dans ce cas un signal plus ou moins grave ou aiguë indiquera au patient - yeux clos - que l’objectif demandé par le thérapeute est atteint ou non.
Enfin on use de cette technique mais dans sa dimension EMG de surface pour contrôler le verrouillage orthostatique de la patiente lors d’un effort naturel de la vie de tous les jours.
Dans ce cas on place une sonde de type Perisize4 ou tampon, dans le vagin, munie d’une terre-référence. Cette sonde est reliée à un boîtier porté à la taille par la patiente par ailleurs habillée. Ce boîtier est en fait un émetteur d’ondes radios qui envoie à l’ordinateur, pour être traité sur l’écran, les signaux dont nous avons parlé ci-dessus. On a ainsi un contrôle presque parfait des événements électriques musculaires qui réagissent dans le vagin lorsque la patiente se déplace dans la pièce, s’assoit ou se lève, s’accroupit, tousse, saute, etc. Le thérapeute peut ainsi contrôler le recrutement basal réflexe lors des efforts et surtout le recrutement volontaire des releveurs lors du verrouillage d’effort. Cette technique mise au point par des chercheurs marseillais pour la rééducation uro-gynécologique, est maintenant mondialement diffusée. Elle a fait faire un grand pas en avant dans l’amélioration des techniques de contrôle du muscle périnéal.


LES APPLICATIONS EN POST-PARTUM
Il est entré dans la pratique courante de prescrire des séances périnéales en post-partum en lieu et place des séances de rééducation abdominale.
En effet, comment penser pouvoir récupérer une fonction abdominale, un ventre plat, par une gymnastique soutenue, si le plancher pelvien, la musculature des releveurs et surtout le verrouillage volontaire à l’effort ne sont pas acquis par la patiente ?
Privilégier les abdominaux sans s’occuper en préalable de revalider, corriger ou tonifier le plancher présente un risque majeur de prolapsus et / ou d’incontinence urinaire à court et moyen terme.
Mieux que la récupération ou la réparation, la notion de prévention en pré-partum nous parait être une exigence qui doit permettre de classifier les patientes à risques et celles qui ne le sont pas.

LES RESULTATS DE LA REEDUCATION
Toutes pathologies confondues la rééducation, pour peu que son indication soit bien posée par le prescripteur, est porteuse de 85% de bons résultats.
Il est évident que la rééducation ne pourra régler le problème d’une mécanique pelvienne défaillante ou d’une trop grande mobilité cervico-urétrale, que le prolapsus devra être corrigé par un geste chirurgical, que les vessies désinhibées nécessitent un traitement pharmacologique complémentaire.
Mais la rééducation si elle est correctement menée par un rééducateur spécialisé, si son indication est  convenablement établie, verra ses résultats confortés. Elle peut se situer avant une chirurgie pour préparer un plancher pelvien défaillant, quel que soit l’âge de la patiente d’ailleurs, elle peut trouver sa place en post-chirurgical, mais elle a aussi un rôle non négligeable dans la restructuration musculaire chez la post-accouchée, chez la femme pré-ménopausique sportive ou chez la femme âgée.
Nous n’avons pas parlé du rôle de la rééducation dans les incontinences urinaires de l’homme prostatectomisé, mais qu’il suffise de dire que plus tôt sera posée l’indication de rééducation par stimulation et BFB chez un incontinent, plus vite sera récupérée la bonne fonctionnalité vésico-sphinctérienne. Là encore le travail périnéal préopératoire s’avère un outil de réussite pour la suite de la chirurgie.

Les matériels intra-cavitaires (sondes) utilisés ont été fournis par la Sté SUGAR international sarl
Tel: 0033 0 442 047 248 - Fax: 0033 0 442 043 084 -
courriel: sugar.international@wanadoo.fr
Par Pytheas - Publié dans : dossier technique
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Mercredi 30 janvier 2008 3 30 /01 /Jan /2008 09:48
PUBLICATION : ATELIER AIHUS MARS 2006 MARSEILLE

LA FONCTION PERINEALE:
METHODES D’OPTIMISATION POUR UNE MEILLEURE SEXUALITE

La réhabilitation du plancher pelvien peut-elle être un facteur d’amélioration des rapports sexuels ?

Mots-clefs : (TEPF) thermo-évaluation pénienne des fantasmes, (STCP) stimulation transcutanée pénienne, (BFB) biofeedback, (SNM) stimulation neuromusculaire, (ICP) inversion de commande périnéale, (PIC) Pression intra-caverneuse

INTRODUCTION
Les troubles sexuels sont fréquents et communs chez l’homme comme chez la femme. Ils peuvent survenir pour plusieurs raisons et un certain nombre peut entrer dans le cadre d’un traitement par la physiothérapie et la rééducation neuromusculaire. L’activité sexuelle dépend d’interactions complexes entre les systèmes nerveux, endocriniens, vasculaires et différentes structures en relation avec l’environnement social, culturel, cultuel ainsi que les facteurs émotionnels que ceux-ci soient structurés par l’interactivité du couple ou simplement personnel. Les troubles d’érection et l’éjaculation précoce sont les demandes les plus fréquentes parmi les plaintes masculines, avec la dyspareunie fonctionnelle associée à la douleur aiguë lors de l’essai de pénétration vaginale, conduisant à la contraction réflexe de la musculature périnéale. Cette dernière s’entretient souvent par la suite en anticipant la crainte de la pénétration. Il existe aussi une demande pour d’autres troubles sexuels féminins comme l’anaphrodisie et l’anorgasmie.
Il n’est pas si facile de différencier ceux qui ressortent d’une origine strictement psychologique de ceux qui ont une origine neurologique, vasculaire ou endocrinienne. De nouveaux tests diagnostiques ont toutefois amélioré maintenant la connaissance des causes spécifiques de ces dysfonctions.
A côté du traitement médical et des stratégies psychologiques d’autres options thérapeutiques comme la physiothérapie sont possibles et différentes méthodes sont employées, incluant le biofeedback et l’électrostimulation, pour traiter les dysfonctions sexuelles.
Il est démontré que la sexothérapie donne d’excellents résultats dans le cas des dysfonctions psychogènes. Même si les traitements médicaux, chirurgicaux ou psychologiques sont employés la plupart du temps pour corriger la dysfonction sexuelle, le recours complémentaire à la physiothérapie associée à la réhabilitation fonctionnelle périnéale, dans certains cas, s’avère être un moyen efficace de traitement, étant par ailleurs des techniques non invasives, sans effets secondaires et porteuses de bons résultats. C’est l’option que nous avons choisie depuis 1985 et pour laquelle nous avons publiés les résultats récents que nous décrivons ci-après.

ETUDES ET PUBLICATIONS ANTERIEURES

Deux études à 39 années de distance démontrent et confirment que le renforcement de la musculature périnéale féminine améliore les rapports sexuels : KEGEL en 1949 & LAVOISIER en 1988.
Une autre série d’études de la décennie 1980-1990 fait état de l’importance de la musculature périnéale masculine dans la qualité et le maintien de l’érection pénienne : BLAIVAS en 1981, LAVOISIER en 1988, 1989 & 1992, WESPES, CAUFRIEZ en 1990, CLAES & BAERT en 1993
Enfin 3 études confirment l’impact de la musculature vaginale sur l’aptitude à l’orgasme, le rôle de la SEF sur l’ischio-caverneux pour l’érection, et par dessus tout l’importance d’une bonne synergie coïtale périnéale homme-femme : KEGEL en 1952, LAVOISIER en 1988 et en 1993

LES MUSCLES PELVI-PERINEAUX ET LEURS ROLES DANS LE RAPPORT SEXUEL

1-    Les muscles du périnée féminin
L’ischio-caverneux : abaissement du clitoris
Le muscle de Houston : érection clitoridienne
Le bulbo-spongieux : clôture de la vulve et lubrification du vestibule
Le transverse superficiel : clôture vaginale inférieure
Le transverse profond : clôture vaginale 1/3 externe
Ceux qui ont un rôle plus particulièrement volontaire dans la fonction
sexuelle par resserrement  vaginal et par leur tonicité sont les
releveurs de l’anus et notamment le Pubo-coccygien et le Pubo-rectal

2-    Le vagin

Il possède des zones sensitives (points E, F, G) et des zones d’occlusion en regard des releveurs de l’anus et des muscles de l’entrée vaginale. C’est un conduit musculo-membraneux en 2 plans : longitudinal & circulaire. La muqueuse vaginale possède peu de terminaisons nerveuses sensibles et n’est pas très sensible à la douleur. Par contre il est réactif en surface à la friction et à la réplétion. Enfin on notera que son innervation dépend du territoire du nerf pudendal.

3-    Les muscles du périnée masculin

L’ischio-caverneux : maintien de la rigidité
Le muscle de Houston : augmente la pression intra-pénienne et rôle éjaculatoire
Le bulbo-spongieux : augmente la pression intra-pénienne et rôle dans l’érection
Le transverse superficiel & le transverse profond : rôle éjaculatoire
Les releveurs de l’anus : rôle dans l’érection et dans l’éjaculation

4-    La verge
C’est un corps érectile et le gland est en particulier très riche en innervation sensitive

L’EVALUATION OBJECTIVE DE LA FONCTION PERINEALE

Elle concerne l’évaluation de la qualité contractile musculaire par le moyen de différentes techniques: le biofeedback EMG, le biofeedback pression intra-cavitaire et/ou le BFB externe.
Pour le biofeedback EMG externe on se sert d’électrodes sur le Périnée dans la zone du NFC.
Pour le biofeedback EMG vaginal on se sert de sondes spécifiques à 4 électrodes hémisphériques.
Pour le biofeedback pression intra-cavitaire on se sert de sondes anales et/ou vaginales à pression.
Le contrôle des antagonistes se fait par électrodes de surface abdominales.

L’IMPORTANCE DE L’INFORMATION FOURNIE PAR LE BFB

Le biofeedback permet au patient :
    d’acquérir un contrôle volontaire sur les muscles squelettiques tels que le sphincter anal ou les releveurs de l’anus;
    d’augmenter les sensations proprioceptives de la fonction périnéale;
    de renforcer les fibres toniques et phasiques par des contractions musculaires appropriées;
    de diminuer les contractions réflexes des muscles antagonistes en cas de spasmes ou douleurs musculaires associées.
Les bénéfices du biofeedback sont rapidement obtenus par la plupart des patients avec un risque médical minimum.
Nous avons dit que nous rencontrions de nombreuses dysfonctions périnéales chez les patients, hommes ou femmes. Pour corriger une dysfonction périnéale masculine nous plaçons 2 petites électrodes de surface sur le bulbo-spongieux si la contraction musculaire est suffisante.
En cas d’insuffisance musculaire superficielle nous préférons pratiquer le biofeedback en plaçant une sonde anale.
En cas d’inversion de commande ou de synergie abdominale antagoniste, nous contrôlons et corrigeons la contraction abdominale par de larges électrodes EMG de surface.
Pour la correction des dysfonctions périnéales féminines nous employons préférentiellement une sonde vaginale spécifique – sonde auto-adaptable à 4 électrodes hémisphériques latérales (Perisize 4) ou une sonde anale (Analys+) - dans le cas des dyspareunies par exemple, lorsque la pénétration vaginale pose un problème.

L’IMPORTANCE DE LA STIMULATION ELECTRIQUE NEURO MUSCULAIRE
Dans le cas des dysfonctions masculines, compte tenu des mauvaises gestions musculaires périnéales d’une part et d’autre part des désordres vasculaires qui peuvent intervenir dans l’érection, en cas d’insuffisance d’apport artériel ou de défaut de maintien veineux, nous pouvons, en plus du biofeedback, avoir recours à l’électrostimulation. Cette électrostimulation peut aussi trouver sa place dans les éjaculations précoces.
Dans le cas des dysfonctions féminines, compte tenu des dysfonctions périnéales patentes, des atteintes aux muscles périnéaux concernés par l’accouchement ou des dyspareunies de pénétration, nous utilisons le type de courant recommandé en rééducation urogynécologique courante.

La plupart des matériels fournissent maintenant un courant constant, symétrique, biphasique à moyenne nulle. Ainsi tout stimulateur électrique capable de produire des impulsions alternatives, dans une gamme de fréquence sise entre 1 et 100 HZ, avec des largeurs d’impulsion allant de 50 à 300 µS, et une intensité pouvant atteindre 100 mA, peut être utilisé dans les troubles d’érection aussi bien que dans les thérapies fonctionnelles périnéales féminines.

Pour le traitement en cabinet on utilise des matériels informatisés performants.
Pour l’entretien à domicile nous nous servons d’un stimulateur personnel portable. Cet appareillage comporte 15 programmes dont 11 préprogrammés pour traiter toutes les pathologies rencontrées en pratique courante.
La stimulation électrique sera située sur les zones musculaires périnéales, ce qui implique la recherche et la connaissance des structures anatomiques de cette région.  La spécificité du placement des électrodes varie en fonction du but thérapeutique recherché.
Les électrodes peuvent donc être positionnées chez l’homme bilatéralement sur la région périnéale ou autour de la verge en garrot ou dans le canal anal ou en configuration croisée comme dans la technique interférentielle.
Par ailleurs chez la femme une assez grande variété d’électrodes
de surface ou de sondes sont maintenant disponibles sur le
marché. Toutefois pour une meilleure cohésion entre la sonde, les électrodes, la muqueuse et les points moteurs des muscles releveurs, la surface des électrodes périnéales ne doit pas être inférieure à celle de la taille d’un pouce « si la stimulation est employée pour de longues périodes, ceci afin d’éviter les concentrations électriques et les désagréments sensitifs ». Nous pensons que les sondes à bagues classiques ne répondent pas à l’objectif recherché.
Encore moins les sondes à barrettes latérales, qui ne remplissent pas à notre avis le rôle excito-moteur non polarisant qui doit être la règle en stimulation périnéale.
En fait la taille optimale des électrodes périnéales répond à 3 critères :
La réponse musculaire désirée, la dimension du muscle stimulé et le choix de la zone anatomique.
La tolérance à la stimulation et la qualité de la contraction musculaire sont en rapport avec la quantité d’intensité nécessaire pour produire la réponse souhaitée.
Le type de dysfonction et la spécificité de la région à stimuler nous obligent à un positionnement le plus méticuleux possible des électrodes sur les points moteurs.
Quand c’est le cas on assiste à une stimulation effectivement bien tolérée et obtenue avec une quantité d’intensité minimale. Ceci bien sûr dans le cas de muscles non dénervés.

INTERET D’UNE MUSCULATURE PERINEALE EFFICACE, D’UNE INTERACTIVITE ET D’UNE SYNERGIE DANS LES RAPPORTS SEXUELS

Basé sur les données de la littérature on peut constater que :
1°)- Durant l’érection la pression intracaverneuse (PIC) augmente
2°)- qu’elle comprime alors le réseau veineux sous albuginée
3°)- et que l’élévation de la PIC est aidée par le blocage du retour veineux
A l’érection les PIC sont plus élevées que la pression supra-systolique (PSS). Ceci est obtenu par le rôle contractile joué par la musculature périnéale (B.S. & I.C.) dans le maintien érectile.

➢    1ére constatation :
    l’augmentation de la pression I.C. est primordiale
    notamment pour la rigidité pénienne

Augmentation de la PIC. lorsque l’activité électrique de la musculature B.S. & I.C. augmente…et elle peut atteindre 10 fois le niveau de la pression systolique. Une simple variation de pression (de 20 à 40 m/m HG) sur le gland peut déclencher le réflexe Ischio Caverneux.

➢    2éme constatation :
    Nécessité d’une pression efficace sur le gland

Pour permettre la pénétration il est nécessaire d’augmenter la pression I.C. jusqu’à un degré supra-systolique suffisant et même plus au cas où la musculature et la tonicité peri-vaginale sont importantes, nécessitant un effort supplémentaire pour pénétrer.
L’effet musculaire réflexe qui facilite la rigidité durant la pénétration, est plus ou moins activé en fonction de la qualité des muscles de l’entrée vulvaire. Notamment la qualité des muscles péri-vaginaux, au niveau de la jonction entre le tiers externe et les 2/3 internes. Une succession de réflexes, à différents niveaux du vagin, maintiennent une succession de pics ischio-caverneux, qui favorisent le maintien de l’érection.

➢    3éme constatation : pour une activation optimale du réflexe érectile il faut donc :
    une entrée vulvaire tonique (la béance serait donc péjorative pour l’érection)
    des releveurs de bonne qualité contractile

Sachant que la durée des pics de pression est de 2 à 3 secondes, des mouvements de va et vient lents génèrent donc des pics de pression plus élevés.

➢    4éme constatation :
    pour le maintien d’une érection maximale les mouvements de va & vient doivent être lents plutôt que rapides

ETUDE ET RESULTATS PERIODE 1996 – 2003 : 190 PATIENTS HOMMES 

Ecart : 18 - 82 ans
Age moyen : 54,7 ans
Ancienneté du problème : 3,2 ans
Aucun n’avait eu de rééducation préalable ou de physiothérapie spécifique

29 cas d’impuissance primaire (15%)
161 cas d’impuissance secondaire (85%)
55 présentaient une éjaculation prématurée associée (29%)
110 avaient une composante vasculaire avérée (58%), dont :
58 insuffisances de maintien (incontinence veineuse) (53%)
La pathologie fonctionnelle intéressante pour l’étude était que 165 (87%) sur 190 présentaient une dysfonction périnéale, dont :
➢     53 avec une inversion de la commande périnéale (32%)
➢     112 avec une synergie antagoniste (abdominaux) (68%)
➢     97 avec un bulbo spongieux hypotonique, hypo-contractile (59%)

56 présentaient en outre une distance pubo-anale inférieure à 10 cm (34%)
105 se plaignaient d’absence de fantasmes (55%)
86 avaient eu un “ événement de vie “ durant les 6 mois précédents le trouble

METHODE & MOYENS : ATTITUDES REHABILITATIVES & PHYSIOTHERAPIE
Protocole
    10 séances en première intention
    Si amélioration avérée (motrice, antalgique, etc.)
    10 séances supplémentaires
    Durée moyenne des séances 45 minutes
Les moyens utilisés sont :
➢    Evaluations fonctionnelles
    évaluation périnéale
    Evaluation thermique pénienne des potentiels fantasmatiques sous stimulation sexuelle visuelle avec un capteur T° sur la verge :
1°) Enregistrement des variations de T° pendant une SSV
2°) Potentialités fantasmatiques corrélées à l’afflux artériel
3°) Contrôle des variations de T° sous scénario personnel
➢    Apprentissage & travail musculaire manuel
➢    Exercices volontaires périnéaux
    Evaluation de la qualité du B.S. & Houston
    Apprentissage du serrer / lâcher
    Renforcement musculaire contre-résistance
➢    Stimulation neuro-musculaire périnéale
    Externe sur NFC
    Endo-anale
    Tonique & phasique : 5, 10, 35, 50 Hz
➢    Stimulation transcutanée pénienne
    En garrot, base de la verge / gland
    Courants BF à modulations fréquentielles de 20 à 100 HZ
➢    Biofeedback
    Prise de conscience de la fonction périnéale
    Correction des synergies abdominales
    Relaxation périnéale
    Renforcement musculaire

LES RESULTATS : BASES SUR L’INDICE SUBJECTIF MOYEN DE RIGIDITE (ISMR) 
➢    l’augmentation de la rigidité passe en moyenne de 4 à 8 sur 10
•    chez 31 des 101 avec insuffisance de maintien (31%)
•     chez 2 des 9 avec insuffisance d’apport (27%)
•     chez 17 des 28 psychogènes (62%)
•     chez 30 des 51 pathologies mixtes (58%)

Pour ce qui concerne la qualité des rapports sexuels :
la stabilité érectile augmente pour 116 des 190  (61%)
L’indice de satisfaction de l’érection est :
➢    Nul pour 26 (22 %)
➢    Moyen pour 36 (31 %)
➢    Bon pour 52 (45 %)
➢    Sans avis pour 2 (2 %)

PRONOSTICS POUR UNE DEMARCHE REEDUCATIVE POSITIVE

Pronostics défavorables :

Les patients avec F.V.importante ou artériopathie.
Les patients qui présentent une imagination pauvre en scénarii sexuels érotiques
(105 / 190 dans notre étude)
Les attitudes négativantes
Les événements psychosomatiques antérieurs annexes
Les perineum descending, BS/Sph.Anal < 20 cmH2O
Les hypo sensibilités du gland

Pronostics favorables :

Les patients de type plutôt psychogènes mécanicistes avec une fuite veineuse modérée
Les patients avec une érection minimale cotée 4 / 10
Les patients avec des scénarii sexuels érotiques, un imaginaire ou des fantasmes présents
Les patients avec des BS/Sph.anal > 40 cmH20

ETUDE ET RESULTATS PERIODE 2000 – 2002 :
22 PATIENTES FEMMES

Age écart : 25 – 65 ans
Age moyen :     37
Durée moyenne du trouble : 5,8 années
Aucune n’avait eu une rééducation ou un traitement physiothérapique
Patientes consultant pour anorgasmie et suivies en rééducation.
15 avéraient avoir eu ou avoir lors du début de la thérapie une dyspareunie de pénétration.

Evénements périnéaux corrélés

15 (69 %) dyspareunie dont 4 (26 %) primaires
19 (86 %) pares
9 (42 %) épisiotomie
8 (37 %) déchirure périnéale
Dysfonction périnéale proprement dite = 17 (77%)

➢    (36 %) Inversion de commande
➢    5 (30 %) Synergie abdominale
➢    12 (71 %) testing inférieur à 3/5 (< 25/30 mH2O)
➢    20 (91 %) n’avaient pas ou peu de fantasmes

METHODE & MOYENS : ATTITUDES REHABILITATIVES & PHYSIOTHERAPIE

Protocole
    10 séances en première intention
     Si amélioration avérée
     10 séances supplémentaires
    Durée moyenne des séances 45 minutes

Les moyens utilisés sont :
➢    Evaluations fonctionnelles
    Evaluation manuelle
    Evaluation instrumentale : Pression et EMG

➢    Evaluation des troubles du fonctionnement en particulier synergies & ICP

➢    Apprentissage & travail musculaire manuel
    Evaluation de la qualité des plans musculaires
    Prise de conscience des possibilités périnéales
    Apprentissage du serrer/ lâcher
    Renforcement musculaire contre-résistance

➢    Exercices volontaires périnéaux, gymnastique périnéale

➢    Stimulation neuromusculaire périnéale
    Antalgique ponctuelle à 80/100 Hz suivie de 5/10 Hz (8’ chaque)
    De renforcement à 35 ou 50 Hz
    En modulation fréquentielle de 5 à 100 Hz

➢    Biofeedback
    Prise de conscience de la fonction périnéale
    Correction des synergies abdominales
    Relaxation périnéale
    Renforcement musculaire

LES RESULTATS 
Sur la dysfonction périnéale
➢     8 / 12 (67 %) = passent à testing supérieur à 3/5 (> 35 cmH2O)
➢     4 / 6 (67 %) = Correction de l’ICP
Sur les rapports
➢     9 (41 %) rapports étaient améliorés
➢    15 (68 %) disaient que leur partenaire sexuel leur disait que les rapports sexuels étaient meilleurs

DISCUSSION SUR L’ENSEMBLE DE L’ETUDE H & F  
L’étude réalisée confirme les publications de KEGEL, GRABER, KLINE, LAVOISIER sur la corrélation « fonction sexuelle satisfaisante et musculature vaginale efficace »
L’étude renforce la validité du biofeedback musculaire et de l’électrostimulation en tant qu’instruments interactifs pour recréer ou réactiver la sensitivité déficiente des patientes dans leur zone anatomique sexuelle au travers d’une amélioration de la fonction neuromusculaire.
Une relaxation complémentaire ciblée sur la zone urogénitale et sur le corps, associée ou non à des images soit érotiques soit tout simplement agréables et valorisantes, peut augmenter notablement l’effet de la rééducation.

CONCLUSION
Les éléments à prendre en compte pour une optimisation des rapports sexuels sont donc :
➢    des releveurs efficaces (H-F)
➢    une bonne tonicité vaginale (F)
➢    un ostium vulvaire tonique (F)
➢    une absence de dyspareunie (F)
➢    pas de synergies antagonistes (H-F)
➢    une bonne sensibilité du gland (H)
➢    des IC réactifs (H)

L’efficacité d’une interactivité périnéale coïtale basée sur la qualité fonctionnelle des périnées masculins et féminins peut être un facteur optimisant de la fonction sexuelle.

André Mamberti-Dias, MK - périnéologie, Marseille - France, Email : amd5@orange.fr

Les sondes utilisées sont fournies par Sugar international - Auriol - France.

REFERENCES
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•    Bisschop G. [de], Bisschop E. [de], Commandré F. Electrophysiothérapie. Paris : Masson, 1999.
•    B.de Gasquet. Abdominaux : arrêtez le massacre. Edi. Santé-Robert Jauze – 2003
•    Lavoisier P. Réhabilitation for the circumvaginal musculature, Ed.Benjamin GRABER, Karger Publishers, N.Y. 1982-88-92
•    Lavoisier P, Courtois F, Barres D: Correlation between intracavernous pressure and contraction of the ischiocavernosus muscle in man. J Urol 139:396, 1988
•    Lavoisier P, Schmidt M, Alaoui R : Intracavernous pressure increases and perineal muscle contractions in response to pressure stimulation of the glans penis. Int J Imp Res, 4 :157,1992
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•    Valero, Mamberti-Dias, Rééducation périnéale et dysfonctions sexuelles féminines - Contraception-fertilité-sexualité- 1985 -  Vol 13, N°11, pp 1161-1163
Par Pytheas - Publié dans : dossier technique
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Mardi 15 janvier 2008 2 15 /01 /Jan /2008 12:38
Les sondes vaginales nouvelle génération
Etude comparative sur 23 cas ciblés

Introduction

La rééducation fonctionnelle a dés le début, utilisé des sondes vaginales et anales, munies d’électrodes circulaires (de 2 à 7), pour pratiquer la stimulation électrique et le biofeedback.
Les matériels de stimulation et d’enregistrement en étaient à leurs balbutiements.
D’énormes progrès ont été réalisés par les fabricants quant aux composants de ces appareillages qui sont devenus très sophistiqués.
Mais par un curieux hasard, les capteurs ont stagné dans une immobilité technique qui nous semble néfaste eu égard aux progrès de l’informatique d’une part et des techniques rééducatives d’autre part.
L’équipe de M.Cl. Cappelletti avait déjà voici quelques temps – à ma demande – procédé à une première étude comparative entre une sonde classique 2 bagues et une sonde à 4 électrodes que nous avons mis au point récemment.
Nous avons voulu à notre tour procéder à une nouvelle étude ciblée sur plusieurs sondes du marché et 2 sondes issues de la nouvelle technologie.

Etudes et publications antérieures

En 1999 au congrès de l’ICS de Denver (USA), J. Laycock (Penrith. UK) avait présenté une étude sur l’EMG vaginal dans les 3 positions : couché, assis et debout, afin de comparer la contractilité des muscles du plancher pelvien dans ces 3 positions en utilisant une sonde qui venait d’arriver sur le marché à l’époque : la Periforme.
L’étude regroupait 51 femmes incontinentes qui devaient contracter au maximum leur plancher pelvien, couchée, assise et debout.

Qu’il suffise de savoir que les résultats montraient une différence notable en faveur de la position couchée, entre le recrutement EMG couché et assis et celui couché et debout. Il y avait par contre peu de différences significatives entre assis et debout.
J. Laycock concluait son étude en soulignant que la rééducation – pour remplir son plein objectif - devait s’envisager dans les trois positions. Ce que A.Bourcier avait déjà préconisé une dizaine d’années auparavant.

Une autre étude de 2005/2006 réalisée par l’équipe de M. Cappelletti, (Sandrine GALLIAC-ALANBARI, Martine BERNARD, Ghislaine PHILIPPE) a comparé les résultats obtenus en SEF et BFB, entre une sonde à bagues dite « de référence » et la sonde nouvelle technologie « Perisize » 4 électrodes.

Cette étude quoique intéressante demandait de notre part un complément de vérifications car comparer 2 sondes totalement différentes et peu mesurables pouvait à notre sens s’avérer incomplet sur les points suivants :

1- Du point de vue de la SEF
Les effets des bagues circulaires et des électrodes unidirectionnelles ne sont pas comparables.
D’autre part la SEF unilatérale avec des sondes à bagues ou à barrettes s’avère totalement impossible.
Une confusion semble avoir été faite dans l’étude à savoir que l’impulsion appliquée sur un seul côté ne peut être transmise à l’autre (comme c’est indiqué dans les commentaires) parce que la contraction unilatérale ponctuellement provoquée n’entraîne jamais de réponse controlatérale (circuits nerveux indépendants). Ceci est  totalement vérifiable lors d’une stimulation ponctuelle (cf. A. Bourcier).
Il est à noter cependant que la SEF bilatérale à 4 électrodes indépendantes peut entraîner un moindre confort sur les muscles du côté asymétrique. Mais c’est une logique de la réponse musculaire dés lors que le muscle stimulé est insuffisant.

2 - Du point de vue de l’EMG
L’enregistrement EMG unilatéral est impossible avec des bagues ou des barrettes et bien entendu on ne contracte pas volontairement l’un ou l’autre côté du périnée (comme les commentaires de l’étude pouvaient le laisser supposer). En contrepartie lors de la contraction globale, s’il y a asymétrie, les 2 côtés ne travaillent pas de la même façon ce qui nuit certainement à la statique pelvienne.

Cette différence peut s’avérer intéressante à évaluer d’où la raison d’être de notre exploration complémentaire. On ne peut bien entendu stimuler les muscles vaginaux et procéder à leurs enregistrements en même temps (comme les commentaires de l’étude pouvaient le laisser supposer).

3 - Du point de vue du matériel d’expérimentation
On ne  peut que regretter que les tests aient été réalisés avec des appareillages non uniformes entre les expérimentateurs, certains ayant à leur disposition des stimulateurs 1 voie, d’autres 2 voies. Il en était ainsi des BFB. Nous avons donc choisi l’option d’un seul et même appareillage pour tous les expérimentateurs.

MATERIEL &  METHODE
1 - Les expérimentateurs

23 thérapeutes ont accepté d’entrer dans le protocole dont 8 MK hommes, 10 MK femmes, 1 SF homme,  et 4 SF femmes ; 16 exerçaient en libéral et 7 en hospitalier.
Pour ce qui concerne leur pratique en périnéologie, 3 l’exerçaient depuis 1 à 5 ans, 8 de 5 à 10 ans, et 12 depuis plus de 10 ans.

Au point de vue de la situation géographique, 6 habitaient une ville de moins de 10.000 hab., 12 de moins de 100.000 hab., 5 de moins de 500.000 hab.
Enfin 14 résidaient en France, et 9 en Italie.

2 – L’échantillon
Les patientes testées se répartissaient en deux groupes :
10 femmes non ménopausées avec testing 2 et asymétrie gauche
13 femmes non ménopausées avec testing 3 et asymétrie droite
Toutes ces patientes testées entre le 8éme et le 15éme jour après le début de leurs menstruations.

3 - Le matériel

Les Sondes tubulaires longues à bagues ou à barrettes
Elles sont classiquement obtenues par injection totale, avec un poids variant entre 65 et 120 gr, avec des électrodes en acier inox médical, un corps plastique en ABS alimentaire et bien entendu des soudures internes qui génèrent une résistance au BFB avec le fil associé.

Les sondes courtes à bagues ou à  barrettes
Elles sont injectées moulées, leur poids  varie de 16 à 35 gr., elles sont composées d’éléments creux assemblés, les électrodes sont en acier inox médical, le corps de la sonde en  plastique ABS alimentaire avec soudures internes.

Les sondes à électrodes hémisphériques nouvelle technologie
Elles sont injectées moulées, leur poids se situe entre 13 et 35 gr, avec des éléments creux assemblés en plastique ABS alimentaire, mais les électrodes sont dorées sans inox, avec un circuit électrique sérigraphié ce qui réduit l’impédance.

Comparaison des surfaces des électrodes
La surface des électrodes présente un intérêt relatif quant au confort de stimulation et au recrutement en EMG. Une comparaison de la surface utile des électrodes semblait donc intéressante.
Ainsi sur la Perisize 4 nous relevons  471 mm2 par électrode, sur l’Optima 3 : 2 électrodes à 700 mm2  et  1 à 1.030 mm2, pour une sonde à barrettes la surface moyenne est d’environ (selon les fabricants) 525 mm2 et enfin pour une sonde classique à bagues la surface est de 785 mm2. On soulignera que cette notion de surface est sujette à caution en ce qui concerne l’endo-vaginal.
En effet, la muqueuse vaginale n’est pas uniforme comme l’épiderme d’un bras ou d’une jambe, il y a des reliefs muqueux accentués par la tonicité des muscles sous-jacents, ce qui implique qu’une électrode barrettes ne peut être parfaitement en contact avec la muqueuse et les muscles sous-jacents. Ceci est plus relatif pour les bagues qui ont une forme circulaire.

Je suis étonné que personne à ce jour n’ait encore soulevé ce problème de contact, au demeurant si important. L’électrode hémisphérique est nettement plus en conformité avec ce que l’on doit attendre d’une électrode en contact avec une muqueuse non lisse et non uniforme. Sa rotondité lui permet de déprécier le tissu sur lequel elle s’appuie, de le déformer « dirions-nous « pour lui imposer sa propre forme et venir chercher le contact. En outre il n’y a pas de pertes de courants lors de la stimulation celle ci se faisant pour ainsi dire «  en densité «.

Le matériel de SEF & BFB
Il n’y avait aucun lien entre les expérimentateurs qui ne se connaissaient pas et tous avaient un matériel identique, celui prêté par la Sté YSY Médical réparti en 2 appareillages identiques quant à leurs possibilités techniques :

EST Evolution 2-1 & EST Evolution 4-1

Ces appareillages présentaient donc 2 voies de SEF indépendantes et 2 voies de  BFB indépendantes.

La forme d’ondes appliquée en SEF
On utilise la plus classique des configurations à savoir un courant biphasique alterné, plus précisément indiqué pour la stimulation des groupes musculaires associés (configuration vaginale : P.C.-P.R. et I.C) avec des électrodes  circulaires ou hémisphériques. Il est en outre précisé que la fiche rouge devrait préférentiellement être positionnée en situation distale c.a.d. sur le muscle le plus externe (pubo-rectal).

Les paramètres utilisés sont donc 35 mA à 300 µs &  50 mA à 250 µs

Chaque expérimentateur devait tester 2 sondes : 1 classique (bagues ou barrettes) et 1 nouvelle technologie (hémisphériques). Chaque test est réalisé à maxima 2 fois sur la même patiente pour des raisons évidentes de fatigabilité.

On précisera ici qu’anatomiquement la SEF et le BFB doivent être ciblés sur le groupe des releveurs et si possible les élévateurs de ce groupe. On connaît la difficulté qu’ont les thérapeutes pour bien cibler leurs électrodes sur ces muscles, notamment avec les électrodes à bagues.

4 – La méthode
 
4-1    Stimulation électrique fonctionnelle
Il est testé différente situation de stimulation, à savoir :

4-1-1        SEF Bilatérale
Toutes les sondes sont testées avec évaluation du confort de la stimulation, du vécu de la patiente et de la mise en évidence de la réponse musculaire visiblement vérifiable.

4-1-2        SEF Unilatérale
Seules les sondes à électrodes unidirectionnelles (hémisphériques) entrent dans le critère car la stimulation unilatérale est impossible avec les autres électrodes. On évalue ainsi le confort de la stimulation, le vécu verbalisé de la contraction unilatérale, et si la réponse musculaire unilatérale est identifiable et  visible.

4-2    Enregistrement de surface - EMG global

4-2-1        EMG Bilatéral couché
Toutes les sondes sont testées avec évaluation de la valeur au repos, sur 1 contraction tenue 3 sec. et sur 2 contractions tenues 3 sec. Enfin on relève la valeur périnéale réflexe sur toux volontaire.

Nota : à l’effort il y a un vrai problème de stabilité des sondes tubulaires excepté pour la sonde P.f (creuse à barrettes) et la Perisize (4 hémisphéres).

4-2-2        EMG Bilatéral debout
Sont testées les sondes courtes à barrettes et les sondes nouvelle technologie.
On relève la valeur au repos et la valeur sur 1 contraction tenue 2 sec. puis la valeur sur toux.

Nota : à l’effort les sondes tubulaires ne sont pas testées à cause de leur chute hors du vagin excepté la P.f (creuse à barrettes) et la Perisize (4 hémisphères).

4-2-3        EMG unilatéral droit & gauche couché
Ne peuvent être testées que les sondes hémisphériques sur une valeur au repos, sur 1 contraction 3 sec. et sur 2 contractions 3 sec

Nota : On enregistre toujours la valeur sur toux en notant que dans ce cas la Perisize se maintient parfaitement sur les muscles enregistrés

5 - Résultats & Discussions

- Tableau I
Discussion sur la SEF bilatérale 

Les électrodes à bagues diffusent largement mais inégalement car leur activité prédomine à la partie ventrale, latérale et pubienne, des muscles de la plaque des releveurs.

Les électrodes à barrettes latérales sont à cheval sur deux groupes musculaires d’innervations différentes, ce qui va à l’encontre du principe des courants à moyenne nulle et transforment une modalité bipolaire en une technique monopolaire. (Dr.G. de Bisschop)

Les électrodes à barrettes latero-ventrales projettent leur champ d’action sur la région centrale du raphé ano-coccygien, inexcitable, ce qui rend illusoire la topographie de la distribution de l’activité électrique. (Dr.G. de Bisschop)

L’avantage des électrodes hémisphériques tient dans la cohésion parfaite entre la zone stimulée et la surface utile de l’électrode en contact avec la zone. C’est le principe de la SEF à densité constante. N’est active que la partie ne contact. D’où l’absence de déperdition d’énergie. Ceci ne se vérifie jamais avec des électrodes plates qui n’épousent qu’imparfaitement les variations géographiques de la muqueuse vaginale

- Tableau II
Discussion sur la SEF unilatérale

Les types d’électrodes à bagues ou barrettes ne tiennent pas compte du fait que d’une part les muscles de la plaque des releveurs ont une situation bilatérale, et que d’autre part les forces appliquées au soutènement du plancher pelvien peuvent être inégales entre les deux côtés, et partant ignorent la qualité et l’intégrité de l’innervation.

Il est évident que la stimulation unilatérale avec barrettes ou bagues est impossible. Certains thérapeutes pensent qu’en imprimant à la sonde un angle droit ou gauche ils appliquent une contraction unilatérale. C’est totalement faux parce que ce faisant, l’autre paroi vaginale va suivre le mouvement de la sonde et rester en contact avec les électrodes du côté opposé puisque elles sont circulaires. La diffusion électrique dans le vagin inscrit en faux cette façon de procéder.

L’avantage des électrodes unidirectionnelles tient dans la possibilité de latéraliser la contraction dans les asymétries sans artefact électrique. La stimulation peut s’avérer évidemment moins confortable du côté hypo-actif comme elle serait pour un quadriceps déficient en début de traitement par SEF.
L’examen digital préalable permet donc d’évaluer les dégâts survenus à l’accouchement sur tel ou tel côté et la stimulation dirigée avec les électrodes unidirectionnelles (Optima ou Perisize) de récupérer le maximum de fonction du côté asymétrique avant un travail global actif sans puis avec BFB bien entendu.

- Tableau III

Ecart des valeurs moyennes constatées lors des essais avec l’ensemble des sondes.
 
Discussion sur l’EMG bilatéral

Les différences d’enregistrement constatées entre les sondes unidirectionnelles et les sondes à bagues – et plus particulièrement à barrettes - tient au fait qu’il est possible d’effectuer un contrôle en électromyographie cinésiologique extériorisant bilatéralement les diminutions fonctionnelles musculaires éventuelles et de rendre plus efficaces les techniques de réhabilitation par biofeedback-EMG et volontaire.

L’enregistrement avec les barrettes ou avec les bagues ne rend pas compte du recrutement électrique des deux hémi-périnées, globalise les valeurs. En particulier on constate que les valeurs fournies par les bagues sont plus proches des valeurs données par les électrodes unidirectionnelles hémisphériques. Par contre les valeurs données par les barrettes sont très au dessus des valeurs référencées par les unidirectionnelles. Cela tient au fait qu’une électrode étant appliquée sur le releveur droit (qui a sa propre innervation) et l’autre sur le gauche (qui a la sienne) il ne peut y avoir de recrutement électrique cohérent.
C’est exactement comme si on faisait un BFB avec une électrode sur l’adducteur droit et une électrode sur l’adducteur gauche … je ne pense pas qu’il soit besoin d’être très évolué en rééducation pour comprendre cela.
On peut donc dire que l’enregistrement avec la Perisize ou l’Optima rend évident les activités droite et gauche des releveurs et reste dans la logique anatomo-neuro-physiologique.

Ce type d’enregistrement en orthostatique est en outre difficile voire impossible avec les sondes à bagues.

- Tableau IV
Discussion sur l’EMG unilatéral

Ici encore on note que les valeurs données par l’EMG global, dans le cas de l’électrode à bagues, sont plus proches des valeurs différenciées D et G de la Perisize que dans le cas de l’électrode à barrettes qui se situe à un niveau plus élevé.
Ceci semble évidemment du au fait que dans le cas des bagues l’activité relevée de chaque côté, quoique globalisée, est une activité bi-répartie sur des groupes musculaires associés par paires latérales, assez proche en global des 4 électrodes de la Perisize, alors que dans le cas des barrettes il n’y a aucun enregistrement électif, les groupes musculaires étant dissociés D et G.

6 – L’évaluation complémentaire de la Perisize
Il a été demandé aux thérapeutes en complément de l’étude, une évaluation sur la nouveauté du matériel et de la technologie de la Perisize 4. Les réponses étaient groupées selon 3 critères :
+ : avis globalement positif
- : avis globalement négatif
= : pas d’avis précis

- Tableau V
On retiendra de ce tableau complémentaire que la possibilité de localiser la stimulation et l’enregistrement BFB sont appréciés. Le choix d’avoir l’électrode de référence en BFB inclus sur la sonde recueille autant d’avis favorables que défavorables ou indifférents.
Ce qui est plus étonnant est que l’adaptabilité de la sonde à la dimension du vagin ne recueille pas la totalité des suffrages et pourtant ceci nous semblait un atout important pour la rééducation.
Enfin les performances et l’avancée technique représenté par la Perisize recueille une grande majorité de suffrages.

CONCLUSION

L’étude préalable menée par M. Cappelletti et son équipe avait confirmé l’intérêt de la démarche entreprise lors de la réflexion sur cette nouvelle technologie.
Cette étude vient confirmer les énormes possibilités de la Perisize et de l’Optima. Bien entendu les matériels peuvent encore être améliorés dans le temps avec d’autres technologies à venir mais nous pensons qu’un grand pas a été réalisé avec ces nouvelles sondes.
Par contre il est étonnant de constater que les sondes à barrettes, qui ne correspondent en rien au but recherché par l’acte rééducatif selon une étude réalisée conjointement avec les Dr. E et G. de Bisschop, sont encore largement répandues et utilisées par nos confrères kinésithérapeutes.

Il faut laisser du temps au temps dit-on ? Mais certains utilisateurs de sondes nouvelle génération ont quand même une longueur d’avance.

A.Mamberti-Dias


Nous remercions les thérapeutes qui ont participé à cette étude.
Notre gratitude à la Sté Sugar international sarl - Auriol - France, qui a bien voulu mettre à disposition leurs sondes.


Bibliographie

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Prat-Pradal D. et al. Intérêt des explorations électromyographiques dans la rééducation  périnéale. Actualités en Rééd Fonct et Réadapt 1989,14
Rouvière H. Anatomie humaine. Paris : Masson, 1959.

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